Thomas Bussard : "Les JOJ, c’est l’événement de l’année !"

Âgé de 17 ans, le Suisse Thomas Bussard est particulièrement enthousiaste à l’idée de participer aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de Lausanne où le ski-alpinisme sera intégré pour la première fois au programme des compétitions. Fils d’un ancien champion, il partage sa passion avec son frère jumeau Robin avec qui il avait réussi un doublé lors des Championnats du monde cadets en 2019.

Photo de ISMF Press Office / Thomas Bussard

Comment envisages-tu ces premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse en ski-alpinisme ?

Pour nous, c’est l’événement de l’année. C’est incroyable de pouvoir participer aux Jeux Olympiques de la Jeunesse. C’est du jamais vu dans notre sport. Pour l’instant, le ski-alpinisme ne figure pas au programmedes Jeux Olympiques, mais on espère que ce sera une étape et qu’on pourra le pratiquer aussi aux Jeux à l'avenir.

Comment as-tu découvert cette discipline ?

En fait, mon père a été deux fois champion de Suisse et c’est lui qui nous atransmis le virus. J’étais sur des skis dès mon plus jeune âge. J’ai découvert la compétition il y a trois ans. Avant, j’en faisais avec mes parents pour le plaisir ou avec les copains. J’ai toujours été très compétiteur alors j’ai essayé d’en faire en course et comme j’ai eu de bons résultats, cela m’a donné envie de continuer.

Thomas Bussard
Photo de ISMF Press office / Thomas Bussard

Qu’est ce qui t’as plu dans le ski-alpinisme ? C’est une discipline tout de même assez physique…

Moi, ce qui me plaît surtout, c’est d’être en montagne. C’est ma passion. Et comme j’ai un esprit de compétiteur, cela me correspond bien. Ce qui me plaît aussi, c’est que c’est une discipline très variée. On peut avoir des courses d’une heure et demie comme les individuelles et aussi avoir des sprints qui durent à peine trois minutes.

Est-ce qu’il t’arrive de pratiquer d’autres activités en montagne ? Est-ce que tu grimpes des sommets ?

Oui, absolument. Il est clair que pendant la saison, on n’a pas trop le temps de faire autre chose que du ski-alpinisme mais lorsque la saison est finie, oui, on va aller grimper en montagne. Faire des 4 000, de la grimpe. C’est sympa d’aller en haute montagne avec mon père. J’ai fait le Weissmies, un 4 000 en Valais ou le Breithorn, des choses comme ça. Mais je n’ai pas énormément de temps pour m’y consacrer.

Comment s’entraîne-t-on en ski-alpinisme ?

L’été, on s’entraîne en vélo, en ski-roues et en course à pied. On travaille beaucoup en endurance parce que l’effort de base est tout de même assez long. On travaille aussi le punch pour le sprint. On s’entraîne entre 8 et 12 heures par semaine en moyenne. L’hiver, il y a beaucoup de travail sur les skis bien entendu.

Es-tu aussi à l’aise sur le format traditionnel d’1h30 que sur les sprints ?

Lors des Jeux Olympiques de la Jeunesse, il n’y aura une épreuve individuelle, un sprint et un relais. Moi, je préfère le format de l’épreuve individuelle, mais à notre âge il est important de ne pas se spécialiser. On ne peut pas faire que des montées verticales, que des sprints ou que des épreuves individuelles. Il faut être bon partout.

Thomas Bussard
Photo de ISMF Press Office / Thomas Bussard

Les sprints sont assez particuliers avec les peaux sous les skis, les montées, le portage, la course, les skis en mode descente...

Oui, on s’entraîne à ça tous les jours. Il y a beaucoup de manipulations. Et ce n’est pas du tout inné comme l’endurance par exemple. Ces manipulations demandent de la pratique et si on progresse dans ce domaine, cela peut vraiment faire la différence dans les sprints.

Il est aussi assez original de partager sa passion avec son frère jumeau. Avec Robin, vous êtes vraiment très proches en termes de niveau ?

Oui, on a le même programme d’entraînement. On est ensemble tous les jours. C’est une force par rapport aux autres. Nous, on ne s’entraîne jamais seuls. Dans les séances un peu plus difficiles, les intervalles, cela nous tire vers le haut. C’est très motivant.

Apparemment, l’entente est excellente entre vous…

C’est sûr qu’on peut avoir quelques prises de tête comme tous les frères et sœurs, mais on s’entend hyper bien. C’est vraiment chouette. Et puis comme on a le même niveau, on est toujours ensemble quand on est en course. 

Comment envisages-tu les Jeux Olympiques de la Jeunesse ? Est-ce une compétition qui te fait rêver ?

Parler de Jeux Olympiques, c’est déjà énorme. Comme c’est à la maison, j’espère vraiment pouvoir y participer. Tout le monde en parle. On ne peut pas ouvrir un journal sans voir des articles. C’est vraiment très exaltant de penser à la cérémonie d’ouverture avec des athlètes de plein de sports différents et de plein de pays. Pour nous, c’est comme des vrais Jeux Olympiques.

As-tu des héros olympiques ?

Dans mon sport, je n’ai pas de héros olympique vu qu'il ne figure pas encore au programme olympique, mais sinon dans les autres sports, je suis assez fan du fondeur Johannes Høsflot Klaebo.

Pour quelle raison ?

J’ai du mal à l’expliquer. J’aime sa façon d’être. De réussir à gagner quand il le faut. Et puis être champion olympique à son âge, c’est un modèle pour nous.