Tessa Worley : « Il faut se lâcher »

Tessa Worley se prépare à participer aux Jeux Olympiques d'hiver pour la troisième fois de sa carrière. À Pékin, la skieuse de 32 ans veut réaliser son rêve en montant sur le seul podium qui s'est pour le moment refusé à elle. 

Par Nicolas Kohlhuber avec Guillaume Depasse
Photo de 2018 Getty Images

Avec 32 podiums en Coupe du monde et cinq médailles mondiales dont trois en or, Tessa Worley est la figure de proue du ski alpin féminin français. Mais malgré son incroyable palmarès, la skieuse du Grand-Bornand n'a pas encore réussi à monter sur un podium aux Jeux Olympiques d'hiver.

En février 2022 à Pékin, pour sa troisième tentative, ça sera son objectif. Un moyen pour elle de réaliser son rêve de compléter le triptyque globe de cristal - titre mondial - médaille olympique.

Dans un entretien exclusif à Olympics.com, la Française de 32 ans qui sera aux départs des deux géants de Courchevel (21-22 décembre) a expliqué pourquoi les Jeux Olympiques d'hiver de Beijing 2022 seront spéciaux pour elle.

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« Ça me fait rêver, ça me met des étoiles dans les yeux. J'ai vraiment à cœur d'être là-bas, d'être performante et surtout de pouvoir savourer cet instant. J'ai envie de me faire très plaisir aux Jeux. »

Les Jeux Olympiques d'hiver de Beijing 2022 sont dans un peu plus d'un mois, mais Tessa Worley est déjà impatiente d'y être. Il faut dire que ces JO d'hiver seront particuliers pour elle. À 32 ans, la Française va tenter d'y décrocher le seul titre qu'elle n'a pas encore à son palmarès. La skieuse du Grand-Bornand a déjà remporté le petit globe du slalom géant en 2017, elle a déjà été championne du monde à quatre reprises dont deux en slalom géant, mais elle n'est encore jamais montée sur un podium olympique. Beijing 2022 sera l'occasion d'y remédier.

« C'est un rêve, une envie que j'aimerais assouvir. Le globe de cristal, les Championnats du monde et les Jeux Olympiques d'hiver sont les trois plus belles choses qu'on peut trouver dans le palmarès d'un skieur. J'aimerais compléter le mien. »

Pour y arriver, la skieuse aux 224 départs en Coupe du monde et deux participations aux Jeux Olympiques d'hiver va pouvoir compter sur l'expérience. Mais pas que.

« J'espère que l'expérience va jouer, mais il ne faut pas trop y réfléchir, il faut se lâcher, ça va être à celle qui jouera sa chance à fond », a admis la skieuse qui a reconnu avoir été handicapée par la gestion de l'attente personnelle lors de ses précédentes participations aux JO d'hiver.

Deux tops 10 mais aucune médaille pour Tessa Worley aux Jeux Olympiques d'hiver

Tessa Worley avait fait ses premiers pas aux Jeux Olympiques d'hiver à Vancouver 2010. Elle y a pris la 16e place du slalom géant, sa discipline de prédilection. Quatre ans plus tard, désormais championne du monde de slalom géant, la native d'Annemasse n'a pas été en mesure de défendre ses chances à Sotchi 2014. En décembre 2013, elle a été victime d'une rupture des ligaments croisés lors du slalom de Courchevel.

Sa deuxième participation aux Jeux Olympiques d'hiver n'a eu lieu que quatre ans plus tard, à PyeongChang 2018. La skieuse du Grand-Bornand sortait alors de sa saison la plus prolifique en Coupe du monde avec sept podiums et deux titre mondiaux. Mais ça n'a pas été suffisant pour décrocher le Graal. Septième du slalom géant, elle a terminé à la 28e place du super G et au pied du podium avec ses compatriotes dans l'épreuve parallèle par équipes mixtes.

À Pékin, la géantiste qui rapproche son style à celui d’une « guitare acoustique » à l’instar de l’Italienne Federica Brignone, dans cette spécialité très rythmée où les métaphores musicales sont nombreuses, veut maintenant franchir ce cap sur la scène olympique. « J'ai encore une belle chance pour y parvenir donc c'est clair que je vais tout mettre de mon côté pour faire partie des filles qui peuvent prétendre à la médaille ce jour-là », a déclaré Worley, qui tentera également d'accrocher sa première victoire en Coupe du monde en France, les 21 et 22 décembre prochains.

Comment cela se traduit dans sa préparation du rendez-vous olympique ? Par un important travail dès le début de la saison pour accumuler de la technique et de la confiance. Ces deux ingrédients sont nécessaires pour prendre les risques qu'il faut le jour J. Pendant la Coupe du monde de ski alpin, en plus de monter en puissance, la gestion de la fatigue pour arriver dans les meilleures dispositions possibles à Pékin sera primordiale.

« Il faut avoir géré les pépins avant le mois de février pour ne pas y penser et s'exprimer à fond sur les courses de Beijing 2022. »

« Les Jeux Olympiques d'hiver, c'est un instant T »

Mais la Française est consciente que la préparation ne fait pas tout. Au contraire du globe de cristal qui récompense la régularité, le titre olympique est gagné grâce à la forme du moment. Et cela fait une énorme différence.

« Les Jeux, c'est un instant T, il faut vraiment aller saisir sa chance. »

Ça sera encore plus le cas à Beijing 2022. En plus de la visibilité et du dossard qui sont des paramètres variables à chaque course, les skieurs en quête de titre olympique à Pékin vont devoir briller sur une piste jusque-là inconnue et s'adapter à des conditions de neige inédites.

« On va découvrir le site pendant la quinzaine des Jeux. L'adaptation va être hyper importante. Les conditions de neige vont être assez particulières et différentes de ce qu'on connaît en Europe. Il faudra s'adapter à ça et ne pas se laisser envahir par ces éléments extérieurs. »

Toutes ces inconnues font que les Jeux Olympiques d'hiver de Beijing 2022 sont particuliers. Pour Tessa Worley comme pour les autres.

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