La réfugiée Syrienne Yusra Mardini nage pour le plaisir, après avoir nagé pour sa vie.

Yusra Mardini fait partie de l’équipe olympique des réfugiés. Elle est prête à savourer la plus heureuse compétition de natation de sa vie, à Rio. Mais tout cela est bien insignifiant à côté de la nuit où elle a dû nager pour sa vie et celle de ses amis, il y a moins d’un an.

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La courageuse adolescente syrienne est prête à devenir un des visages des ces Jeux, après avoir été sélectionnée parmi les dix athlètes constituant l’équipe olympique des réfugiés qui concourront sous la bannière olympique. Yusra Mardini, désormais basée en Allemagne, a expliqué dans le Stade Olympique de natation de Barra de Tijuca les sentiments qu’elle ressent : « un rêve devenu réalité ! », tout juste onze mois après qu’elle ait plongé dans les eaux glacées de la Mer Egée pour aider à pousser un rafiot en train de couler, surpeuplé par 20 migrants, jusqu’a bon port. 

Mardini et sa soeur ainée Sarah avaient fui leur maison de Damas détruite durant le conflit syrien. Elles avaient tracé leur chemin jusqu’à des camps de réfugiés au Liban. Elle cherchait, comme des milliers de ses compatriotes, à se construire une nouvelle vie en Europe en tentant la très périlleuse traversée de la Méditerranée dans un bateau inadapté, de la Turquie à la Grèce. 

Syrian refugee Mardini (ROT) swims for joy after swimming for her life IOC/Dave Burnett

Durant cette traversée de nuit, le moteur est tombé en panne et la frêle embarcation a commencé à prendre l’eau. C’est là que Mardini, une talentueuse nageuse qui avait disputé les championnats du monde 2012 pour la Syrie, a réalisé qu’ils risquaient tous de couler. Elle s’est donc jetée à l’eau avec Sarah et deux autres personnes pour pousser le bateau vers la terre ferme, l’Ile grecque de Lesbos. « Nous n’étions que quatre à savoir nager. J’avais une main attachée à la corde du bateau tandis que mon autre main et mes deux jambes étaient en action. Trois heures et demi dans de l’eau froide. Votre corps est comme tétanisé. Je ne sais pas comment décrire ça », a-t-elle raconté. 

Est-ce un souvenir cauchemardesque ? « Pas du tout. Je me souviens que sans nager, je n’aurais sans doute pas survécu à cause de l’état de cette embarcation. C’est un souvenir positif pour moi ». 

L’extraordinaire voyage de la nageuses de 18 ans s’est finalement achevé quand elle est arrivée à Berlin où elle a pu reprendre sa carrière sportive, avant d’être invitée à rejoindre l’équipe olympique quoi, croit-elle, « montre au monde que réfugié n’est pas un sale mot ». 


Ses compagnons du bateau qu’elle a aidé à sauver la soutiendront de tout leur coeur de là où ils se trouvent  lorsqu’elle s’alignera dans le 100m nage libre et le 100m papillon. « Ils savent tous que je suis ici. Ils sont tous mes supporters, et ils disent « Tu le mérites. Tu es merveilleuse ». Mais elle ne se considère pas pour autant comme un héroïne. « Dès fois, c’est dur », dit-elle, admettant que ne se sent pas à l’aide en étant décrite de cette façon. « Mais c’est super de sentir que l’on peut inspirer tout le monde ». 

Le Baron Pierre de Coubertin, le rénovateur des Jeux Olympiques, a donné ce crédo aux Jeux : 
« L'important dans la vie, ce n'est point le triomphe, mais le combat. L'essentiel n'est pas d'avoir vaincu, mais de s'être bien battu. ». Aujourd’hui, une remarquable olympienne du XXIe siècle apporte sa propre version ! 
Mon message pour ces Jeux : 'N'abandonnez jamais'. Yusra Mardini Équipe olympique des réfugiés

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