Combler des lacunes : un camp de skateboard organisé sur un célèbre site californien pour promouvoir les entraîneures
Promouvoir la parité sur l’aire de compétition et en dehors
Personne ne dira le contraire : la parité sur l’aire de compétition a fait un grand pas en avant aux Jeux Olympiques.
Aux Jeux de Tokyo 2020, 48 % des athlètes étaient des femmes. À Paris, la représentation des genres devrait atteindre l’égalité parfaite, 128 ans après l’avènement des Jeux Olympiques modernes.
En revanche, dans la profession des entraîneurs, la parité est à la traîne.
Pour y pallier, des initiatives sont mises en place, telles que le camp de skateboard tenu pendant deux semaines en novembre 2023 dans le célèbre site de Woodward West, à Tehachapi, en Californie ; un projet visant à réduire ces écarts.
« Nous avons fait un excellent travail. Nous avons tout fait avec trois fois rien », a déclaré l’une des entraîneures du programme, Ewa Niedzielska, responsable de l’équipe nationale italienne de skateboard de rue.
Avant d’ajouter : « Je n’aurais pas réussi à le faire toute seule. C’est toujours mieux de pouvoir compter sur l’aide de quelqu’un. Comme vos sœurs, par exemple. »
Quinze athlètes de 13 pays ont participé au camp. Certains avaient déjà beaucoup d’expérience, mais ce n’était pas le cas de tout le monde. La plupart des jeunes venaient de pays en voie de développement. Tous faisaient partie du programme de développement des jeunes athlètes mis en œuvre par la Solidarité Olympique, qui a pour ambition d’aider les athlètes et leurs entraîneurs à identifier les écarts entre leur situation actuelle et celle qu’elles souhaitent atteindre, et à établir un plan en coordination avec leur CNO et leur fédération nationale pour les combler. L’un des éléments clés consiste à renforcer les compétences des entraîneurs en leur apportant un soutien de classe mondiale.
Ce n’est pas un secret, il peut être difficile d’entrer sur le territoire des États-Unis. Dans le cas présent, le Comité Olympique et Paralympique des États-Unis (USOPC) a pris les mesures nécessaires pour que cela ne pose aucun problème. Delise O’Mealley, responsable de l’USOPC, qui s’est chargée de faire en sorte que le gouvernement délivre des visas, a déclaré qu’il ne s’agissait que d’un « simple service rendu pour entretenir de bonnes relations de partenariat avec la communauté sportive internationale ».
Pour donner du contexte : la Solidarité Olympique, en coopération avec l’Association des fédérations internationales olympiques d'été et l’Association des fédérations internationales olympiques des sports d'hiver ainsi qu’un certain nombre de FI, a lancé le programme intitulé WISH (pour Women in Sport High-Performance Coach Pathway).
Le programme WISH s’inscrit dans le cadre de la recommandation 6 du projet d’analyse du CIO sur la question de l’égalité des genres, mis en œuvre en 2018, appelant à une représentation équilibrée des genres au niveau des entraîneurs exerçant lors des Jeux Olympiques. WISH vise à former une centaine de femmes au métier d’entraîneure de sport de haut niveau. Quatre femmes ont été désignées par World Skate pour bénéficier du programme WISH : l’Italienne Ewa Niedzielska, l’Argentine Daniela Suarez, l’Allemande Lea Schairer et la Sud-africaine Melissa Williams.
World Skate avait de grandes ambitions pour Woodward West, le camp s’étant fixé comme objectif de faire progresser les skateurs et skateuses, ainsi que le skateboard dans son ensemble, par différents biais : à travers la coopération entre les fédérations nationales et leurs CNO, ainsi qu’en rapprochant deux programmes de la Solidarité Olympique (le programme de développement des jeunes athlètes et les bourses olympiques pour entraîneurs), et s’inscrivant dans le programme WISH.
Les journées étaient bien remplies, avec du skateboard, encore du skateboard et toujours plus de skateboard, du matin au soir. Malgré ce rythme effréné, les quatre entraîneures prenaient chaque jour le temps d’organiser une session informelle réservée aux filles, afin que les skateuses puissent parler de tout ce qu’elles voulaient.
« Je suis devenue plus patiente », a affirmé Lea Schairer, avant d’ajouter un peu plus tard : « dans le cas de certains jeunes, nous n’avions aucune langue commune pour communiquer, mais nous avons tout de même réussi à les entraîner. »
« Nous avons su nous adapter sur le moment », en travaillant avec différentes cultures, a déclaré Melissa Williams. « Un vrai petit miracle », a-t-elle ajouté « Cela montre que tout le monde veut ce qu’il y a de mieux, aussi bien pour soi-même que pour les autres. »
Ewa Niedzielska a déclaré au sujet des skateuses et des entraîneures, cette vérité absolue : « Elles ont vu qu’elles étaient capables d’y arriver, tout comme nous. Tout simplement parce qu’elles nous ont vues le faire. »
« Elles ont vu que les filles en sont capables ».