1894 : Demetrius Vikelas,
premier président du CIO
Demetrius Vikelas fut le premier président du CIO (1894-1896) et, avec un mandat de deux ans, il fut également le président ayant exercé cette fonction pendant la période la plus courte.
En 1893, Demetrius Vikelas créa l’Institut Melas, dans le but de développer l’enseignement préscolaire en Grèce en dehors de la région d’Athènes. Fidèle patriote, il participa à la création d’une école grecque à Londres. Sa connaissance de la Grèce et de la culture grecque, et son engagement indéfectible à cet égard, ont joué un rôle important dans le cadre de la tenue des négociations pour les Jeux Olympiques d’Athènes en 1896, et leur organisation.
Demetrius Vikelas était peu connu dans le milieu sportif, mais il se lia d’amitié avec Pierre de Coubertin lors de son séjour à Paris. C'est dans ce cadre qu'il fut invité au Congrès de Paris organisé à la Sorbonne en 1894, pour représenter la Grèce et la Société panhellénique de gymnastique. Lors de ce Congrès, Pierre de Coubertin présenta son projet de Jeux Olympiques modernes. Après l’approbation du Congrès quant à la tenue des Jeux Olympiques de 1896 à Athènes, il restait à élire un président pour ce Mouvement olympique naissant. Selon les réflexions initiales liées aux Jeux Olympiques, il était important que le président du CIO soit originaire du pays accueillant les Jeux suivants ; Demetrius Vikelas fut ainsi nommé à ce poste. En dépit de son manque d’expérience en matière d’administration sportive, il se montra compétent et enthousiaste dans l’exercice de ses fonctions, avant de céder sa place à Pierre de Coubertin à l’issue des Jeux de 1896, qui furent un succès.
Selon les historiens olympiques John Lucas et David Young, Demetrius Vikelas ne se contentait pas d’exercer ses fonctions à titre honorifique. En effet, il se chargea en personne d’une grande partie de l’organisation des Jeux Olympiques de 1896. Ce fut Demetrius Vikelas qui rencontra les autorités à Athènes et les persuada d’accepter d’accueillir les premiers Jeux « modernes », alors que l’ensemble du projet était encore très incertain ; ce fut lui également qui se chargea des relations publiques, qui envoya les invitations et qui conclut les accords pour l’utilisation des diverses installations de la ville.
Hormis une brève absence, lorsqu’il dut retourner à Paris après le décès de son épouse, Demetrius Vikelas s’imposa comme figure centrale tout au long de l’organisation des Jeux Olympiques de 1896. L’unique controverse ayant marqué son mandat en tant que président du CIO fut un désaccord avec Pierre de Coubertin concernant les futurs Jeux Olympiques. Les Grecs souhaitaient que toutes les éditions futures des Jeux Olympiques aient lieu à Athènes et Demetrius Vikelas soutenait cette revendication, mais Pierre de Coubertin insista pour que les Jeux prennent une dimension internationale. Demetrius Vikelas proposa un compromis, consistant à organiser des Jeux intermédiaires à Athènes tous les deux ans entre les éditions des Jeux Olympiques internationaux. Ces Jeux eurent lieu une fois en 1906, connus sous le nom de « Jeux intercalaires », mais Pierre de Coubertin rejeta toutes les autres propositions de Demetrius Vikelas. À la fin de l’année 1896, Demetrius Vikelas démissionna de ses fonctions de président du CIO, bien qu’il restât actif au sein de l’organisation jusqu’à sa mort, et renoua plus tard ses liens d’amitié avec Pierre de Coubertin. En 1905, Demetrius Vikelas représenta la Grèce au Congrès olympique de Bruxelles.