Les athlètes français qui ont brillé à Tokyo 2020

Tandis que le rideau s’abaisse sur les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 en 2021, nous passons en revue les athlètes français qui s’y sont distingués, alors que la France se prépare à accueillir les Jeux à Paris en 2024.

Les Jeux de Tokyo 2020, en 2021, seront une édition olympique que la France n’oubliera sans doute jamais.

Le judo tricolore a offert des moments de joie, l’escrime des instants de grâce, tandis que les sports collectifs ont été largement dominés par la France, qui termine en or dans les deux tournois de handball, féminin et masculin.

Alors que les Jeux sont terminés, nous revenons sur les performances des héros français, qui ont su être à la hauteur des défis et briller de mille feux.

Voici certains des athlètes français qui ont le plus impressionné à Tokyo 2020.

Clarisse Agbegnenou et Teddy Riner: Le duo du judo français qui entre dans la légende

Sans l’ombre d’un doute, Tokyo 2020 restera dans les mémoires comme l’un des plus grands crus du judo français, qui y a délivré une véritable leçon.

Dans la mythique enceinte du Nippon Budokan, le temple historique des arts martiaux, les Français ont réalisé la plus grande compétition de judo de leur histoire: un exploit qui restera dans les annales pendant bien des années.

Les judokas français ont quitté les tatamis de Tokyo avec un impressionnant bilan de huit médailles olympiques: deux en or, trois en argent et trois en bronze.

Chef de file de cette délégation multi-médaillée, Clarisse Agbegnenou est encore un peu plus entrée dans la légende en remportant le seul titre qui manquait à son palmarès, pourtant garni de cinq titres aux Championnats du Monde et autant aux Championnats d'Europe: la médaille d’or olympique.

La porte-drapeau de la France a fondu en larmes lorsqu’elle a terrassé son adversaire de la finale de Rio 2016, Tina Trstenjak, d’un waza’ari et arraché la victoire dans la catégorie des -63kg femmes.

2021 Getty Images

Mais, pour la France, la cerise sur le gâteau est arrivée quand elle a mis un terme à la domination sans partage du Japon sur le judo.

Les deux plus grandes nations de la discipline se sont retrouvées en finale de l’épreuve par équipes mixtes. Pour la première fois au programme des Jeux, elle vise à déterminer quel pays est le plus hégémonique sur la scène olympique.

En finale, Teddy Riner, qui a manqué d’un rien de remporter sa troisième médaille d'or olympique en individuel chez les +100kg, laisse ses démons personnels de côté et se montre à la hauteur de cette épreuve par équipes en s’imposant au terme d’un combat éreintant qui se décide au golden score.

Il prend ainsi le meilleur sur le champion olympique de la catégorie inférieure, le japonais Aaron Wolf, d’un waza’ari qui permet à son collectif de remporter la médaille d’or. La victoire de Riner, couplée à celles d’Agbegnenou, Axel Clerget et Romane Dicko, a permis à la France de s’imposer sur le score de 4-1 face aux hôtes japonais.

Avec cette médaille d’or par équipes en poche, Riner, âgé de 32 ans, dispose d’un palmarès olympique composé de trois médailles d’or et deux de bronze.

TOKYO, JAPAN - JULY 31: Team France celebrate victory over Team Japan during the Mixed Team Final to claim the gold medal on day eight of the Tokyo 2020 Olympic Games at Nippon Budokan on July 31, 2021 in Tokyo, Japan. (Photo by Harry How/Getty Images)
TOKYO, JAPAN - JULY 31: Team France celebrate victory over Team Japan during the Mixed Team Final to claim the gold medal on day eight of the Tokyo 2020 Olympic Games at Nippon Budokan on July 31, 2021 in Tokyo, Japan. (Photo by Harry How/Getty Images)
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Nikola Karabatic: Une icône du handball français pour l’éternité

En terrassant le Danemark (25-23) pour s’adjuger la médaille d’or du tournoi de handball masculin de Tokyo 2020, l’équipe de France a écrit l’histoire, devenant la première nation à compter trois titres olympiques en handball masculin.

Pour Nikola Karabatic, légende du handball français, c’est une nouvelle marche grimpée dans l’histoire de son sport.

Car il n’y a rien qu’il n’ait jamais fait. Quadruple champion du monde, triple champion d’Europe, triple meilleur joueur de l’année de l’IHF, il est désormais triple champion olympique.

Déjà considéré comme l’un des plus grands handballeurs de tous les temps, il a réussi à se remettre à temps d’une rupture du ligament croisé antérieur pour être du rendez-vous japonais. Et autant dire qu’il n’a pas ménagé ses efforts dans le tournoi.

Karabatic a inscrit 22 buts et délivré 29 passes décisives au cours des neuf matchs qu’il a disputé avec la France. Il finit la compétition en tant que quatrième meilleur passeur, et au septième rang du classement combiné entre buts et passes décisives.

Nikola Karabatic se bat pour une dernière aventure
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Icône français du handball, Nikola Karabatic a tout remporté dans son sport, et plusieurs fois. La superstar du PSG espère avoir une dernière aventure olympique après qu’il se soit rompu le ligament du genou droit en octobre dernier. Et la difficile convalescence en vaut la peine. "Je veux être prêt pour préparer les Jeux et avoir une chance de me battre pour une place dans l’équipe. Cela va être difficile car les places sont chères", nous raconte-t-il.

Grâce Zaadi: Une fiabilité à toute épreuve sous la pression

Au moment où l’équipe de France de handball féminin pénètre sur le terrain de la finale de Tokyo, tout un pays ne souhaite qu’une chose: sa victoire.

Si l’équipe masculine s’est imposée face au Danemark un jour plus tôt, pourquoi les filles n’arriveraient-elles pas à en faire de même ?

Qui plus est, l’affiche de cette finale n’est autre que la revanche de Rio 2016, lors de laquelle la France s’était inclinée. Les Françaises peuvent-elles donc réussir là où elles avaient échoué il y a cinq ans ?

La pression était au rendez-vous. Grâce Zaadi aussi.

Tout au long du tournoi, la demi-centre, armée de son sang-froid et de sa régularité à toute épreuve, a pallié à tous les besoins de son équipe. Avec 31 passes décisive et 33 buts, Zaadi a montré de quel bois elle était faite pour hausser toujours plus son niveau individuel et celui du collectif.

Et la finale pour la médaille d’or n’a pas fait exception à la règle. La Française a joué un peu plus de 45 minutes, distribué six passes décisives, récupéré trois ballons et bloqué un tir.

La jeune femme de 28 ans peut désormais oublier l’échec de Rio 2016 et se targuer d’être championne olympique.

Gabby Williams porte la France jusqu’au bronze

Jouer pour la France a peut-être coûté sa place à Gabby Williams dans une équipe de la WNBA, mais le choix de cette star du basketball a été largement validé par une médaille de bronze olympique.

La performance de haut-vol de Williams lors de la petite finale (encore un remake de Rio 2016, où la Serbie s’était imposée) reflète à la perfection le visage qu’elle a affiché tout au long du tournoi.

Durant cette rencontre pour le bronze, la joueuse disposant des nationalités française et américaine a inscrit 17 points et capté 8 rebonds, bien entourée par ses coéquipières Endy Miyem et Sandrine Gruda, respectivement auteurs de 16 et 14 points.

Mais le domaine statistique que Williams a le plus dominé du tournoi reste celui des passes décisives. L’athlète de 24 ans en a distillé 27 à Tokyo, soit une moyenne de 4,5 par match. Son sens du sacrifice s’accompagne également de nombreuses interceptions. Avec un total de 17 et une moyenne de 2,8 par rencontre, l’ailière occupe ainsi la troisième place du classement des récupérations de la compétition.

SAITAMA, JAPAN - AUGUST 08: Gabrielle Williams #15 of Team France wipes away a tear during the Women's Basketball medal ceremony on day sixteen of the 2020 Tokyo Olympic games at Saitama Super Arena on August 08, 2021 in Saitama, Japan. (Photo by Kevin C. Cox/Getty Images)
SAITAMA, JAPAN - AUGUST 08: Gabrielle Williams #15 of Team France wipes away a tear during the Women's Basketball medal ceremony on day sixteen of the 2020 Tokyo Olympic games at Saitama Super Arena on August 08, 2021 in Saitama, Japan. (Photo by Kevin C. Cox/Getty Images)
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Rudy Gobert: La ‘Stifle Tower’

Tout au long du tournoi, Evan Fournier et Nando de Colo ont affiché un niveau exceptionnel pour l’équipe de France de basketball masculin. Mais avant tout, il serait difficile de ne pas souligner la présence et l’impact qu’a exercé Rudy Gobert dans la conquête de la médaille d’argent.

Le pivot de 29 ans a dominé de la tête et des épaules les Jeux. Il est aussi le troisième joueur de sa franchise NBA, le Utah Jazz, à remporter une médaille olympique après l’or glané par Deron Williams et Carlos Boozer avec Team USA à Beijing 2008.

Shenzhen, CHINE - 3 septembre 2019 : Rudy Gobert et Nicolas Batum avec l'équipe de France lors du premier tour de la Coupe du monde 2019.
Shenzhen, CHINE - 3 septembre 2019 : Rudy Gobert et Nicolas Batum avec l'équipe de France lors du premier tour de la Coupe du monde 2019.
Photo de Zhong Zhi/Getty Images

Romain Cannone: De l’anonymat à la scène principale

La magie des Jeux opère sur tout le monde. Mais rien ne fait plus vibrer une nation que lorsque l’un de ses athlète bouleverse l’ordre établi et surprend le monde entier en s’imposant.

C’est ce qu’a fait Romain Cannone pour la France à Tokyo 2020, où il s’est défait des trois meilleurs épéistes du monde, dont le Hongrois Gergely Siklosi en finale, pour remporter la médaille d’or olympique de l’épée hommes.

En plus d’être le premier sacre olympique pour la France à Tokyo 2020, le Français n’était jamais monté sur le moindre podium au niveau international en individuel avant ces Jeux au Japon.

Plus jeune membre de l’équipe de France d’escrime, Cannone a mis fin à une longue disette pour son pays en terme de médailles remportées individuellement en escrime. Avant lui, le dernier Français à être monté sur la plus haute marche du podium olympique était Brice Guyart à Athènes 2004.

De plus, la France s’est adjugée sa huitième médaille d’or en fleuret par équipes, une première depuis 20 ans, ainsi que des médailles d’agent au fleuret par équipes et au sabre par équipes chez les femmes, et une dernière en bronze pour Manon Brunet au sabre. Au total, les escrimeurs français repartent de Tokyo avec cinq médailles en poche.

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Anne-Cécile Ciofani: Une machine à marquer des essais

Après avoir terminé à une décevante sixième place sur les terrains de Rio 2016, l'équipe de France de rugby à 7 avait à coeur de se rattraper à Tokyo. Ce qu’elle a fait, en y repartant avec la médaille d’argent autour du cou.

Tout au long des trois jours de compétition, une joueuse des Bleues a en particulier crevé l’écran: Anne-Cécile Ciofani.

Les Jeux Olympiques ont toujours été le rêve de Ciofani. Un objectif hérité de ses parents, tous deux anciens Olympiens.

Mais ce à quoi sa famille ne s’attendait pas, c’est qu’elle opte pour le rugby. Walter et Jeanne, ses parents, ont tous deux eu des carrières de lanceurs, qu’ont également choisi d’épouser les soeurs de Ciofani.

Pendant longtemps, l’athlète de 27 ans suit la même trajectoire que les autres membres de sa famille, s’essayant au lancer du marteau et du disque, mais aussi à l’heptathlon. Mais à la surprise générale, c’est vers le rugby à 7 qu’elle se tourne à l’âge de 18 ans.

Grâce à un corps façonné par l’athlétisme et à un immense talent, Ciofani gravit rapidement les différents échelons du rugby, jusqu’à brillé sous les couleurs de sa sélection à Tokyo. En six matchs, la néophyte olympique a inscrit la bagatelle de sept essais, terminant le tournoi dans la peau de la quatrième meilleure marqueuse de l'épreuve.

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Earvin Ngapeth conduit l’équipe de France à son premier titre

Tokyo 2020 restera à tout jamais une édition des Jeux historique pour le volleyball masculin en France.

Pour la toute première fois, les Français remportent la médaille d’or grâce à une victoire sur le fil, et en cinq sets, face au ROC en finale.

Meilleur marqueur de son équipe dans ce match pour l’or, comme il l’a fait tout au long du tournoi, Earvin Ngapeth a, du haut de ses 30 ans, inscrit un total de 26 points en finale.

Le réceptionneur-attaquant s’est montré impitoyable à Tokyo, où il a totalisé 124 attaques, six blocs et six aces pour terminer à la seconde place des meilleurs attaquants du tournoi.

Pour Ngapeth, le volleyball est une histoire de famille. Plusieurs années après que son père ait porté le maillot français à Séoul 1988, Earvin pourra se targuer d’avoir fait mieux. Car après une modeste neuvième place à Rio, il trône désormais au sommet du volleyball mondial à Tokyo.

Pour un pays qui n’a réussi à se qualifier qu’à quatre reprises pour les Jeux Olympiques dans son histoire, cette médaille d’or en volleyball a un goût unique. Dorénavant, les Français n’ont qu’une chose en tête: conserver leur couronne olympique sur leur propre sol à Paris 2024.

Antoine Griezmann: Supporter numéro un de l’Équipe de France à Tokyo 2020

Les soutiens aux athlètes de l’équipe de France ont afflué sur les réseaux sociaux tout au long des Jeux.

Mais un nom, connu à l’international, s’est distingué avec ses messages de célébration.

Le footballeur Antoine Griezmann a partagé sa joie à chaque succès des Français à Tokyo. Du premier au seizième jour, il s’est réjoui des performances de tous les athlètes portant la même nationalité que lui.

Se pourrait-il que l’international des Bleus soit tomber amoureux des Jeux ?

Sur l’un des messages qu’il a posté sur les réseaux sociaux pendant la Cérémonie d’Ouverture, Griezmann a laissé entendre qu’il aimerait connaître les joies d'une participation aux Jeux Olympiques. Et quelle meilleur endroit pour le faire que lors des Jeux de Paris 2024 organisés en France.