Renforcer l'autonomie des femmes entraîneures : une semaine au rythme du programme WISH

Alors que le Mouvement olympique s'efforce d'atteindre l'égalité hommes-femmes à tous les niveaux dans le sport, la sous-représentation des femmes parmi les entraîneurs de haut niveau constitue l'un des plus grands défis. Le programme WISH (Women in Sport High-performance pathway) est un élément clé de la réponse apportée par le Comité International Olympique (CIO) à cette problématique. 

IOC

Soutenu par un million de dollars américains de financement de la Solidarité Olympique, WISH est un programme sur mesure, déployé sur quatre ans et destiné à former une centaine de femmes à l'entraînement de haut niveau (Jeux Olympiques, Championnats du monde et équipes continentales).

Le programme WISH prend actuellement de l'ampleur : deux des quatre groupes d'apprentissage ont en effet d'ores et déjà rejoint le programme. Du 15 au 19 août, 19 femmes entraîneures du premier groupe ont pris leurs quartiers à l'Institut du sport de l'Université britannique de Hertfordshire pour un atelier d'une semaine en résidence dans le cadre de leur programme de 21 mois.

Sous le thème "Renforcer l'autonomie des femmes entraîneures", ces 19 femmes ont passé une semaine en totale immersion, en s'essayant à des activités conçues pour développer davantage leurs compétences de leadership et leur confiance en elles et pour dynamiser leur carrière. Représentant sept sports et 17 pays, les entraîneures ont été choisies par leurs Fédérations Internationales (FI) et Comités Nationaux Olympiques (CNO) respectifs pour leurs réalisations individuelles, leur potentiel ainsi que leur ambition.

La semaine a couvert des modules allant de l'auto-évaluation à la résolution créative de problèmes, en passant par la culture positive de l'entraînement et les moyens de diriger malgré la pression. Le leadership est en effet au cœur du programme WISH.

Les grands progrès accomplis vers la parité des femmes athlètes dans la participation aux Jeux Olympiques (48 % des athlètes aux Jeux de Tokyo 2020 étaient des femmes) ne sont pas encore égalés s'agissant du métier d'entraîneur. Ainsi que l'a déclaré Elizabeth Pike, directrice du projet WISH et professeur de sport, santé et exercice à Hertfordshire : "Nous avons enregistré de bons progrès s'agissant des possibilités de médailles et de la couverture médiatique, mais pour ce qui est de l'entraînement, nous sommes très en retard." Au cours des dix dernières années, la proportion de femmes entraîneures a augmenté lentement, pour atteindre 13 % aux Jeux de Tokyo 2020.

Afin de stimuler ces progrès, WISH s'inspire d'un projet pilote réussi qui s'est déroulé de 2019 à 2021. Bien que ce cours ait été lancé à la veille de la pandémie de COVID-19, les six FI qui ont choisi les 26 femmes entraîneures du cours étaient déterminées à ce qu'il ait lieu. L'équipe en charge du programme WISH a adapté son approche interactive et dynamique d'apprentissage partagé à la diffusion en ligne et son impact a été confirmé par une évaluation indépendante réalisée l'année dernière. Pour de nombreuses participantes, cette expérience a "changé leur vie", car cela leur a permis de dynamiser leur carrière et ensuite d'encadrer d'autres femmes entraîneures en devenir.

Un espace sûr

"Cela tient à nos valeurs – collaboration, soutien et réseautage", explique Elizabeth Pike. WISH offre un espace sûr où les femmes entraîneures et les animatrices de cours peuvent discuter des difficultés et partager leurs idées.

Et d'ajouter : "Elles retournent à leur sport et dans leur région en tant que modèles, avec la confiance nécessaire pour faire tomber les obstacles auxquels elles sont confrontées. Le réseau permet en outre de mettre en contact toutes les femmes qui suivent le programme."

Les anciennes du programme contribuent également à former la prochaine génération de femmes entraîneures de haut niveau en tant qu'animatrices du programme WISH. Filoi Eneliko, l'une des joueuses de rugby les plus décorées des Samoa, attribue à ce programme pilote le mérite d'avoir changé son état d'esprit et de lui avoir inculqué une plus grande confiance en elle. Elle est rapidement devenue la première femme entraîneure d'une équipe masculine de haut niveau des Samoa et dirige aujourd'hui la Lakapai Samoa Women's Academy. Elle a été très émue par la réaction des participantes à l'atelier WISH au cours duquel elle a partagé son expérience et ses défis.

"Ces femmes sont d'incroyables entraîneures, mais ne se considèrent pas nécessairement comme des dirigeantes", explique Jane Booth, mentor en leadership et animatrice de cours. "Elles doivent reconnaître que leur leadership quotidien peut conduire à de grands changements : en associant compétences et confiance en soi, elles peuvent être encore plus efficaces."

Au cours des huit prochains mois, les femmes entraîneures bénéficieront d'un mentorat individuel en matière de leadership ainsi que d'un soutien continu spécifique au sport, également proposé par un mentor. Ces conseils d'experts et ce retour d'information sur des défis réels peuvent être d'une valeur inestimable pour tout entraîneur. De plus, il ne faut pas oublier qu'il s'agit des conseils d'une femme qui s'efforce d'atteindre le sommet de son art dans un environnement dominé par les hommes.

CIO

Le leadership expliqué

Le dernier jour de l'atelier d'une semaine en résidence, Jane Booth observe des changements subtils, mais significatifs dans la façon de penser, la communication et les capacités d'écoute des femmes entraîneures. "Elles voient les choses différemment par rapport au début du cours et comprennent l'influence qu'elles peuvent avoir sur les autres", ajoute Jane Booth.

Les entraîneures elles-mêmes ne doutent pas de l'impact du travail de la semaine, qu'il s'agisse d'aborder des scénarios d'entraînement difficiles et des conversations stimulantes, de présenter des compétences ou de se fixer des objectifs ambitieux.

WISH est une "formidable occasion" pour les femmes originaires des Caraïbes, selon l'entraîneure de rugby Jenilee Limada de Trinité-et-Tobago. "Le module de fixation des objectifs a été vraiment important pour moi. Les choses que j'ai apprises vont me permettre de sortir de ma zone de confort. Je vais davantage repousser mes limites."

Anna Wiese, entraîneure polonaise en cyclisme, confie pour sa part : "J'ai une nouvelle vision de ce qu'est le leadership et je vais sans aucun doute la mettre en pratique dans mes techniques d'entraînement. Je vais essayer d'ouvrir des portes pour la prochaine génération."

La Kenyane Catherine Mbawi a quant à elle indiqué : "J'ai appris énormément de choses qui vont m'inspirer en tant qu'entraîneure de volleyball et leader, notamment des astuces et des techniques qui m'aideront à faire face à n'importe quel défi avec confiance. Même si je suis sous pression, je peux m'occuper de mon propre bien-être."

CIO

Responsabiliser, soutenir, former

Avec quatre femmes entraîneures de lutte dans ce groupe d'apprentissage, United World Wrestling (Fédération mondiale de lutte) est fortement engagée dans le programme WISH. "Les femmes ne sont pas systématiquement invitées à la table lorsqu'il est question de formation des entraîneurs", déclare Deqa Niamkey, directrice du développement, laquelle préside le groupe stratégique de WISH. Le programme WISH est la voie à suivre pour atteindre une parfaite égalité."

"Le moment est bien choisi", convient Nicola Minichiello, responsable de l'Académie de la Fédération internationale de bobsleigh et de skeleton. "Après les difficultés rencontrées pendant des décennies par les femmes entraîneures et les administratrices, la situation s'améliore un peu, mais elle n'est toujours pas facile. Plus le public verra des femmes réussir, plus ce sera simple."

Les femmes entraîneures de WISH n'auraient pas pu choisir de championne plus passionnée par la question des femmes dans le sport que Kereyn Smith, invitée à la séance de questions-réponses organisée lors de la dernière soirée. Cette ancienne directrice générale et secrétaire générale du CNO néo-zélandais insiste en effet sur la nécessité d'un changement culturel – passer d'un état d'esprit consistant à "réparer les femmes" à un état d'esprit consistant à réparer l'ensemble du système sportif.

"Nous assistons aujourd'hui à une approche plus concertée", explique-t-elle, citant l'engagement du CIO en faveur de l'égalité des genres, l'investissement de la Solidarité Olympique et le soutien des FI et des CNO. Et de poursuivre : "WISH est un programme fabuleux. Si nous donnons aux femmes les moyens d'agir, les soutenons et les formons, cela facilitera le changement culturel que j'ai évoqué."

À propos de WISH

Entraîner : un vrai défi

  • La proportion de femmes entraîneures de haut niveau aux Jeux Olympiques a augmenté lentement, passant de 10 % au cours des dix dernières années à 11 % aux Jeux de Rio 2016 et 13 % aux Jeux de Tokyo 2020.
  • À titre d'information, les entraîneurs ont généralement 10 à 12 ans d'expérience au niveau national dans des compétitions régionales avant d'atteindre le niveau olympique.

Objectifs du programme

  • Développer davantage les compétences spécifiques au sport, les compétences de leadership et les ambitions de carrière des femmes entraîneures de haut niveau.
  • WISH est l'un des volets clés du plan d'action du CIO visant à respecter les engagements qu'il a pris et les objectifs qu'il s'est fixés en matière d'égalité des genres pour la période 2021-2024, détaillés dans le rapport 2021 du CIO sur l'égalité des genres et l'inclusion.

Groupe d'apprentissage 1

  • Début : 23 mai 2022
  • Diplôme : 22 avril 2024
  • 17 Comités Nationaux Olympiques représentés
  • 7 sports représentés : bobsleigh/skeleton, cyclisme, judo, rugby, snowboard, volleyball et lutte

Programme pilote :

  • Début : 1er septembre 2019
  • Diplôme : 18 février 2021
  • 23 Comités Nationaux Olympiques représentés
  • 6 sports représentés : cyclisme, aviron, rugby, tennis, triathlon et lutte

 

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