Vanessa Mballa : première médaille olympique pour le judo camerounais ?

La judokate camerounaise Hortence Vanessa Mballa Atangana, actuellement 14e au classement olympique dans la catégorie des +78 kg, veut écrire l'histoire à Tokyo 2020. Forte d’un quatrième titre de championne d’Afrique à Antananarivo en décembre et d’une cinquième place au Masters en janvier, Mballa croit en ses chances de médaille.

Photo de Photo de IJF media

Avec la pandémie de COVID-19 et la suspension de bons nombres de compétitions, il fallait être performant sur les rares rencontres de 2020 et du début 2021. Performante, Vanessa Mballa l'a été. En février 2020, avant que les compétitions soient annulées ou reportées, la judokate camerounaise (+78 kg) montrait déjà qu'elle pouvait réussir dans les compétitions les plus prestigieuses du World Tour de judo au Grand Slam de Dusseldorf, en Allemagne.

« C’est ma première médaille dans un Grand Slam et c’est une première pour le Cameroun aussi, c’est l’un de mes plus beaux souvenirs. J’espère qu’il y en aura d’autres », déclarait alors Vanessa Mballa à MadamSport.

En attendant d'autres médailles en Grand Slam, elle remportait dix mois plus tard son quatrième titre de championne d’Afrique à Antananarivo (Madagascar), en battant Sonia Asselah, la porte drapeau de l'Algérie aux Jeux Olympiques de Rio 2016.

Et c'est au début de l'année 2021 qu'elle a de nouveau fait forte impression à l'échelle internationale. Lors du Masters de Doha, du 11 au 13 janvier 2021, qui rassemble les 36 meilleurs judokas au monde dans chaque catégorie, l'athlète camerounaise a terminé 5e de sa catégorie.

Elle confirmait donc l'ambition de son entraîneur Rodrigue Chenet qui, en 2018, annonçait clairement l'objectif des prochaines années.

« L’objectif ultime, ce seront les Jeux Olympiques de 2020, à Tokyo. Elle n’ira pas au-delà et visera un podium, là-bas. Il faudra arriver aux JO parmi les têtes de série, les 16 meilleures. »

Actuellement 14e au classement olympique, les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 deviennent de plus en plus concrets pour Mballa. Elle qui pourtant ne se prédestinait pas au judo.

Ses débuts

Plus jeune, Vanessa Mballa était une enfant agitée avec une énergie débordante difficile à contenir. C'est pourquoi sa mère lui a suggéré de faire du judo.

« J’étais une enfant trop turbulente à l’école, alors ma maman m’a dit "tu vas aller te calmer et faire du judo" », expliquait elle.

Vanessa a donc commencé à fouler les tatamis à l'âge de 11 ans. Fatiguée de déchirer ses survêtements à l’entraînement, elle s'est arrêtée une année, jusqu'à ce que son entraîneur lui offre son premier kimono. Depuis, elle n’a plus jamais arrêté.

En 2010, parvenue au haut niveau, elle a la ferme intention de participer aux Championnats d’Afrique. Mais avant cela, il a fallu battre les « grandes soeurs » et devenir championne du Cameroun.

« Je me suis donnée comme objectif de battre la championne pour pouvoir faire les Championnats d’Afrique. Je l’ai battue et j’ai fait les Championnats d’Afrique, mais par équipe. C’est à ce moment que j’ai intégré l’équipe nationale et je n’en suis plus ressortie depuis. »

En 2011, la Camerounaise arrive en France au pôle espoirs de Rouen grâce à une bourse du Comité International Olympique (CIO). L'année suivante, pendant un stage de préparation olympique, elle est repérée par Rodrigue Chenet l'entraineur du Judo Club de Château-Gontier. Conscient de son potentiel, il la convainc de le rejoindre en Mayenne pour monter leur projet olympique.

La désillusion de Rio 2016

Le travail a payé puisque Vanessa Mballa a décroché son ticket pour les JO de Rio 2016. Pour sa première participation aux Jeux Olympiques, elle avait bien l'intention d'offrir une nouvelle médaille au Cameroun qui n'en compte que cinq dans toute son histoire olympique (une en or en athlétisme, une en football, une argent et en bronze en boxe).

Elle arrivait à Rio au côté de 23 de ses compatriotes (dont 12 de l'équipe de volleyball). Elle était la seule à représenter son pays en judo. La pression était grande pour la judokate.

Et la chute a été sévère. Sanctionnée à deux reprises, elle est éliminée dès le premier tour par la Polonaise Daria Pogorzelec.

« S’en était suivie une période de dépression, où elle avait coupé avec le judo, indique Rodrigue Chenet. Je l’avais incitée à passer son permis et des diplômes pour entraîner le judo, ce qu’elle a fait. Elle avait aussi pris trente kilos en six mois… »

Il a fallu digérer cet échec amer et faire preuve de résilience car elle sait qu'elle à une carte à jouer aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Elle a mit toutes les chances de son côté, notamment en quittant son travail pour se concentrer uniquement sur sa préparation.

« Sa vie, c’est boulot, judo, dodo… Elle est très volontaire » a déclaré son entraineur.

Une médaille à Tokyo, moi j’y crois et mon coach aussi.

Objectif Tokyo 2020

Mais l’annonce du report des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 à 2021 a été un gros coup dur pour la judokate.

« J’ai un peu craquée », avoue-t-elle. « Mais je me suis dit, un an ce n’est rien finalement. J’ai déjà fait le plus dur, je peux attendre un an de plus et ça me permet de mieux me préparer pour aller chercher cette médaille dont je rêve tant. »

Son entraîneur, conscient que la nouvelle l’avait ébranlée, lui a laissé un peu de temps pour souffler et digérer l’information avant de reprendre l’entraînement.

« Pendant le confinement, on s’entrainait en visioconférence, on faisait de la préparation physique le matin et le soir et de mon côté je faisais des exercices de judo dans mon appartement. »

Une méthode d’entrainement alternative qui a porté ses fruits puisque Vanessa Mballa est allée chercher son quatrième titre de Championne d’Afrique en décembre dernier dans la catégorie des plus de 78 kilos.

« Une médaille à Tokyo, moi j’y crois et mon coach aussi. »

Concurrence à Tokyo 2020

Mais avant de pouvoir savourer une éventuelle médaille, Mballa devra battre les grandes favorites de sa catégorie et notamment la Cubaine Idalys Ortíz, première au classement mondial et vice-championne olympique en titre. Elle sera peut être amenée a recroiser la route de la Crésilienne Maria Suelen Artheman la numéro trois mondiale, disqualifiée aux Masters de Doha face à Mballa.

La Française Romane Dicko, double championne d'Europe et 10e au classement mondial à seulement 21 ans sera également une adversaire de taille pour la camerounaise.

La compétition s'annonce rude, mais Vanessa Mballa gardera son objectif bien en vue : remporter la toute première médaille olympique en judo pour le Cameroun.

La compétition de judo à Tokyo 2020 débutera le 24 juillet 2021 au Nippon Budokan.

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