Proches de l'exploit, les Bleus s’inclinent face aux USA et décrochent l’argent

Les États-Unis ont dominé les Français en finale des Jeux Olympiques grâce à un Kevin Durant efficace, une trop forte intensité physique et une stratégie défensive payante.

Photo de Photo de Gregory Shamus/Getty Images

Le défi était immense, et les Français n’ont pas démérité.

À 10 secondes de la fin, les Américains ne menaient que de trois points et l’espoir, certes minime, était toujours permis. Mais la logique a été respectée et les États-Unis ont remporté l’or à Tokyo 2020, sur le score de 87-82.

Les Français ont toujours maintenu un écart permettant d’y croire, mais la stratégie américaine, imposant une défense haute et agressive et limitant les incursions offensives de Rudy Gobert, associée à un Kevin Durant inscrivant le tiers des points américains, ont permis aux USA de s’emparer d’un quatrième titre olympique consécutif.

Après une campagne sans défaite jusqu'à la finale, avec notamment une victoire contre les USA en phase de groupe (83-76), les Bleus repartent avec une médaille d'argent porteuse d'espoir pour la suite.

« Je suis fier de cette équipe », a réagi Evan Fournier au micro de France TV. « On les a battus en poule, on n’a rien lâché. J’espère qu’on a donné beaucoup de joie aux gens qui se sont levés, et qu’on a donné un bon exemple aux jeunes par notre état d'esprit, notre combativité et notre ambition. Félicitations aux Américains, ils ont fait un gros match.»

C’est la première médaille d’or olympique pour le coach Greg Popovich, et la première médaille olympique pour le sélectionneur français Vincent Collet.

Les statistiques de la finale France/USA en finale des Jeux Olympiques de Tokyo 2020

Le film du match

Première mi-temps

Rudy Gobert ouvre le score sur un dunk avec une passe décisive de Nando de Colo. À l’instar de leur demi-finale contre l’Australie, les USA manquent d’adresse à trois points en début de match, mais leur défense est agressive et surtout très haute. Les Bleus parviennent tout de même à mener 12-6 grâce à Evan Fournier (5 points) et Rudy Gobert (4 points). Kevin Durant maintient la sélection américaine au contact avec déjà 6 points. Vincent Collet décide de faire entrer Vincent Poirier (2,13 m) pour avoir plus de volume dans la raquette, avec Rudy Gobert (2,15 m), stratégie qui avait fonctionné lors de la victoire française en poule.

Si les séquences de passes françaises autour de la ligne des trois points restent efficaces, l’adresse américaine se réveille et le score s’élève à 22-18, avec 12 points de la star des Brooklyn Nets, à la fin du premier quart-temps.

Les assauts américains sont toujours compliqués à contenir pour les Français dans le deuxième quart, et Durant s’envole à 19 points et si Gobert prend 6 rebonds, Vincent Collet demande à ses joueurs d’être plus présent sous le panier. Les Bleus maintiennent cependant un débours autour des -10 points qui permet toujours d’y croire.

Comme prévu, la raquette américaine est bien occupée par les Français et notamment Rudy Gobert, sur qui la stratégie américaine est claire : faire faute sur le géant des Utah Jazz pour éviter des paniers faciles et l’amener sur la ligne des lancers-francs, où son pourcentage est fluctuant. De Colo, qui marque près de 14 points par match depuis le début du tournoi, inscrit son premier trois points à la fin du deuxième quart temps, réduisant l’écart à 36-43. Une bonne défense des Bleus empêchent Durant d’inscrire un dernier panier avant la pause. 44-39.

Deuxième mi-temps

L’impact physique américain est encore plus marqué en début de seconde mi-temps, et les Français ont du mal à s’approcher du panier, obligés de prendre des tirs lointains ou précipités. Jrue Holiday agresse constamment le porteur du ballon dès la ligne médiane, réduisant les capacités de créations offensives françaises.

Le meilleur marqueur de l’histoire américaine aux JO Kevin Durant est en revanche toujours en feu et punit les Bleus, notamment à trois points. La relation De Colo/Gobert fonctionne de nouveau, conclue par un dunk du triple Meilleur défenseur de l’année NBA. L’écart est toujours à -10 et si les Américains imposent un rythme infernal, ils ne s’envolent pas au score. Les Français obtiennent une faute à 2 secondes de la fin du troisième quart-temps et le patron des Bleus « Batman » Batum inscrit trois points qui permettent à la France d’entamer l’ultime reprise à 71-63.

Des paniers manqués du côté américain, une bonne défense française et de la réussite permettent aux Bleus de réduire le score à -3 après quatre minutes dans le dernier quart temps, grâce à un trois points de Ntilikina. Mais les Américains sont toujours aussi agressifs offensivement et notamment dans la raquette, ce qui laisse des espaces à trois points, que Jayson Tatum optimise (19 points, 3/5 à trois points). De nouveau, les Français réduisent l’écart et reviennent à -3, à 10 secondes de la fin. L’espoir est permis et sur l’engagement des Américains, les Bleus font faute sur Durant. Mais le MVP 2014 ne tremble pas au lancer franc et inscrit les deux paniers qui scellent la victoire américaine.

Kevin Durant termine à 29 points, un tiers des points inscrits par les Américains.

« Durant est un joueur exceptionnel, il met 30 [sic] points sur 87 », a réagi Evan Fournier. « Je suis fier de cette équipe. On les a battus en poule, on n’a rien lâché. J’espère qu’on a donné beaucoup de joie aux gens qui se sont levés, et qu’on a donné un bon exemple aux jeunes dans notre esprit, dans notre combativité, et notre ambition. Félicitations aux Américains, ils ont fait un gros match.»

Pour les Bleus, la suite est prometteuse

Malgré la défaite en finale, les Français décrochent une médaille d’argent prometteuse pour la suite.

« C'est une déception forcément », admet Fournier. « Mais il y a beaucoup d'enseignements à tirer. Il y a un Championnat d'Europe l’année prochaine, une Coupe du monde dans deux ans, puis Paris 2024. Chaque année on monte, la marche rétrécit. »

Son ami Rudy Gobert partage le même avis, déterminé à revenir plus 

« Il faut digérer la défaite, mais je pense que je vais apprécier ce qu'on a pu accomplir. J'espère qu'on a pu faire plaisir aux gens qui nous regardent. Ça ne se joue à rien, on aura d'autres opportunités dans le futur. On construit sur la durée. C'est le rêve d'une carrière, c'est le rêve d'une vie. On apprend de chaque défaite et on revient toujours plus fort. »