Pas de répit pour la lutte contre le dopage aux Jeux de Tokyo 2020

La 138e Session du Comité International Olympique (CIO) a pris connaissance aujourd'hui des dernières informations en date concernant la lutte contre le dopage transmises par l'Agence Mondiale Antidopage (AMA) et l'Agence de contrôles internationale (ITA). Elle a également entendu le rapport du Conseil International de l'Arbitrage en matière de Sport (CIAS).

©IOC / Greg Martin

Pour les Jeux de Tokyo 2020, les composantes "contrôles" et "sanctions" du système antidopage seront indépendantes du CIO. Elles seront gérées respectivement par l'ITA et la chambre antidopage du Tribunal Arbitral du Sport (TAS).

Le plus vaste programme de contrôles de dopage préalables aux Jeux jamais mené

S'adressant à la Session, la présidente du conseil de fondation de l'ITA, le Dr Valérie Fourneyron, a donné un dernier aperçu du programme de contrôles préalables aux Jeux mis en place pour Tokyo 2020.

138th IOC Session at the Okura Hotel in Tokyo ©IOC / Greg Martin

À la suite du report des Jeux, le groupe d'experts de l'ITA chargé de ces contrôles a redimensionné son action en 2020 et passé en revue les 33 sports inscrits au programme olympique ainsi que les athlètes susceptibles de participer aux compétitions. En décembre 2020, plus de six mois avant le début des Jeux Olympiques, le groupe a recommandé que plus de 25 000 tests soient effectués, mettant ainsi sur pied le plus vaste programme de contrôle du dopage préalable aux Jeux jamais lancé pour une édition de la manifestation olympique. La première phase du programme antidopage pour Tokyo 2020 a pris fin, 80 % des athlètes qualifiés qui devaient être testés sur recommandation du groupe d'experts de l'ITA l'ayant été.

ITA infographic ©ITA

Programme de lutte contre le dopage à Tokyo

Pendant la période des Jeux, l'ITA prévoit de prélever près de 5 000 échantillons d'urine et de sang pendant les compétitions et en dehors, en collaboration avec le comité d'organisation de Tokyo 2020 et l'Agence antidopage japonaise (Japan Anti-Doping Agency – JADA) et avec le soutien de 250 agents de contrôle du dopage et de 700 escortes. Tous les tests seront effectués dans le respect total des mesures de sécurité et d'hygiène adéquates, telles que décrites dans le Playbook correspondant, et conformément aux règles adoptées par les autorités sanitaires japonaises afin de protéger les athlètes et la main-d’œuvre. Compte tenu du protocole anti-COVID-19 en place, l'ITA est prête à adapter les contrôles hors compétition pendant la période des Jeux au fait que le séjour des athlètes dans le village olympique et au Japon sera plus court. L'ITA se prépare à réaliser un nombre plus important de tests en dehors du village, voire dans le pays d'origine des athlètes avant que ces derniers ne s'envolent pour les Jeux.

C'est l'Agence qui sera chargée de traiter tout résultat d'analyse anormal ou toute autre violation des Règles antidopage et qui adressera les éventuels cas qui en résulteront à la chambre antidopage du TAS.

Conservation pendant dix ans des échantillons prélevés

À la suite de la décision prise par la commission exécutive du CIO en décembre 2019, l'ITA a déployé un programme mondial de conservation longue durée et de réanalyse des échantillons, avec notamment la mise en place d'une installation hautement sécurisée pour le stockage centralisé à long terme des prélèvements (CLTSF). Dans le cadre de ce programme, toutes les organisations antidopage pourront conserver gratuitement, pendant 10 ans, tous les échantillons prélevés, durant la période précédant les Jeux, sur les concurrents se rendant à Tokyo et demander une nouvelle analyse à tout moment. La CLTSF est pleinement opérationnelle depuis décembre 2020. Plus de 40 organisations antidopage ont d'ores et déjà adhéré à ce programme.

Le rapport présenté par l'ITA à la Session du CIO est disponible ici dans son intégralité.

138th IOC Session at the Okura Hotel in Tokyo ©IOC / Greg Martin

Un nombre de contrôles hors compétition plus élevé qu'en 2019 malgré la pandémie

Malgré les profondes répercussions de la pandémie de COVID-19 sur le système mondial de lutte contre le dopage, le président de l'AMA, Witold Bańka, a expliqué aux membres du CIO lors de la Session comment l'Agence – et les autres membres de la communauté antidopage – avaient continué à œuvrer pour un retour à la normale leur permettant de fonctionner à plein régime. Ce travail acharné a porté ses fruits, puisque les chiffres concernant les contrôles menés partout dans le monde ont continué d'augmenter en 2021 et que les activités d'un nombre croissant d'organisations antidopage (OAD) sont revenues à la normale. En dépit des restrictions toujours en vigueur au niveau international, les contrôles hors compétition ont désormais dépassé le niveau atteint au cours de la même période en 2019, tandis que les chiffres en lien avec les contrôles en compétition pour mai 2021 sont également les plus élevés depuis les 15 derniers mois.

L'AMA a demandé à toutes les OAD, avant les Jeux, de s'assurer que tous les athlètes susceptibles de concourir à Tokyo étaient correctement contrôlés. Afin de veiller à ce qu'aucun sportif actuellement suspendu ne participe à l'édition de Tokyo 2020, l'AMA, en coopération avec le CIO et l'ITA, a procédé à des vérifications croisées de la liste détaillée regroupant les plus de 30 000 athlètes admissibles aux Jeux.

L'AMA a également mis l'accent sur les programmes d'éducation proposés en amont des Jeux via sa plateforme d'éducation et d'apprentissage en matière de lutte contre le dopage (ADEL). Des formations destinées tout particulièrement aux athlètes et aux entraîneurs se rendant aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo 2020 ont été dispensées l'année dernière.

Le rapport complet de l'AMA est disponible ici.

138th IOC Session at the Okura Hotel in Tokyo ©IOC / Greg Martin

Point de situation sur la chambre antidopage permanente du TAS

Dans son rapport présenté à la Session, le CIAS a relevé une hausse considérable de son activité au cours des deux dernières années, avec 950 cas enregistrés en 2020, soit une hausse de 50 %.

En janvier 2019, le CIAS a créé une chambre antidopage permanente au sein du TAS, laquelle est à la disposition de toutes les Fédérations Internationales (FI) et du CIO. Une procédure spéciale accélérée continue de s'appliquer pendant la période des Jeux Olympiques et lors d'autres manifestations multisports. En juin 2021, 23 procédures avaient été enregistrées auprès de la chambre antidopage permanente du TAS.

Avec le développement important des activités du TAS (augmentation du nombre des procédures, multiplication des audiences, création de la chambre antidopage permanente), le CIAS avait besoin de nouveaux locaux, mieux adaptés à sa mission. Ces derniers, qui devraient être prêts fin 2021, seront situés dans l'aile sud du Palais de Beaulieu à Lausanne, Suisse.

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