ARIYASU Ryohei : trouver un style pour ramer comme personne

Ariyasu

Le para-rameur ARIYASU Ryohei est reconnaissant envers les Jeux Paralympiques pour lui avoir redonner son amour pour son sport.

« C’est grâce aux Jeux Paralympiques que j’ai accepté mon handicap, donc j’en suis très reconnaissant et j’ai un attachement très spécial avec cet événement. J’aimerais participer aux Jeux Paralympiques et remporté une médaille », expliquait le para-rameur ARIYASU Ryohei, à la conquête d’une place pour la compétition quatre de pointe avec avec barreur PR3 mixte aux Jeux Paralympiques cet été.

Né aux États-Unis, Ariyasu est retourné au Japon lorsqu’il avait sept ans et s’est lancé dans le football.

Quelques années plus tard, il a commencé à avoir des problèmes de vue et était en difficulté pour lire ce qu’il était écrit au tableau. Puis à l'âge de 15 ans, les médecins lui diagnostiqué une maladie incurable du nom de dystrophie maculaire, caractérisée par une perte de la vision centrale mais avec une vision périphérique intacte.

Ce diagnostic fut un gros choc pour lui. Il ne supportait pas l’idée de vivre avec un handicap et commençait à haïr le football et le sport en général à cause de cela.

« Je ne pouvais plus jouer correctement avec mes amis. Plus je jouais au ballon, plus je me rendais compte de la médiocrité de la vision. J’ai aussi eu des problèmes dans mon apprentissage. J’ai été obligé d’utiliser une loupe pour mes examens d’anglais, donc je perdais beaucoup de temps. Je passais mes journée à éviter le sport et les études. Au lieu de me dire “j’en suis capable“, j’ai tout arrêté. »

Trouver du positif dans le handisport

Alors qu’il avait esquivé le sport pendant toute son adolescence, un événement à changé sa vie à l’âge de 20 ans alors qu’il était à l’université. Il a rencontré HANGAI Shizuka, une para-judokate avec un handicap visuel, qui est devenue sa première amie de son âge avec un handicap visuel, comme lui. Hangai a participé à deux Jeux, Londres 2012 et Rio 2016.

C’est grâce à elle qu’il a réalisé qu’il pouvait lui aussi prendre part aux Jeux Paralympiques.

« Quand je faisais du sport, je voyais toujours mon handicap comme un inconvénient, je n’avais pas pensé que cela pouvait être une porte d’entrée pour les Jeux Paralympiques. Pour la première fois de ma vie, j’ai pu voir mon handicap comme quelque chose de positif. »

Lors de ses deux premiers essais en judo, il a « perdu en deux secondes ». C’est à ce moment là qu’il a réalisé que les Jeux Paralympiques « n’étaient pas une blague, mais une compétition avec des sportifs de haut niveau. » Il a commencé à ressentir une forme d’admiration pour ces sportifs.

« En me rendant compte que ces personnes étaient des athlètes remarquables avec le même handicap que moi, j’ai voulais me mettre aussi sérieusement au sport. »

Il a donc entamé son parcours pour devenir un sportif de haut niveau.

En 2014, Ariyasu est devenu un judoka reconnu. Mais tout s’est arrêté lorsqu’il a commencé ses études supérieures. Avec ses horaires, il ne pouvait plus se rendre au dojo lors des créneaux d’ouvertures. Il s’est également rendu compte qu’il manquait d’esprit combatif, essentiel dans ce sport. C’est alors qu’il a commencé à chercher une autre discipline paralympique vers laquelle se tourner. En 2017, il a découvert l’aviron et il a très vite progressé. Il a terminé huitième des Championnats du monde d’aviron en PR3 double masculin puis remporté l’argent aux Championnats d’Asie d’avion 2019 en quatre de pointe avec avec barreur PR3 mixte.

« En aviron, vos performances sont enregistrées sous forme de nombres qui indiquent votre vitesse. Il est donc possible de progresser et de suivre ces améliorations. C’est probablement pourquoi ce sport me convient si bien. »

La même distance qu'aux Jeux Olympiques

Ariyasu se trouve dans la catégorie PR3 en aviron handisport, ce qui permet aux équipes de s’organiser en fonction des caractéristiques des handicaps de chacun. Les points forts de cette discipline sont les compétences créatives des rameurs et la stratégie de course.

L’équipe japonaise est menée par Ariyasu, qui est à la nage (la personne la plus proche de la poupe du bateau, qui contrôle la cadence et la vitesse). Cette embarcation est composée de deux rameurs avec une déficience visuelle, deux autres avec un handicap au niveau des membres et le barreur qui n’a pas de handicap.

« La partie la plus fun, c’est de comprendre les caractéristiques de chacun et de faire ressortir le meilleur de tout le monde. Il y a beaucoup de challenges et de difficultés mais c’est ce qui est intéressant », expliquait Ariyasu.

Aux Jeux de Rio 2016, la distance parcourue en para-aviron est passée de 1 000 mètres à 2 000 mètres, comme pour les Jeux Olympiques. Ariyasu pense que cela aide à faire grandir le para-aviron et augmente le lien entre l’aviron olympique et paralympique.

« Lors des Championnats du monde d’aviron en 2019, les courses d’aviron et de para-aviron se courraient de manière alternée. L’équipe de para-aviron, qui n’utilise que le haut du corps pour avancer, et l’équipe valide de huit de pointe, qui utilise tout son corps, ont participé à la même compétition avec leurs spectateurs respectifs, les acclamant à tour de rôle. Pour les para-rameurs comme nous, cela a été une expérience très bénéfique car nous nous sommes entraînés en regardant de près les meilleurs rameurs du monde. »

Ramer avec style

Ariyasu espère montrer la beauté de l’aviron lors des Jeux Paralympiques.

L’aviron est un sport dans lequel la puissance et la forme physique sont nécessaires pour atteindre de grandes vitesses, même avec une forme légèrement instable. Cependant, selon Ariyasu, l’équipe japonaise poursuit un autre idéal.

« Nous essayons de trouver un style d’aviron dans lequel il n’y a pas de perte d’énergie et la puissance coule naturellement, pour exploiter notre travail d’équipe et surpasser les équipages forts comme les Européens. Nous espérons déployer tous les efforts que nous avons faits et laisser une marque pendant la compétition. »

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Faire du para-aviron un sport majeur

Ariyasu pense que le para-aviron est un sport magnifique qui peut être apprécié par des personnes de tout âge, avec ou sans handicap. Pour rendre la discipline plus populaire auprès du grand public, il a écrit aux médias et aux journalistes pour expliquer leurs ambitions pour Tokyo 2020.

« Avant toutes choses, j’aimerais que les gens profitent des Jeux Paralympiques, qui permettront peut-être de mieux connaitre et comprendre les handicaps et de créer une société plus éclectique. J’espère inspirer en encourager les Japonais en faisant de bons résultats. »

Remporter une médaille aux Jeux Paralympiques servirait de tremplin pour faire reconnaître le para-aviron comme un sport majeur auprès du grand public.