Karabatic, un rôle différent mais le même impact

Revenu après sept mois de blessure, Nikola Karabatic a mené le groupe français vers un troisième titre olympique. Mais son influence était différente.

Photo de Photo de Dean Mouhtaropoulos/Getty Images

La mission de Karabatic a toujours été de faire briller les Bleus. Mais lors de ce troisième titre olympique, son rôle sur le terrain n’était plus aussi central qu’auparavant. D’apparence, du moins.

Le triple Meilleur joueur mondial de l’année (2007, 2014, 2016) est revenu sur les terrains après sept mois d’arrêt en raison d’une rupture du ligament du genou fin mai et n’a été titulaire qu’à partir des quarts de finale contre Barheïn, suite à la blessure de Timothey N'Guessan. 

Comme il le déclarait à Tokyo 2020 pendant sa rééducation, il devait même se battre pour avoir sa place dans l’équipe, alors qu’elle n’était pas encore qualifiée pour les Jeux.

«  Je veux avoir la chance de me battre pour une place dans l’équipe » assurait-il en mars. « Les places vont être très chères, car il y en a peu. »

Sa place, il l’a eue. Sa médaille d’or, aussi. C’est sa troisième médaille d’or olympique, sa quatrième au total avec l’argent remporté à Rio 2016, contre le Danemark, déjà. 

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Il sauve les Bleus dans les dernières secondes

Et comme un symbole, c’est en protecteur que le joueur de 37 ans a brillé en finale de Jeux. Particulièrement lors des dernières secondes de jeu, lorsque le Danois Mathias Gidsel s’élançait vers le but pour passer son ballon et tenter d’égaliser alors que le score était de 24-23. Remarquant l’espace libre sur sa gauche, Karabatic a bondi pour gêner le deuxième meilleur buteur du tournoi olympique et l’empêcher de réaliser sa passe.

La suite est connue, Fabregas récupère le ballon et s’en va, seul, inscrire le but de la victoire dans une cage laissée vide par le gardien Niklas Landin.

Sur cette finale, il n’a inscrit que deux buts, et 19 pendant tout le tournoi. Pour comparaison, c’était 26 buts à Rio 2016 et à Londres 2012.

Son rôle est ailleurs.

« Ça reste un leader par rapport à son palmarès, sa carrière », explique Denis Lathoud, médaillé de bronze à Barcelone 1992 dans l’Équipe. « Tous les joueurs de l'équipe de France sont à l'écoute de ce qu'il peut apporter. Pour tout ce qui est en dehors du terrain, il a une grande importance. »

« Heureux pour ce groupe »

Et c’est une nouvelle fois en tant que protecteur qu’il a réagi au micro de France TV, la médaille d’or autour du cou.

« Je suis tellement heureux pour ce groupe, pour cette équipe. Beaucoup d’entre eux n’avaient pas gagné de médaille d’or, et c’est ce dont je suis le plus fier. »

Il a rempli sa mission, celle de faire briller ses coéquipiers. Celle de lancer une nouvelle génération de handballeurs français, désormais privés de Michaël Guigou, qui a annoncé que la finale des Jeux était son dernier match en bleu, à 39 ans. Capitaine de l’équipe à Tokyo, il endossait un rôle d’accompagnateur.

« Être capitaine, c'est se poser beaucoup de questions pour le groupe », expliquait-il après avoir remporté sa troisième médaille d’or. « Sur le terrain, j'ai essayé d'accompagner au maximum l’équipe. »

La relève est donc bien assurée.

« Aujourd’hui je fais partie des plus anciens », déclarait Karabatic à Tokyo 2020, l’année dernière. « Je continue d’accompagner les nouveaux qui arrivent en leur montrant les exigences qu’il faut avoir en équipe de France et l’importance qu’il y a à porter le maillot bleu, les responsabilités que ça entraîne. »

Cette fois-ci, cela a entraîné un titre olympique. Et pour la suite ?

« Ce n’est pas à l’ordre du jour », conclut le joueur du PSG. « Je veux juste réaliser que je suis champion olympique. »

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