1952 : Avery Brundage,
cinquième président du CIO
Avery Brundage fut le cinquième président du Comité International Olympique de 1952 à 1972.
Sa présidence eut lieu au cours d’une période agitée sur le plan politique, lors de laquelle les Jeux Olympiques connurent aussi une évolution spectaculaire pour devinir l’un des événements les plus connus dans le monde.
Avery Brundage rejoignit la Chicago Athletic Association en 1910 et se spécialisa dans la compétition toutes épreuves, une compétition comprenant 10 épreuves, ancêtre du décathlon. Grâce à ses talents en la matière, il se qualifia pour intégrer l’équipe olympique américaine de 1912 pour le décathlon et le pentathlon. Il termina cinquième du pentathlon à Stockholm, mais ne finit pas le décathlon. Il fut le premier président du CIO à avoir effectivement participé aux Jeux Olympiques.
En 1928, il fut élu président de l’Amateur Athletic Union (AAU) – fonction qu’il exercera jusqu’à l’automne 1935, sauf en 1933 – et de sa branche olympique, l’American Olympic Association (AOA), ancêtre du Comité National Olympique des États-Unis (USOC). Il demeura président de l’AOA et des organisations lui ayant succédé jusqu’à son élection en tant que président du CIO en 1952.
Il fut élu membre du CIO lors de la 35e Session du CIO à Berlin en juillet 1936 et membre de la commission exécutive un an plus tard. Lorsqu'Henri de Baillet-Latour, président du CIO, mourut en 1942, le Suédois J. Sigfrid Edström lui succéda en tant que président de facto jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’une de ses premières mesures consista à nommer Avery Brundage au poste de vice-président. Ensemble, Sigfrid Edström et Avery Brundage parvinrent à maintenir l’unité du CIO au cours de la guerre au moyen de lettres envoyées aux membres dans le monde entier. Avery Brundage fut élu président du CIO en 1952.
Le mandat d’Avery Brundage en tant que président du CIO coïncida avec une période difficile pour le CIO sur le plan politique. Le CIO fut confronté à la question des deux Allemagnes, des deux Corées, des deux Chines, au problème de l’apartheid dans le sport en Afrique du Sud et en Rhodésie, aux problèmes croissants liés à l’empiètement du sport professionnel sur le Mouvement olympique, aux manifestations politiques des athlètes afro-américains et, enfin, à la fin du mandat d'Avery Brundage, au massacre de onze athlètes et entraîneurs israéliens à Munich lors des Jeux de 1972. Ces problèmes furent pris en charge presque uniquement par Avery Brundage, qui dirigeait seul le CIO la plupart du temps.
Il croyait en l’amateurisme pur et simple, sans aucun compromis. Il était particulièrement contrarié par les Jeux Olympiques d’hiver, lors desquels les skieurs alpins exhibaient ouvertement des publicités sur leurs skis, nombre d'entre eux étant d'ailleurs connus pour être des professionnels dissimulés. Il proposa même d’annuler les Jeux Olympiques d’hiver en raison du professionnalisme latent, ou au moins d’annuler les épreuves de ski alpin, souvent considérées comme les épreuves phares du programme des Jeux d’hiver.