1980 : Juan Antonio Samaranch,
septième président du CIO
Juan Antonio Samaranch Torelló, marquis de Samaranch, fut élu au poste de septième président du CIO en 1980, succédant ainsi à Lord Killanin.
Son intérêt pour le sport commença par une brève carrière de boxeur, combattant sous le nom de « Kid Samaranch », avant de pratiquer le rink-hockey. En 1943, il devint entraîneur de l'équipe de rink-hockey du Real Club Español puis, deux ans après, il dirigea les démarches pour faire admettre la Fédération espagnole de rink-hockey au sein de la Fédération Internationale. En 1950, il rejoignit le conseil exécutif de la Fédération Internationale.
En 1954, il était devenu vice-président de la Fédération internationale de roller hockey, président de la Fédération espagnole de roller hockey et conseiller municipal de Barcelone. En 1955, il devint député provincial, ainsi que vice-président du comité d’organisation de la deuxième édition des Jeux méditerranéens. En 1956, il fut nommé membre du Comité olympique espagnol et prit la tête de l’équipe espagnole aux Jeux d’hiver organisés cette année-là à Cortina d’Ampezzo, en Italie, en tant que chef de mission. Il fut également le chef de mission de l’équipe espagnole lors des Jeux Olympiques de 1960 et 1964.
Avery Brundage proposa la candidature de Juan Antonio Samaranch en tant que membre du CIO en 1966 et, en 1967, il fut nommé président du Comité olympique espagnol. En 1968, Juan Antonio Samaranch fut nommé chef du protocole du CIO. Ce fut un prélude à son élection en tant que membre de la commission exécutive, qui eut lieu en 1970. En 1974, il fut élu vice-président du CIO, puis il devint le septième président de l’organisation en 1980. Président nomade, il se rendit dans presque tous les 199 pays membres du CIO.
Un fait notable de sa présidence est son travail concernant la question de l’Afrique du Sud. Après la fin de nombreuses années d’apartheid en 1991, il travailla prestement pour que le Comité National Olympique d’Afrique du Sud puisse être réintégré au Mouvement olympique, et les Sud-Africains participèrent de nouveau aux Jeux Olympiques en 1992 à Barcelone.
Juan Antonio Samaranch oeuvra pour mettre un terme à la ségrégation sportive internationale entre les amateurs et les professionnels, et pour ouvrir les Jeux Olympiques aux professionnels dans de nombreuses disciplines. Au cours de son mandat, le mot « amateur » fut supprimé de la Charte olympique, et les professionnels participent depuis aux Jeux Olympiques dans presque toutes les disciplines dans lesquelles de véritables professionnels existent.
Juan Antonio Samaranch fit du Mouvement olympique et des Jeux Olympiques une entreprise rentable. Avec l’aide de Richard Pound, membre canadien du CIO, il commença à développer l’aspect marketing des Jeux Olympiques, du Mouvement olympique, et du nom et des symboles associés. Au moyen d'un programme de marketing efficace, intitulé le programme TOP (pour The Olympic Programme, devenu plus tard The Olympic Partner programme), le CIO devint rentable.
Afin de préserver les principes éthiques du Mouvement olympique, Juan Antonio Samaranch instaura une commission d’éthique, ainsi que la commission CIO 2000. L’objectif de ces deux commissions consistait à remédier aux défaillances du système et à modifier la structure du CIO ainsi que le processus de sélection de la ville hôte, à l’aube d’un nouveau siècle. Le CIO fut la première organisation sportive à instaurer une commission d’éthique indépendante.