Suite à sa victoire historique aux JOJ, la jeune Josie Baff espère briller à Beijing

En remportant la toute première médaille d'or de l'Australie à des Jeux Olympiques de la Jeunesse d'hiver à Lausanne en 2020, Josie Baff a marqué les esprits. La snowboardeuse a aujourd'hui pour objectif de monter sur le podium des Jeux Olympiques d'hiver de Beijing 2022.

Photo de OIS

Le snowboard cross est sans conteste l'une des épreuves les plus spectaculaires du programme des Jeux Olympiques d'hiver. Quatre athlètes y descendent une piste jonchée de bosses et de virages en effectuant des manœuvres périlleuses pour tenter de prendre la tête, donnant souvent lieu à des chutes spectaculaires. En somme, c'est l'équivalent sur piste du patinage de vitesse sur piste courte ou du BMX. Contrairement au ski, pour lequel les skieurs ne pensent généralement qu'aux prochains virages, le snowboard cross présente de nombreuses variables à prendre en compte dans le feu de l'action.

"Les courses sont toujours assez extraordinaires", s'exclame Josie Baff qui a fait sensation à Lausanne en 2020 en remportant la toute première médaille d'or de l'Australie à des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ). "Aucune course n'est jamais la même, tout peut arriver. J'ai appris beaucoup des différentes manches pour cette finale à Lausanne. J'avais essayé de dépasser cette même athlète par l'extérieur sans succès sur cette piste, donc cette fois-ci pour ce même virage, je suis passée par l'intérieur et j'ai réussi à la dépasser.

À partir de là, je savais que j'étais en tête, je n'arrêtais pas de me dire 'Oh mon dieu, ça y est, tiens bon !' Je sentais mes adversaires derrière moi. C'est incroyable de sentir que d'autres sont en train de tout faire pour vous dépasser. Elles se rapprochaient petit à petit, mais je me suis souvenue que mon entraîneur m'avait dit : 'Regarde droit devant toi jusqu'à l'arrivée'. Donc c'est ce que j'ai fait et j'ai franchi la ligne d'arrivée en premier. C'était un moment si fort ! C'était un tel honneur de décrocher la première médaille d'or de l'Australie aux JOJ d'hiver. J'espère que ma victoire va ouvrir la voie à d'autres Australiens."

Josie Baff
Photo de OIS

Josie Baff, qui a fêté ses 17 ans cinq jours après avoir été sacrée championne, vise à présent les Jeux de Beijing 2022. Elle est aujourd'hui considérée comme l'une des jeunes athlètes de sports d'hiver les plus prometteuses d'Australie. Elle a d'ailleurs récemment reçu une bourse sportive de la part de son pays, grâce à laquelle elle sera parrainée par Susie O'Neill, huit fois médaillée olympique en natation. Il se passe beaucoup de grandes choses dans la vie de la jeune fille originaire de Jindabyne, en Nouvelle-Galles du Sud, qui n'en est encore qu'à ses premiers pas sur la scène internationale.

"Jindabyne est la ville la plus proche du pied de deux grandes montagnes, alors j'ai commencé à skier à deux ans et à faire du snowboard à cinq ans, dévoile-t-elle. Mon père est moniteur de snowboard donc ça s'est fait naturellement. Toutefois, je pensais que je m'orienterais vers le ski de compétition, pas le snowboard. J'ai décidé de me concentrer sur le snowboard cross seulement l'année dernière. Je viens de terminer l'école, donc je me consacre dorénavant à 100 % à ma préparation pour Beijing 2022.

On ne peut pas vraiment s'entraîner dans ce sport en Australie, car la saison de ski est trop courte. Du coup, j'essaie de faire un peu de skateboard, je fais de la planche à voile sur le lac en été et du VTT. Tout ça me permet de travailler les mêmes muscles et de gagner en force sans même m'en rendre compte, car je m'amuse avec mes amis. Pour participer à des compétitions, il faut aller à l'étranger, car nous n'en avons qu'une seule ici. Il est important d'acquérir de l'expérience."

Josie Baff ne s'est rendu compte de son réel potentiel qu'il y a trois ans. "J'ai commencé à me rendre à l'étranger pour le snowboard bien plus tard que la plupart des athlètes et je n'avais pas participé à beaucoup de compétitions, seulement une dizaine environ, dit-t-elle. Mais je suis allée au Canada et je me suis classée troisième à la North American Cup. Je me suis dit que c'était peut-être juste un coup de chance, mais je me suis ensuite rendue en Europe et j'ai continué à obtenir de bons résultats. Je ne cessais de me prouver que j'étais meilleure que ce que je pensais. Il n'y avait pas de réelle pression en plus, car j'étais juste là pour m'amuser."

Cette attitude positive a porté ses fruits aux JOJ de Lausanne 2020 durant lesquels l'Australienne a décroché l'or avec une avance de seulement 0,05 seconde. "J'ai adoré chaque instant des JOJ, s'exclame-t-elle. Dès notre arrivée, on nous remet un sac de petits cadeaux et on ne peut s'empêcher de penser : 'c'est pour moi ? C'est vraiment la réalité ?' Je me suis fait plein d'amis, l'atmosphère était très détendue.

Je ne me suis pas vraiment rendu compte de mon exploit avant de rentrer chez moi. Il y avait des photos de moi dans les vitrines des magasins de ma ville, c'était fou. Les gens n'arrêtaient pas de m'en parler."

Josie Baff n'a peut-être pas beaucoup d'expérience, mais cela ne veut pas dire qu'elle n'est pas une véritable adversaire à craindre. Cette discipline est d'ailleurs de plus en plus dominée par de jeunes athlètes. "Le snowboard se fait de plus en plus jeune, affirme l'Australienne. De nos jours, les athlètes sont très bons, très jeunes. Je pense que plus de personnes ont aujourd'hui l'occasion de s'essayer à ce sport, et c'est super d'avoir quand même des idoles à admirer dans une discipline aussi jeune.

Pour devenir champion de course à ski, il faut être très fort et puissant. Physiquement, arriver à un tel niveau prend du temps. Mais au snowboard, être jeune est un avantage, car on est très mobile et intrépide. S'ils ont envie d'essayer une manœuvre périlleuse, les jeunes de 14 ans n'hésitent pas.

Josie Baff
Photo de OIS

Il faut quand même avoir des compétences de base, comme être à l'aise sur la planche et être capable de glisser de différentes façons. Ainsi, il faut non seulement avoir de bons muscles, mais aussi être très à l'aise sur la planche, afin de réussir à faire face à tous les imprévus.

Surtout, il faut vraiment aimer ce sport pour réussir. Quand on est passionné, tout le travail acharné à la salle de sport et les entraînements ne sont que des détails, et il est facile de s'y consacrer corps et âme. Je vis et je respire le snowboard. Je ne m'en rends même plus compte."

Être détendu aide également à réussir. En effet, le snowboard cross est sans conteste l'une des épreuves olympiques les plus dangereuses. "Ça me fait un peu peur parfois, puis je me dis que ça ne changera rien que je m'inquiète, confie Josie Baff. Donc je n'y pense pas. On est plus susceptible de se blesser quand on pense trop au risque de blessures. J'ai bien sûr eu mon lot de chutes. Je me suis fracturé l'humérus - c'était très douloureux - et les poignets plusieurs fois. Mais on s'en remet et on passe à autre chose. Les aspects positifs l'emportent sur les aspects négatifs.”

L'esprit et l'atmosphère qui entourent le snowboard aident beaucoup. En effet, l'Australie compte plusieurs excellents snowboarders comme modèles : Scotty James, Torah Bright et Belle Brockhoff. Josie Baff a la chance d'être amie avec les trois. "Ce que j'adore dans le snowboard, c'est que tout le monde se connaît, explique-t-elle. Nous sommes tous proches les uns des autres et cela influe beaucoup notre façon de disputer les courses. Ce sont d'excellents mentors et ils m'ont aidée à apprendre à m'entraîner et à concourir. Ils vous montrent également ce qui est possible, alors ça donne envie de continuer à s'améliorer."

Son père, Peter, qui a notamment entraîné Torah Bright et Alex Pullin, le snowboarder trois fois athlète olympique et double médaillé d'or en Championnats du monde tragiquement décédé en juillet dernier, ne doute pas un seul instant que Josie a ce qu'il faut pour accéder à ce même niveau. "Avant les JOJ, elle n'avait fait du snowboard que pendant trois semaines tous les ans au mois d'avril à Mammoth [dans le nord de la Californie] et lors de quelques courses interécoles ici en Australie, explique-t-il. Elle n'avait donc pas beaucoup d'expérience, et encore moins dans cette discipline. Donc quand elle a commencé à obtenir de bons résultats, j'ai tout de suite su qu'elle avait de très bonnes chances de réussir."

Pour l'Australienne, la prochaine étape est la Chine. "J'ai beaucoup d'espoir pour Beijing 2022, se livre-t-elle. C'est ma priorité n°1. Ma participation aux JOJ m'a vraiment bien préparée. C'est là que j'ai compris à quel point les Jeux Olympiques allaient être amusants." De nouveaux records attendent ainsi certainement l'Australie.