5 choses à savoir sur Steve Guerdat

Barcelone, ESPAGNE - 6 octobre 2019 : Le Suisse Steve Guerdat avec Venard De Cerisy durant la finale de la Coupe des Nations 2019.
Barcelone, ESPAGNE - 6 octobre 2019 : Le Suisse Steve Guerdat avec Venard De Cerisy durant la finale de la Coupe des Nations 2019.

Numéro 2 mondial, Steve Guerdat a remporté la Coupe des Nations à La Baule, ce vendredi 11 juin avec l'équipe de Suisse. Le cavalier, champion olympique de saut d'obstacles à Londres 2012, est un véritable héros dans son pays. Mais le connaissez-vous vraiment ? 

Sacré champion olympique de saut d'obstacles avec Nino des Buissonnets lors des Jeux Olympiques de Londres 2012, Steve Guerdat est une légende du sport helvétique.

Celui dont le père a participé aux Jeux de Los Angeles 1984 et Séoul 1988 a déménagé aux Pays-Bas en 2003 pour travailler avec Jan Tops, le champion olympique 1992 de saut d'obstacles devenu marchand de chevaux.

Un an plus tard, il a participé à ses premiers Jeux Olympiques. C'était avant de gagner le bronze par équipes aux JO de Beijing 2008 puis le titre olympique en individuel à Londres. S'il est passé à côté d'une médaille à Rio, Steve Guerdat vise désormais les Jeux Olympiques de Tokyo 2020, en 2021 où il aura 39 ans pour ses cinquièmes JO.

Devenu père au mois d'avril, Guerdat a prouvé que ce nouveau rôle n'a pas impacté son rendement. En mai, avec Venard de Cerisy, le triple vainqueur de la Finalede Coupe du Monde s'est imposé à Saint-Tropez lors du premier Grand Prix CSI 5* de la saison. Depuis, le natif de Bassecourt a confirmé en remportant pour la deuxième fois consécutive la Coupe des Nations à La Baule avec l'équipe de Suisse.

Pour mieux connaître l'un des cavaliers les plus attendus des Jeux Olympiques de Tokyo 2020, voici cinq choses à savoir sur lui.

Équitation Finale Obstacles Indiv | Londres 2012 | Grands Moments Olympiques
03:13:52

Regardez la finale du saut d'obstacles individuel depuis Greenwich Park durant les Jeux Olympiques d'Été de Londres 2012. Steve Guerdat a remporté l'or pour la Suisse, Gerco Schroder l'argent pour les Pays-Bas et Cian O'Connor le bronze pour l'Irlande.

1. De Michael Jordan au saut d'obstacles

Steve Guerdat a grandi en idolâtrant un athlète qui n'a aucun lien avec l'équitation : Michael Jordan. L'an passé, dans une interview accordée à la Fédération équestre internationale , il a confié que l'ancien basketteur était le héros de son enfance.

« J'ai toujours été un fan de sport et son histoire est une source d'inspiration. Normalement, un athlète est au top sur un laps de temps réduit mais avec lui, vous n'étiez jamais déçu. C'était une leçon de vie et de sport en terme de compétitivité et quand j'étais enfant, j'étais fou de ça », a expliqué le Suisse.

Dans le monde de l'équitation, il a avoué admirer son père et John Whitaker qui a participé aux Jeux Olympiques à six reprises. Si Guerdat admire le Britannique, c'est pour « à peu près les mêmes raisons » que Michael Jordan.

« Avec John, tout paraît si simple. Je pense qu'il ne se rend même pas compte de ce qu'il réalise tant c'est naturel pour lui. Les chevaux lui répondent et c'est juste normal pour lui de concourir et de gagner de la manière dont il le fait. En tant que cavalier, c'est une véritable source d'inspiration ».

Et dans le sens inverse ? Devenu une référence mondiale, Steve Guerdat est désormais loin d'être à l'aise avec l'idée d'inspirer la nouvelle génération. « Je ne me vois pas comme quelqu'un de si doué. J'ai confiance en ce que je fais, mais j'ai encore souvent l'impression d'être mauvais à cause des progrès qu'il me reste à faire pour ne plus faire autant d'erreurs. Je n'arrive même pas à croire que je puisse être un héros ou quelqu'un capable d'inspirer les autres. »

2. Steve Guerdat a une statue à son effigie

En Suisse, Steve Guerdat n'est peut-être pas aussi populaire que Roger Federer, mais il a obtenu un honneur que le tennisman n'a pas encore reçu.

Alors que le joueur aux 20 titres du Grand Chelem a donné son nom à une rue de Bâle, sa ville natale, le cavalier a une statue à son effigie à Bassecourt. La ville du canton de Jura qui a vu grandir le numéro 2 mondial de saut d'obstacles a décidé de l'honorer avec une sculpture qui le représente entrain de célébrer le titre olympique remporté en 2012 avec Nino des Buissonnets.

L'œuvre d'art a été réalisée par Andre Voirol et dévoilée en 2015 lors d'une journée qui a mis Steve Guerdat à l'honneur.

3. Son cheval favori n'est pas celui que vous pensez

Si vous pensez que le cheval préféré de Steve Guerdat est celui qui lui a offert le titre aux Jeux Olympiques de Londres 2012, vous vous trompez. Le cavalier préfère Jalisca Solier à Nino des Buissonnets. Avec cette jument, il a remporté le bronze par équipes aux JO de Pékin et la finale du Top 10 IJRC organisée à Genève en 2010.

« C'est tout simplement le cheval avec lequel j'ai fait le plus de progrès dans ma carrière. Je ne veux pas dire que Jalisca Solier m'a sauvé mais j'étais au fond du trou sportivement quand elle a réussi à me remettre dans la lumière en se donnant toujours à 200 % pour moi. C'était la jument la plus gentille au monde. Elle était toujours là pour se battre pour moi. C'est le meilleur cheval que j'ai vu dans ma carrière », a avoué Steve Guerdat au site de la Fédération équestre internationale.

Le cavalier de 39 ans ne rêve d'aucun cheval qu'il n'a pas encore eu l'occasion de monter. « Non parce que j'ai déjà monté le meilleur cheval de l'histoire du saut d'obstacles, Tepic La Silla ! Ce n'était que pendant trois ou quatre mois mais j'ai gagné ma première médaille aux Championnats d'Europe en 2003 et plusieurs Grand Prix », a-t-il expliqué.

Si leur association n'a été que de courte durée, c'est parce que Jan Tops a trouvé un acheteur pour Tepic La Silla. Frustré par la vente de plusieurs chevaux, Steve Guerdat est finalement parti trois ans plus tard.

« J'aurais aimé l'avoir plus longtemps mais je sais que j'ai été un privilégié en ayant la chance de l'avoir pour quelques épreuves car c'état un cheval incroyable. Il avait tout. Pour moi, c'est tout simplement le meilleur ! » relativise aujourd'hui Steve Guerdat.

Bien sûr, il garde une affection particulière pour Nino des Buissonnets qui est en retraite dans sa ferme à Elgg.

4. Steve Guerdat a failli représenté l'Ukraine

Après avoir quitté Jan Tops en 2006, Steve Guerdat a accepté de collaborer avec l'Ukrainien Oleksandr Onischtschenko. Le magnat qui a fait fortune dans les hydrocarbures lui a offert l'opportunité de travailler avec ses chevaux sur le long terme. C'était la chance d'une vie pour le cavalier de 23 ans qui obtenait une voiture de fonction, un appartement et quatre ans de salaires en un versement.

Pour que l'accord soit signé, il n'y avait qu'une condition : que le Suisse change de nationalité pour représenter l'Ukraine lors des Jeux Olympiques de Londres 2012. En mai 2006 à La Baule, alors qu'il s'apprêtait à signer le contrat, il a finalement refusé.

« Ça ne me semblait pas juste » a admis plus tard Steve Guerdat au site rolexgrandslam.com. Il a alors tout rendu. Sans argent ni cheval à monter, le natif de Bassecourt a été cherché par son frère. Cette situation l'a empêché de participer aux Jeux équestres mondiaux en 2006 mais Yves Piaget est venu à son chevet en lui offrant Jalisca Solier.

Le reste appartient à l'histoire.

5. Il s'est trompé de pays pour un concours

Vous avez peut-être entendu l'histoire de Bojana Jovanovski, une joueuse de tennis serbe qui en 2011 s'était rendue à Carlsbad dans le Nouveau-Mexique pour participer à un tournoi alors qu'il avait lieu à Carlsbad en Californie ?

En 2003, à une époque où les GPS n'étaient pas encore commercialisés, Steve Guerdat a connu une mésaventure semblable quelques temps après avoir commencé sa collaboration avec Jan Tops.

« Il y avait un saut d'obstacles dans une ville qui s'appelle Heikant. J'ai conduit le camion pendant trois heures avec le groom et huit chevaux mais quand on est arrivé, on était incapable de trouver le parc équestre. On a cherché pendant longtemps avant de réaliser que nous étions à Heikant en Belgique alors que le concours était à Heikant aux Pays-Bas. Heureusement, ce n'était pas trop loin, et après deux heures supplémentaires de route, nous y sommes arrivés en ne ratant que quelques passages. »