Revivez la gloire des Jeux Olympiques d’hiver passés : Lake Placid 1980

Sur glace comme sur neige, qu’elles soient artificielles ou naturelles, une nouvelle génération d’athlètes rappela au public de Lake Placid que, victoires inimaginables, miracles même : tout était possible.

En février 1980, près de cinquante ans après leur première célébration à Lake Placid les Jeux Olympiques d’hiver y furent accueillis une deuxième fois.

Nombreux avaient été les bouleversements dans le monde olympique d’hiver au fil des années qui précédèrent ces Jeux. Alors qu’en 1932, la distance et les effets de la Grande dépression empêchèrent certains athlètes de se rendre à Lake Placid, en 1980, ils vinrent de quatre des cinq continents pour y prendre part; environ 800 de plus qu’en 1932, y compris, pour la première fois à des Jeux d’hiver, des participants de la République populaire de Chine, de Chypre et du Costa Rica.

Ce fut également la première flamme olympique que les habitants de Lake Placid purent fêter. II n’y en avait pas eu en 1932, ni de relais bien entendu, pas même un feu symbolique. En 1980, 52 personnes, hommes et femmes modèles parfaits de l’idéal grec ancien de « l’homme complet », sélectionnés de tous les États-Unis pour porter la torche, relayèrent la flamme olympique en alternance sur un parcours national de 1 600 km. 

Le programme sportif aussi comptait d’évidents changements. En 1932, la luge, le ski alpin, la danse sur glace et le ski de fond féminin étaient absents. En patinage de vitesse, les femmes n’avaient été admises qu’à des épreuves de démonstration. Au fil des années qui séparèrent les deux éditions de Jeux d’hiver à Lake Placid, ces disciplines ou épreuves avaient été, toutefois, ajoutées au programme.

Malgré le legs des Jeux d’hiver de 1932, ces ajouts exigèrent la rénovation du patrimoine existant ou la construction de nouveaux équipements pour la tenue de la manifestation de 1980. La réutilisation de la vieille piste de bobsleigh du Mont Van Hoevenberg fut décidée mais exclusivement pour ce sport. Elle bénéficia d’un remplacement de son système de réfrigération.

Ceci devait permettre aux compétitions de 1980 de s’achever avant la cérémonie de clôture. Alors qu’à l’approche des Jeux, d’éparses chutes de neige couvraient à peine le site du ski de descente, l’installation de nouveaux équipements de neige artificielle à Whiteface Mountain se révéla opportune. Pour la première fois de l’histoire olympique, des skieurs alpins coururent sur des pistes de neige artificielle plutôt que naturelle.

À Lake Placid même, l’arène olympique de 1932 fut rénovée et deux nouvelles patinoires olympiques furent installées sur un terrain adjacent. Et, à proximité de l’endroit où en 1932 avaient eu lieu les compétitions de patinage de vitesse, fut construit un nouvel anneau  réfrigéré.

C’est là que se déroulèrent quelques-uns des moments les plus intenses des compétitions de 1980. Dans les épreuves masculines, Eric Heiden devint une légende et sa sœur Beth eut sa propre part de gloire en décrochant le bronze dans le 3 000 m féminin.

Les Heiden ne furent pas le seul duo familial qui connut le succès à ces Jeux. En ski alpin, Hanni et Andreas Wenzel, frère et sœur également, remportèrent des médailles. Hanni participa aux trois épreuves féminines obtenant un meilleur résultat après chaque performance, remportant ainsi l’argent avant deux médailles d’or. Andreas, quant à lui, gagna une médaille d’argent dans le slalom géant qu’il ajouta au palmarès de la famille Wenzel.

En patinage artistique, c’est un couple soviétique, mari et femme, Irina Rodnina et Aleksandr Zaytsev qui patina pour l’or dans l’épreuve par couple, obtenant la meilleure note de chacun des neuf juges. Pour Rodnina, c’était le troisième titre olympique successif et sa troisième participation à des Jeux d’hiver.

Liens familiaux ou non, lorsque s’achevèrent les Jeux Olympiques d’hiver de 1980, avait été écrit un nouveau chapitre de l’histoire olympique comblé de nombreuses performances remarquables. Néanmoins, c’est du « miracle sur la glace » que Lake Placid parlerait longtemps encore.

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