Ces Jeux ont été salués comme les premiers Jeux "verts" pour leur approche réfléchie de la construction, tandis que les exploits des athlètes du pays hôte – soutenus par de nouveaux centres d'entraînement tels que l'Institut norvégien du sport d'élite (NTG) et le Centre norvégien du sport d'élite (Olympiatoppen) – ont fait de la Norvège une grande puissance aux Jeux Olympiques d'hiver.
L'utilisation judicieuse des structures telles que le Centre International de Radio et Télévision (CIRTV) et l'Olympiapark de Lillehammer a quant à elle permis à la région de se transformer en pôle d'éducation, d'excellence sportive et d'entraînement.
Les Jeux "blancs verts"
Juan Antonio Samaranch, alors président du CIO, avait qualifié les Jeux de Lillehammer 1994 de "Jeux blancs verts" en raison des nouvelles solutions environnementales adoptées. Les sites ont été construits dans le respect de l'environnement et le projet dans son ensemble a permis de sensibiliser davantage la population norvégienne à l'écologie.
Toutes les installations de l'Olympiapark de Lillehammer – le stade de ski de fond et de biathlon de Birkebeineren, les tremplins de saut à ski de Lysgårdsbakkene, la halle Håkons et la piste olympique de bobsleigh et de luge – ainsi que la halle olympique de Gjøvik et la salle de concert de Maihaugen ont obtenu le label de certification environnementale le plus utilisé en Norvège, à savoir le label Eco-Lighthouse, lequel atteste qu'elles demeurent à l'avant-garde de l'action menée dans le domaine de la durabilité et qu'elles sont exploitées dans le respect de l'environnement.
Les Jeux Olympiques de la Jeunesse d'hiver de Lillehammer 2016 ont perpétué cet héritage en réutilisant neuf des dix sites de compétition de 1994. Les JOJ de 2016 ont eux aussi mis l'accent sur la durabilité, en appliquant bon nombre des enseignements tirés de 1994. Le programme des JOJ "apprendre et partager" a quant à lui privilégié la culture, l'éducation et le sport pour les jeunes, aidant ainsi la région et le sport norvégien à former une nouvelle génération de dirigeants sportifs.
Inspirer la future génération d'athlètes internationaux
Les Jeux de Lillehammer 1994 ont été un formidable succès pour la Norvège – les athlètes de ce pays y ont remporté 26 médailles, donnant ainsi le coup d'envoi à une période de domination en sports d'hiver qui a duré jusqu'aux Jeux Olympiques de PyeongChang 2018, où les Norvégiens ont décroché un nombre record de 39 médailles... Soit une hausse spectaculaire par rapport aux cinq médailles – dont aucune en or – obtenues aux Jeux de 1988.
Deux éléments expliquent en grande partie ce revirement : premièrement, la création de l'Institut norvégien du sport d'élite (NTG) – "la fabrique à médailles d'or" de la Norvège – et du Centre norvégien du sport d'élite (Olympiatoppen), que l'accueil des Jeux Olympiques d'hiver a rendue possible ; et, deuxièmement, la source d'inspiration qu'ont été les héros nationaux de 1994.
Le Centre sportif de l'héritage olympique de Lillehammer (LOLSC) poursuit ce travail aujourd'hui, participant à la formation des athlètes, entraîneurs et dirigeants sportifs aux niveaux national, régional et international. En 2019, plus de 400 jeunes de 25 pays ont assisté à des camps d'entraînement internationaux organisés à Lillehammer par le LOLSC.
Essor de l'Université de la Norvège intérieure
La construction de l'immense Centre International de Radio et Télévision (CIRTV) à côté de la faculté d'Oppland à Storhove a permis à l'Université de la Norvège intérieure de s'agrandir après les Jeux. Grâce à ces tout nouveaux 27 000 mètres carrés disponibles, le nombre d'étudiants inscrits a fait un bond de 600 avant les Jeux à près de 6 000 en 2020.
L'essor de l'Université a également été synonyme de nouveautés. Des cours de gestion du sport et de production audiovisuelle ont été proposés et, en 1997, l'Université a ouvert la toute première section consacrée aux études cinématographiques en Norvège. Lillehammer est maintenant une ville universitaire florissante, 20 % des 27 000 habitants étant des étudiants.
Des sites toujours utilisés
Les Jeux de Lillehammer 1994 n'ont laissé aucun "éléphant blanc", aucune construction superflue. Les dix sites construits spécialement pour l'occasion sont toujours utilisés aujourd'hui. Entre la cérémonie d'ouverture des Jeux et l'été 2018, les installations ont accueilli 32 championnats du monde et d'Europe ou autres tournois internationaux, 129 épreuves de coupes du monde et 161 championnats nationaux.
Neuf des dix sites de compétition de 1994 ont été réutilisés lorsque la flamme olympique a fait son retour à Lillehammer pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse d'hiver de 2016. La région demeure une étape clé du calendrier sportif international, ce qui contribue au dynamisme de la culture sportive locale.
Des tremplins de saut aux patinoires de hockey sur glace, des pistes de ski de fond au centre de glisse, les installations de Lillehammer sont toujours utilisées et la région est une pépinière de futurs champions nationaux et internationaux dans de nombreux sports.