Tokyo 2020, la revanche de Pascal Martinot-Lagarde ?

Pascal Martino-Lagarde n’a pas été épargné par les blessures depuis deux ans. Mais le spécialiste français du 110 m haies est qualifié pour la finale à Tokyo 2020, le jeudi 5 août. Une belle revanche.

Photo de Photo de Christian Petersen/Getty Images

Le hurdleur de 29 ans aurait sans doute voulu se préparer pour sa deuxième participation aux Jeux Olympiques avec davantage de sérénité. Mais Pascal Martinot-Lagarde n’a pas eu le choix et a dû composer avec les blessures.

Deux ans de galère

Pendant deux ans durant, le hurdleur qui a fini quatrième aux Jeux de Rio 2016 a galéré avec les blessures. En février 2020, il doit mettre un terme à sa saison en salle après une inflammation des ischios-jambiers droit. Il déclare forfait pour les Championnats de France. En août 2020, à un an des JO reportés, il se rend à Turku en Finlande pour disputer son premier meeting de la saison estivale. Mais à l’échauffement, il ressent une douleur au quadriceps gauche.

« J’avais eu mal un mois plus tôt, un peu plus haut à la même jambe », expliquait alors le médaillé de bronze aux Championnats du monde 2019 à L’Équipe. « On avait levé le pied et j’avais pu reprendre sans douleur. Mais là, le quadri a tiré, j’ai senti une petite lésion et mieux valait ne pas forcer et risquer la catastrophe. »

Le voilà donc forfait pour ce meeting. Et quand il pense pouvoir revenir pour la saison hivernale, son corps lui dit que ça suffit. Ainsi, fin janvier 2021, alors qu’il est au meeting de Karlsruhe en Allemagne, il souffre d’une lésion de grade 2 à l’ischio-jambier lors du 60 m haies. Il croit pouvoir reprendre aux Championnats d’Europe de Torun en Pologne début mars, mais c’est toujours niet.

Surtout que ses problèmes ne sont pas que musculaires cette fois. « En plus de cette blessure, j'ai eu une angine qui m'a cloué au lit avec une fièvre horrible », avait-il déclaré à L’Équipe. « C'est la première fois de ma vie que j'ai faibli mentalement. Cette fièvre m'a mis K.-O., je n'ai pas la force de continuer. J'avais prévu de revenir pour les Championnats d'Europe mais là j'abandonne. J'ai utilisé mon joker pour 2021 et je ferai en sorte que rien ne m'arrête cet été. »

Des derniers mois en dents de scie

Parce que « cet été », ce sont les Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Et sa préparation a là aussi été loin d’être idéale. Le 2 juin, par exemple, Martinot-Lagarde annonce renoncer à deux meetings sur son compte Instagram : « Par précaution suite à mon alerte à l’adducteur, j’ai annulé avec frustration ma participation aux meetings de Montreuil et Hengelo. […] J’ai la pêche et ma saison débutera le 10 juin à la Diamond League de Florence. J’AI HÂTE. »

Il participe bien à cette étape de la Diamond League et termine le 110 m haies en 14,26 s. Mais peu importe le chrono, Martinot-Lagarde retrouve ses sensations. Les Championnats de France arrivent à Angers, du 25 au 27 juin, et il aimerait impressionner pour valider sa sélection dans l’équipe de France en partance pour le Japon. Il a bien réalisé les minima en 2019 en décrochant le bronze aux Championnats du monde à Doha, mais encore faut-il toujours être performant à quelques semaines de s’envoler pour Tokyo.

Mais il est obligé de renoncer, là encore. La faute à cette blessure aux ischios-jambiers droits. « Ces deux dernières années ont été horribles », avouait-il sur France 3 Grand-Est. « J’ai couru à la catastrophe blessure après blessure. Le plus gros point noir dans ma préparation de ces derniers mois, c’était lors d’une compétition l’hiver dernier. Je me suis blessé l’ischio droit. Les séquelles de cette blessure perdurent aujourd’hui encore. »

En revanche, près de deux semaines plus tard, il revient sur les pistes d’athlétisme à Nancy le 5 juillet avec un chrono en 13,45 s. Puis à Sotteville le 11 juillet avec un chrono de 13,70 s.

Depuis, tout semble se passer pour le mieux pour le Français qui a déjà réalisé le meilleur chrono de sa saison lors des demi-finales des Jeux Olympiques : 13,25 s. Suffisant pour se qualifier pour la finale ! Il espère maintenant que les blessures le laisseront tranquille, au moins le temps de la prochaine course.

« Je suis opérationnel, capable de faire des compétitions, courir, sprinter, mais en serrant les dents », ajoutait-il à France 3 Grand-Est. « J’ai toujours une douleur qui ne me permet pas de m’exprimer à fond. La clé pour faire de grosses performances, ce serait d’oublier cette douleur et de foncer. »

Le jeudi 5 août à 12h55 (heure locale, 4h55 françaises), c’est exactement ce qu’il va essayer de faire : foncer. Pour prendre sa revanche.