Jérémy Florès : « Le surf aux JO ? Une marque de respect pour la discipline » 

Le surfeur français Jérémy Florès s'est qualifié pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 en terminant dans le top 10 du WSL Championship tour 2019.
Le surfeur français Jérémy Florès s'est qualifié pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 en terminant dans le top 10 du WSL Championship tour 2019.

Le plus grand surfeur européen de l’histoire voit les Jeux Olympiques de Tokyo 2020, en 2021, comme un moment historique pour son sport. 

À 17 ans, le surfeur français Jérémy Florès découvrait le World Surf League (WSL) Championship tour. Il faisait son entrée parmi l’élite du surf mondial avec de grandes ambitions.

Aujourd’hui, le natif de la Réunion entame sa quatorzième année sur le circuit et fait figure de vétéran. À 32 ans, Florès est à la recherche de nouveaux défis, et l’opportunité de participer à la première épreuve de surf de l’histoire des Jeux Olympiques à Tokyo 2020, en 2021, en fait partie.

« Je pense que c’est super car c’est une forme de respect envers la discipline. C’est le plus grand événement sportif au monde, alors en faire partie, d’autant plus pour la première, c’est historique », déclarait-il en avril à Tokyo 2020.

Dans cette interview exclusive, le surfeur européen le plus décoré de l’histoire explique comment son sport a évolué au fil des années et parle de son excitation à l’idée de surfer chez lui, à Tahiti, lors des Jeux de Paris 2024.

L’appel de Tokyo

Florès a décroché son billet pour les Jeux de Tokyo en terminant dans le top 10 du classement mondial à l’issue de la saison 2019 du Championship Tour.

« C’est historique. Je suis très fier. Lorsque j’étais petit, je n’aurais jamais pensé pouvoir participer aux Jeux Olympiques car le surf n’en faisait pas partie. Mais j’adorais regarder les Jeux. Je n’ai rien manqué car j’ai toujours été super excité, et je regardais tous les sports. »

Le Français est fier de pouvoir représenter son pays au Japon, dans quelques jours.

« Personnellement, je suis super fier mais c’est surtout la possibilité de rendre aux gens ce qu’il m’ont donné. Certaines personnes m’ont beaucoup aidé et fait des sacrifices pour moi. Rien que de faire partie des Jeux sera donc une super expérience. Ma famille est très fière, comme ma petite communauté de l’île de la Réunion. À chaque fois qu’un athlète d’une petite communauté va aux Jeux, c’est toujours un grand moment », a déclaré le Réunionnais, qui a quitté l’île pour la France métropolitaine à l’adolescence.

Nouveau contexte, nouveaux défis

Les vagues de la plage de Tsurigasaki, où se déroulera l’épreuve de surf de Tokyo 2020, représenteront un grand défi, même pour l’un des surfeurs les plus expérimentés du circuit. 

« C’est très excitant car je ne me suis jamais vraiment entraîné sur ce type de vagues. C’est nouveau. Je suis sur le circuit depuis si longtemps, et nous sommes habitués à certains types de vagues. Du coup, ça va être un grand challenge pour moi, mais je suis toujours partant pour le challenge. »

Au fil des années, le surf est passé de sport de niche à un business global. Et Florès a été le témoin de cette évolution. Il estime que les documentaires, les médias sociaux et la publicité ont joué un rôle dans la compréhension du sport pour le grand public. 

« Je n’ai jamais pensé que le sport deviendrait si gros. Certains surfeurs voyagent en jet privé et se déplacent en hélicoptère. Je pensais que ce n’arriverait uniquement aux footballeurs. Mais ça arrive dans le surf aussi, ce qui est assez dingue. »

La voie du succès

Florès a toutes ses chances de réussir pour la première épreuve de surf olympique. Avec quatre victoires sur le Championship tour, il sait ce qu’il faut faire pour gagner. Et lorsqu’il gagne, il gagne en grand, en témoigne son succès à domicile lors du Quiksilver Pro France 2019. Une performance historique.

« Ma victoire lors du Quiksilver Pro France était l’un des plus grand moment de ma carrière », a déclaré le premier vainqueur français de l’épreuve. « J’étais devant mon public et on ne vit ça qu’une fois dans une vie. C’était tellement spécial de surfer devant des milliers de personnes. Il y avait environ 30 ou 40 000 personnes sur la plage et de gagner devant tout ce monde, c’est la plus belle chose dont peut rêver un athlète. »

« On pouvait entendre le public hurler. C’était comme dans un stade de foot, c’était fou. Je n’ai jamais vu quelque chose comme ça. »

Le surf à Paris 2024

Ses trois autres victoires ont été remportées sur les vagues les plus emblématiques du monde : celles de Banzai Pipeline au Pipe Master (2010, 2017 - Hawaï) et de Teahupo’o au Billabong Pro (2015 - Tahiti).

Ce n’est donc pas une surprise de l’entendre exprimer son excitation à propos de l’épreuve de surf des Jeux de Paris 2024, qui aura lieux à Teahupo’o.

« L’un des plus beaux endroits au monde, certaines des plus belles vagues du monde avec les meilleurs surfeurs au monde. C’est un peu ce que l’on recherche quand on est surfeur. Mais je suis sûr que c’est aussi ce que l’on recherche lorsqu’on est organisateur, afin d’attirer le plus de monde. »

« C’est la garantie d’avoir les meilleures conditions, les meilleures vagues et le plus grand spectacle. Choisir Tahiti a été une bonne décision. »