Améliorer la santé mentale des jeunes réfugiés en Ouganda grâce au sport

Youth Sport Uganda

12 oct. 2020

L'édition 2020 de la Journée mondiale de la santé mentale a été l'occasion d'aborder les troubles de la santé mentale à une époque où près d'un milliard de personnes en souffrent et où le bien-être mental de la population partout dans le monde est menacé par la pandémie de COVID-19.

Les réfugiés comptent parmi les personnes les plus touchées par la pandémie et les troubles de la santé mentale chez ceux que les conflits et les guerres obligent à fuir sont déjà deux à trois fois plus élevés que dans le reste de la population, une personne sur cinq étant confrontée à ce genre de problème. Les jeunes réfugiés vivent dans un stress quotidien et dans l'angoisse d'avoir été déplacés de force ; s'il y a une chose qui peut avoir un réel effet positif sur leur bien-être physique et mental, c'est bien le sport.

La mission de l'Olympic Refuge Foundation (ORF), créée il y a trois ans par le CIO, est donc plus importante que jamais ; dernièrement, l'ORF a aidé au lancement de deux nouveaux programmes en Ouganda, lesquels donnent aux jeunes réfugiés et aux communautés hôtes un endroit où jouer et rêver à un avenir plus radieux.

  • "Strong, Fit and Empowered" (SaFE) est un programme de douze mois dans le cadre duquel deux projets de lutte contre la COVID-19 sont actuellement menés en Ouganda ; ces projets ont été pensés afin d'encourager les familles à rester chez elles, renforcer les liens qui les unissent, réduire les tensions existantes et assurer leur sécurité tout en leur permettant de faire du sport.

     

  • "Games Connect" est un programme de trois ans lancé en août 2020 qui entend améliorer la santé mentale et le bien-être psychosocial des jeunes réfugiés en les aidant à pratiquer un sport en toute sécurité. Un consortium de cinq organisations, dont fait également partie l'ORF, élabore actuellement un programme qui sera proposé à des jeunes vivant dans six camps de réfugiés dans tout le pays, ainsi que dans les bidonvilles de Kampala, la capitale de l'Ouganda.

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À l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale 2020, nous avons interviewé Karen Mukiibi, directrice exécutive adjointe de Youth Sport Uganda, pour en apprendre davantage sur le rôle essentiel que joue cette ONG locale dans l'organisation, en partenariat avec l'ORF, des initiatives destinées aux communautés de réfugiés et sur la façon dont ces projets contribuent au bien-être des jeunes participants. 

Pourquoi la Journée mondiale de la santé mentale 2020 est-elle importante pour vous ?

À l'heure actuelle, la Journée mondiale de la santé mentale est extrêmement importante pour nous du fait de tout ce qu'ont traversé récemment les réfugiés, ici, en Ouganda. Le confinement, qui a duré quatre mois, vient de prendre fin et certaines des mesures de distanciation physique mises en place ont conduit à l'isolement qui, à son tour, a véritablement affecté la santé mentale de toutes ces personnes. 

Nous voulons utiliser cette Journée pour faire parler de nous et demander aux dirigeants locaux de s'investir davantage dans les programmes destinés à sensibiliser les jeunes réfugiés aux troubles de la santé mentale. Parce que si vous reconnaissez qu'il est important d'aider les jeunes à améliorer leur résilience, cela aidera au final les personnes qui travaillent avec eux, leur famille et la communauté tout entière.

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Comment l'ONG Youth Sport Uganda et l'Olympic Refuge Foundation collaborent-elles et renforcent-elles le soutien qu'elles apportent aux réfugiés ?

De concert avec l'ORF et quatre autres organisations (le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés – HCR, le Comité National Olympique ougandais, Right to Play et la Fondation AVSI), notre ONG, Youth Sport Uganda, s'est lancée dans un projet de trois ans visant à améliorer le bien-être psychosocial et la santé mentale des jeunes réfugiés, en travaillant avec des entraîneurs locaux bien formés pour mettre en place un programme et des activités de sport au service de la protection. 

Mais nous aidons avant tout les réfugiés à surmonter les répercussions de la pandémie. Ils sont actuellement confrontés à énormément de stress et de tension et ne savent pas de quoi demain sera fait. Nous leur fournissons de la nourriture, des équipements de protection individuelle (EPI) et des produits d'hygiène ; nous avons aussi ouvert une ligne d'assistance téléphonique multilingue afin de conseiller ces réfugiés, qui peuvent également signaler les cas de violence à caractère sexuel.


Nombreux sont les réfugiés vivant en Ouganda à tenir de petits commerces. Malheureusement, lorsque la population a dû rester chez elle, la plupart de ces commerces ont fermé et les réfugiés ont été contraints d'utiliser leur argent pour faire face aux dépenses courantes et s'occuper de leur famille. Lorsque le confinement a été levé, ils n'avaient plus de source de revenus. Donc, en tout premier lieu, nous les formons sur le plan financier afin qu'ils sachent comment s'adapter à la situation actuelle. Nous leur donnerons ensuite une certaine somme à réinjecter dans leurs commerces afin qu'ils puissent gagner leur vie et subvenir aux besoins de leur famille.

Tous les réfugiés auxquels nous tendons la main sont heureux que l'on pense à eux en ces temps si difficiles. Nous sommes reconnaissants à l'ORF pour l'expertise et les fonds qu'elle met à notre disposition, qui sont des plus précieux.

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Selon vous, en quoi le sport peut-il améliorer le bien-être mental ?

Pour nous, le sport est un outil extrêmement important si vous voulez lutter contre les troubles de la santé mentale chez les réfugiés. Lorsque vous rassemblez des jeunes sur un terrain de sport, ils sont tous égaux. Ils peuvent se faire des amis, ce qui a une influence positive sur leur santé mentale. Sur le terrain, il y a également des meneurs et des entraîneurs, des adultes auxquels ces jeunes réfugiés peuvent parler des difficultés qu'ils rencontrent dans leur foyer ou dans leur vie. 

Le sport unit les réfugiés et leur communauté hôte – et c'est un pouvoir que nous ne pouvons nier.


À travers votre action avec Youth Sport Uganda, avez-vous constaté les changements que le sport peut amener dans la vie des réfugiés ?

Oui, absolument. Je connais un jeune réfugié âgé de 19 ans, Mugisho, qui est arrivé seul en Ouganda il y a cinq ans depuis la République démocratique du Congo et qui a dû se débrouiller par lui-même. Il a tout d'abord rejoint notre programme de sport au service du développement en tant que participant, avant de devenir entraîneur ; il suit maintenant une formation en conseil et orientation. 

Il en retire d'énormes satisfactions, tout d'abord parce qu'il peut gagner un peu d'argent grâce aux indemnités que nous lui versons pour son rôle d'entraîneur, mais aussi parce qu'il vient en aide aux autres réfugiés en leur apprenant à gérer leur stress et leurs doutes. Ces derniers voient en lui une personne qui a été à leur place et dont la situation s'est améliorée. C'est l'exemple classique d'un réfugié qui a tiré parti du sport pour améliorer sa santé mentale.

À propos de l'Olympic Refuge Foundation

En septembre 2017, durant sa Session à Lima, le CIO a créé l'Olympic Refuge Foundation afin de contribuer par le sport à la protection, à l'épanouissement et à l'autonomisation des enfants et des jeunes en situation de vulnérabilité.

En coopération avec le HCR, des organisations internationales, des organisations non gouvernementales et d'autres fondations, l'ORF soutient des projets partout dans le monde et réaffirme son engagement à faire en sorte qu'un million de jeunes déplacés de force aient accès au sport en tout sécurité d'ici 2024.

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