Alexandra Feracci : un grenier en Corse pour préparer Tokyo 2020

Alexandra Feracci dans son grenier aménagé en dojo en Corse.
Alexandra Feracci dans son grenier aménagé en dojo en Corse.

Alexandra Feracci, la n°1 française de kata, s'est qualifiée pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 lors du Tournoi de qualification olympique de karaté à Paris (11-13 juin). Un rêve olympique que la karatéka a préparer entre Paris et son grenier aménagé en dojo à Ajaccio.

« J’ai envie d’écrire l’histoire du karaté. »

Depuis le 3 août 2016, date à laquelle le karaté a officiellement été intégré au programme des Jeux Olympiques de Tokyo 2020, Alexandra Feracci, la n°1 française de kata (l'une des deux disciplines du karaté aux Jeux, avec le kumite), se focalise pleinement sur son rêve olympique.

La médaillée de bronze européen en 2019 a été très heureuse de voir sa discipline enfin représentée aux JO et s'est tout de suite mise au travail pour prendre part à cet événement historique.

« Le rythme a changé, on est dans la cour des grands », explique Feracci à Tokyo 2020, qui a presque triplé son volume de compétitions annuelles, passant de 5 à 14. Mais peu importe les sacrifices et la charge de travail, Feracci veut se rendre aux Jeux Olympiques, d'autant que la discipline quittera le programme des Jeux après Tokyo 2020.

« C’est un "one shot", ça rajoute de la pression. Si je n’y suis pas cette année, je n’y serai jamais. »

À l'issue du Tournoi de qualification olympique (TQO) de karaté, du11 au 13 juin à Paris, l'Ajaccienne a remporté son billet pour les Jeux, rejoignant ainsi Steven Da Costa, qualifié en kumite (combat) chez les -67 kg.

Le karaté dans le sang

Le karaté chez les Feracci, c’est une histoire de famille.

Les parents d’Alexandra ont créé un club à Ajaccio et c’est tout naturellement qu’elle a commencé la discipline dès son plus jeune âge. Elle a bien essayé d’autres sports, mais c’est sur les tatamis qu’elle se sent le mieux et même plus que cela, qu’elle excelle.

Repérée à l’âge de 16 ans, elle intègre l’équipe de France de kata.

« Ce n’est pas moi qui ai choisi le kata. J’avais été détectée en kata et en combat (kumite) mais j’ai appris plus tard que le coach kata avait dit au coach combat, "laisse moi la petite Corse, je pense qu’elle peut aller loin". Je suis contente qu’ils aient fait ce choix pour moi parce que j’aurais eu du mal à choisir. »

Les années s’enchaînent, et les médailles nationales et continentales dans la catégorie juniors aussi.

Mais la jeune femme a une manière bien à elle de s’entraîner.

Entre Paris et Ajaccio

Alexandra Feracci partage ses semaines entre Paris, où elle rejoint son entraîneur Ayoub Neghliz pour des séances spécifiques de karaté, et son grenier qu’elle a transformé en dojo, à Ajaccio.

« C’est mon équilibre. Même si les allers-retours sont fatigant, j’ai l’habitude maintenant et cela me permet de m’entraîner aussi bien avec mon coach qu’avec mes parents et ma petite sœur. »

C’est donc ce grenier qu’elle a équipé de machines pour sa préparation physique, d'un tatami et plus surprenant encore, d'une télévision pour des analyses vidéo. En quelques mots : pour se préparer aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

« Parfois, je fais des simulations de passage et je mets un fond sonore de compétition sur la télévision. »

En Corse, Alexandra s’entraîne donc avec ses parents. Son père est ceinture noire 7e dan et sa mère est arbitre nationale de karaté. Elle bénéficie donc de l’œil d’expert de sa mère pour la corriger et lui apporte aussi un regard féminin qu’elle apprécie tout particulièrement.

« J’ai une équipe principalement masculine, mais dans les juges, il y a des hommes mais aussi des femmes et je trouve cela super important que ma mère vienne m’apporter cette touche féminine. »

Ces petits détails comme ceux que peut lui apporter sa mère peuvent faire la différence dans son objectif de médaille à Tokyo 2020.