Mialitiana Clerc, pionnière du ski à Madagascar : « Je veux inspirer les Africains »

Née à Madagascar et élevée en France, la skieuse alpine Mialitiana Clerc est heureuse de représenter son pays natal à Beijing 2022. Lundi 7 février, elle a pris la 41e place du slalom géant et le 9 février elle sera au départ du slalom.

Par Evelyn Watta
Photo de 2022 Getty Images

Madagascar est bien connue pour sa biodiversité et sa vie sauvage riche.

Mais il ne semble pas évident d’associer cette île subtropicale située dans l’Océan Indien, aux sports d’hiver et au ski alpin.

Pourtant, il y a quatre ans, Mialitiana Clerc est devenue la seconde Malgache et première femme de son pays, à participer aux Jeux Olympiques d’hiver.

Alors âgée de 16 ans, la plus jeune porte-drapeau de Madagascar lors d’une cérémonie d’ouverture olympique, s’est classée 47e du slalom et 48e du slalom géant, sur plus de 80 skieuses.

Et ce n’était que le début.

En 2019, Mia Clerc est entrée un peu plus dans l’histoire en devenant la première femme africaine à se qualifier au second tour dans ses deux épreuves lors des Championnats du monde à Are, en Suède.

Aujourd’hui, elle s'est emparée de la 41e place du slalom géant à Beijing 2022, à 20, 33 s de la Suédoise Sara Hector, nouvelle championne olympique de la discipline. Le 9 février, la skieuse malgache sera au départ du slalom à Beijing 2022.

« Je veux inspirer les Africains », avait-elle déclaré à Olympics.com, en novembre dernier.

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La naissance d’une olympienne

Mia Clerc est née à Ambohitrmanjaka, une petite région en bordure d’Antananarivo, la capitale Malgache. Elle a été adoptée par une famille française alors qu’elle n’avait que un an. Aujourd’hui, elle est toujours en contact avec ses parents biologiques. Elle a commencé à skier à l’âge de trois ans, alors qu’elle détestait les conditions climatiques glaciales.

En grandissant, la joie de skier avec ses amis a gommé les petits inconvénients climatiques pour Mia, qui a développé une véritable passion pour la montagne. Cette artiste sur ski, qui adore dessiner, chanter et danser, a fait des pistes sa propre toile.

Vers 10 ans, elle maîtrisait les bases de la discipline et aimait s’entraîner autour de chez elle en Haute Savoie.

La jeune skieuse a continué de construire des bases solides en ski avant de rejoindre le club de Magland Desert Blanc.

Peu de temps après, elle a commencé à faire des compétitions et à descendre les pistes du monde entier, ce qui n’a fait qu’amplifier son désir de performer et de devenir une olympienne.

Avec le soutien de sa famille, elle a vu son rêve devenir petit à petit une réalité.

« J’ai toujours voulu aller aux Jeux Olympiques, terminer un course et devenir une olympienne », avait déclaré Clerc à Olympics.com à propos de ses ambitions à PyeongChang.

« Ce n’était pas difficile pour moi d’être face aux meilleures skieuses du monde parce que je ne m’attendais pas à remporter une médaille. Je savais que j’étais très jeune, mais c’était une bonne expérience de me confronter à elles. Je n’étais pas on plus très confiante sur les skis. »

Mialitiana Clerc lors des Jeux Olympiques d'hiver de PyeongChang 2018.
Photo de 2018 Getty Images

Porter le drapeau de Madagascar durant la cérémonie d’ouverture des JO de PyeongChang 2018 a été une expérience très touchante pour la jeune femme, et une grande fierté pour les citoyens de la quatrième plus grande île du monde, qui avaient été représentée par Mathieu Razanakolona à Turin 2006.

« Mon meilleur souvenir est la cérémonie d’ouverture parce que j’étais la porte-drapeau de ces JO, qui pour moi, étaient un événement énorme. J’étais très impressionnée par tous les gens qui m’entouraient, les lumières et la musique. C’était incroyable ! »

À Beijing 2022, elle était de nouveau la fière porte-drapeau de son pays.

Mialitiana Clerc lors de la Cérémonie d'ouverture des JO de PyeongChang 2018.
Photo de 2018 Getty Images

Mia Clerc : « Maintenant, j’ai plus d’expérience »

Après avoir partagé la scène olympique avec son héroïne Mikaela Shiffrin, une Mia Clerc « plus confiante » a décidé d’ouvrir un nouveau chapitre de sa carrière de skieuse professionnelle.

Un an après les Jeux de PyeongChang, elle a fait ses débuts aux Mondiaux à Are.

Durant la saison 2019/20, Mia, grande spécialiste technique, a réalisé une belle série de résultats en Coupe d’Amérique du sud et aux compétitions FIS en Argentine. Elle a aussi participé aux Coupe d’Europe et aux courses de Coupe du monde.

Sa participation aux événements majeurs lui a permis d’engranger suffisamment de points pour gagner une nouvelle qualification olympique. De plus, ses exploits ont inspiré le jeune Mathieu Neumuller, un skieur Malgache de 18 ans, qui s’est lui aussi qualifié pour Beijing 2022.

« Je suis très heureuse et j’ai hâte d’y être parce que je veux réaliser ma meilleure performance et améliorer mes résultats de la dernière édition olympique. C’est aussi une nouvelle expérience [olympique] », avouait-elle depuis la Suède, où elle s’entraîne avec l’équipe Orsatus et son coach Fabien Pollier.

La skieuse n’a pas caché son enthousiasme de retrouver les pistes après une fracture ouverte de la jambe en janvier.

« J’ai plus d’expérience maintenant. Je me connais mieux. Je suis moins stressée par rapport aux courses et je m’inquiète moins de savoir comment je vais skier le lendemain », a-t-elle déclaré avec le recul de son expérience olympique.

« Je suis plus compétente qu’il y a quatre ans parce qu’à l’époque, je débutais dans le ski de haut niveau… Je faisais tout juste mon entrée dans la cour des grands skieurs. »

« Je veux être l’une des meilleures skieuses alpines du monde »

Clerc n’est pas seulement heureuse d’être une pionnière du ski alpin féminin malgache.

« Je me sens chanceuse parce qu’il n’y a pas beaucoup de femmes africaines dans le monde du ski. J’essaie d’apprécier chaque moment, d’être fière de moi et de mes résultats car je suis là pour cela… »

« Je fais tout pour être la première femme africaine à monter sur un podium de Coupe du monde et à remporter une médaille olympique. »

« Je veux être l’une des meilleures skieuses alpines du monde et aux Jeux Olympiques d’hiver de Beijing 2022, je veux être dans le top 40. »

Objectif presque accompli pour Mia Clerc, qui tient à participer à la révolution des sports d’hiver en Afrique, tout en poursuivant son rêve de devenir créatrice de mode. Elle a même contribué à la conception de sa combinaison pour les Jeux Olympiques.

« J’habite en France, mais quand les gens voient que je skie pour Madagascar, ils sont un peu choqués et impressionnés parce que c’est rare de voir des Africains et encore moins des Malgaches en ski. Et je pense qu’ils sont curieux de voir si je suis une bonne skieuse et si je peux avoir de bons résultats. »

« J’aimerais inspirer tous les africains et les personnes qui me suivent, bien que je sais que le ski alpin est une discipline compliquée. »

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