Tifany Huot-Marchand : un objectif olympique avant un rêve professionnel

Championne d'Europe et vice-championne du monde de relais en short-track, Tifany Huot-Marchand ne vise rien d'autre qu'un podium aux Jeux Olympiques d'hiver de Beijing 2022. Après les JO, la Française tentera de réaliser un autre rêve : devenir maîtresse d'école.

Par Nicolas Kohlhuber
Photo de Vincent Riemersma

Le short-track français vit actuellement une des périodes les plus fructueuses de son histoire.

Avec un titre européen et une médaille d'argent aux Championnats du monde, le relais féminin tricolore a particulièrement brillé lors de la saison 2020-2021. Et Tifany Huot-Marchand a joué un rôle important dans ces succès.

À 27 ans, la Française s'est également imposée en individuel en Coupe du monde la saison précédente et avec son expérience olympique à PyeongChang 2018, le rêve d'une médaille aux Jeux d'hiver de Beijing 2022 est devenu un objectif.

La première étape se déroulera du 21 au 24 octobre à Pékin, lors de la Coupe du monde de Pékin, épreuve test des JO et première des quatre compétitions qualificatives.

Ensuite, l'athlète étudiante en Métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation se focalisera sur son concours de professeure des écoles afin de réaliser un rêve d'enfance.

Elle s'est confiée à Olympics.com.

Et si la France décrochait la première médaille olympique de son histoire en short-track à Beijing 2022 ? Avec un relais féminin champion d'Europe et vice-champion du monde lors de la saison 2020-2021, cette possibilité est réelle.

« On est sur une pente ascendante. Les adversaires nous regardent différemment. Elles ont un peu peur de nous. Ça nous met en confiance. On commence à avoir un statut et on l'assume », a fait remarquer Tifany Huot-Marchand.

Dans cette équipe de France féminine, la short-trackeuse de 27 ans a un statut particulier. Et pas seulement en raison de sa position de dernière relayeuse. Parmi les quatre Françaises, elle est la seule qui était déjà là à PyeongChang 2018. Elle a terminé 22e sur 500 m et 23e sur 1 500 m. Puis la Franc-Comtoise a rapidement mis le cap sur les Jeux Olympiques d'hiver de Beijing 2022. Avec des ambitions élevées.

« C'était incroyable. J'en garde un très bon souvenir. Après les Jeux, je me suis dit : je veux y retourner mais cette fois pour ramener une médaille. J'y ai pensé tous les jours.»

Des résultats mondiaux qui changent tout sur la route de Beijing 2022

À l'entame de la saison olympique 2021-2022 et des qualifications pour Beijing 2022, Tifany Huot-Marchand vise un quota sur les trois distances individuelles, en relais femmes et dans le nouveau relais mixte. Pour y arriver mais aussi monter sur le podium au Palais Omnisports de la Capitale, la native de Besançon a tout fait pour continuer sa progression.

« J'ai énormément travaillé sur la préparation mentale. J'ai aussi modifié la préparation physique pour mettre l'accent sur les qualités physiologiques. J'ai également appris à être plus patiente. »

Ces efforts ont rapidement été récompensés. Vice-championne d'Europe du 1 000 m en 2019, elle a aussi ramené une médaille de bronze de l'étape de Coupe du monde organisée à Dresden (Allemagne) pendant la saison 2019-2020. C'était son premier podium en individuel à ce niveau. Un déclic.

« C'est une étape de plus. C'est une marche de plus qui a été gravie sur la route de Beijing », précise la seule short-trackeuse tricolore en activité à avoir réussi un top 3 à ce niveau en individuel.

« Gagner le sac de billes à la récréation »

Pour elle, un tel succès, « c'est comme gagner le sac de billes à la récréation. C'est une satisfaction. Ça ne dure pas longtemps, juste le temps d'une course. On reçoit la médaille et on pense à la course d'après mais pendant cet instant, tout ce pourquoi on travaille est récompensé. C'est plus fort que tout. »

Et si la comparaison peut faire sourire, elle n'a rien de hasardeuse. Tifany Huot-Marchand a un double-projet, une nécessité pour beaucoup d'athlètes olympiques.

En plus de sa carrière sportive, elle suit un Master en Métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation pour devenir professeure des écoles.

« On ne vit pas du short-track. C'est un fait et on s'y est fait. Il faut anticiper et avoir un suivi tout au long de sa carrière, sinon c'est impossible », explique celle qui avait aussi lancé une cagnotte en ligne pour l'aider à financer des stages à l'étranger l'an passé.

Même « si l'équilibre n'est pas toujours facile à trouver », la poursuite de ses études lui permet de ne pas penser qu'à la glace.

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« Je rêvais d'être professeure, pas des JO »

« Le fait d'avoir des études à côté, cela permet de s'aérer la tête. De cette manière, on fait aussi travailler la tête et pas que le corps », philosophe l'étudiante qui profite d'un parcours dédié aux sportifs de haut-niveau pour suivre les cours à distance et à son rythme. En cette année olympique, elle a décidé de ne suivre qu'une matière pour pouvoir « tout miser sur les Jeux ».

Remporter une médaille olympique est son unique objectif cette saison. Pourtant, ce n'était pas son ambition quand elle était plus jeune.

Alors qu'elle a commencé le short-track à neuf ans en suivant une voisine à la patinoire de Belfort avec sa sœur jumelle, Tifany Huot-Marchand ne s'imaginait pas concourir au niveau international. « Quand j'étais plus jeune, je rêvais d'être professeure et pas de faire les Jeux Olympiques », se rappelle celle qui a commencé à penser aux JO en 2010, au moment de son arrivée en équipe de France.

La Française ose même une comparaison. « J'adore les enfants, surtout les petits, ils n'ont pas de filtre. Ils sont un peu comme moi quand ils attendent la récréation pour jouer dehors. Pour moi, la glace c'est un peu la récréation tous les jours. »

Entre le short-track et le professorat, les parallèles ne s'arrêtent pas là.

Une histoire de relais

Dans sa carrière de short-trackeuse, la transmission est aussi importante. Au point de faire le relais entre deux générations ? Pas impossible...

« J'ai sûrement joué le rôle de relais. Véronique Pierron m'a beaucoup aidé. Peut-être que ça s'est fait naturellement quand elle est partie », pense l'ancienne coéquipière de la double médaillée de bronze des Championnats d'Europe 2015. Quand cette dernière est partie à la retraite, le relais féminin français qui avait vu le jour en 2015 après dix ans d'absence a été rajeuni avec l'intégration d'Aurélie Lévêque.

« On a reconstruit l'équipe, on est reparti sur une nouvelle équipe et un vent de fraîcheur est arrivé qui a permis les résultats de l'an passé » a analysé la membre la plus expérimentée de l'équipe.

Désormais, les Françaises peuvent espérer que ce souffle nouveau les mène jusqu'à Beijing. Là-bas, en ayant retenu les leçons de sa première expérience olympique, Tifany Huot-Marchand pourra espérer faire la différence. Et peut-être permettre au relais féminin de marquer l'histoire du short-track tricolore.

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