Avec cette médaille de bronze remportée à Tokyo 2020, Teddy Riner porte à quatre son nombre de médailles olympiques. Le samedi 31 juillet, avec l'épreuve par équipes mixtes, il pourrait bien ajouter une nouvelle médaille à sa collection et devenir le judoka le plus décoré de l'histoire des Jeux Olympiques.
(Photo de Elsa/Getty Images)
À 32 ans, Teddy Riner a remporté sa quatrième médaille olympique, avec le bronze à Tokyo 2020. Il est devenu le deuxième judoka le plus décoré des Jeux.
« Je suis quand même content, je gagne ma quatrième médaille olympique à 32 ans. J’ai commencé sur les circuits senior à 17 ans. Durer, c’est difficile. C’est ce que je dis aux jeunes. Gagner une fois, c’est bien. Le faire longtemps, c’est autre chose. »
« Il fallait passer par cette journée, se réinventer pour aller chercher cette médaille. Je suis content, vraiment. Ça fait de moi le plus titré de mon sport. Je suis monté sur la marche à chaque fois. Les JO, c’est très, très difficile. On ne peut pas tout avoir. »
Tokyo 2020 vous propose de revenir sur ses quatre journées olympiques, toutes terminées avec une médaille au cou.
En 2008, Teddy Riner à 19 ans. L’année précédente, il a décroché son premier titre de champion du monde. À 18 ans, il devient le plus jeune champion du monde chez les poids lourds.
Arrivé aux Jeux Olympiques de Beijing 2008, ses concurrents sont tous plus âgés que lui et beaucoup ont déjà au moins une édition olympique au compteur. Le seul combat que Teddy Riner a perdu cette année-là, c’est contre l’Ouzbek Abdullo Tangriev au troisième tour, de huit ans son aîné et qui a déjà participé aux Jeux de Sydney et d’Athènes.
Obligé de passer par les repêchages, il s’est tout de même offert sa première chance de médaille olympique en combattant pour le bronze face au Géorgien Lasha Gujejiani.
Durant ce combat, Gujejiani n’a rien pu faire. À bout de force face à un Riner en feu, il a succombé après 25 secondes d’immobilisation.
L’histoire olympique de Teddy Riner était en marche. Cette première médaille olympique, le bronze donc, est décevante pour le jeune judoka plein d’ambition, mais il admet que pour son âge, c’est tout de même satisfaisant.
Riner repartait donc de Pékin avec comme objectif : l’or à Londres.
(Photo de Clive Brunskill/Getty Images)
Teddy Riner est arrivé avec un tout nouveau statut à Londres 2012. Il n’avait plus un mais bien cinq titres de champion du monde. De quoi faire de lui l’homme à battre sur les tatamis des Jeux Olympiques. Mais pour Riner, qui avait manqué la finale olympique à Pékin, il était hors de question de repartir sans l’or olympique.
Il a donc passé les étapes, les unes après les autres, battant d’abord le double vice-champion d’Europe (2005 et 2006), le Polonais Janusz Wojnarowicz, puis le champion d’Afrique 2012, le Tunisien Faïcel Jaballah. En quart de finale, il a battu celui qui avait partagé la troisième place du podium avec lui à Beijing 2008, le Cubain Óscar Brayson. En demi-finale, le médaillé de bronze des Championnats du monde 2011, le Sud-coréen Kim Sung-min, s’est lui aussi incliné devant Riner, lui ouvrant les portes de sa première finale olympique.
La médaille d’or lui tendait les bras, mais entre lui et le titre olympique, il y avait le triple champion du monde, le Russe Alexander Mikhaylin.
Dès l’entame du combat, la détermination de Teddy Riner se lisait sur son visage. Il était le premier sur les manches, il a sorti Mikhaylin à plusieurs reprises, provoquant une première pénalité pour le judoka russe. À une minute de la fin du combat, une sortie de tapis pénalisait une nouvelle fois Mikhaylin offrant à Riner un léger avantage. Le coup de grâce est arrivé 30 secondes plus tard pour le judoka russe. Une troisième pénalité pour non-combativité faisait grimper l’avance de Riner qui n’avait alors qu’à tenir ces dernières secondes pour être sacré champion olympique. Le public présent à Londres avait alors commencé à scander le décompte jusqu’à la fin du combat et le sacre du judoka français.
« Je crois que je ne vais pas quitter ma médaille, que je vais dormir avec ! C'est magnifique, ce public de feu... Il y avait toute ma famille. Je sais que je l'ai fait ! », exultait Riner à France 24 après son sacre.
Et de un.
(Photo de Quinn Rooney/Getty Images)
Une fois le titre olympique en poche, la nouvelle mission de Teddy Riner a été de le conserver. Mais entre Londres et Rio, le Guadeloupéen avait déjà inscrit son nom dans le livre des records. Il n’avait pas perdu un seul combat depuis septembre 2010. Six années d’invincibilité. Et ce n’est pas à Rio que le roi des +100 kg a fléchi.
Avec désormais huit titres de champion du monde, le porte-drapeau de la délégation française est arrivé à Rio en confiance.
En finale, il était opposé au Japonais HARASAWA Hisayoshi. Comme à son habitude, Riner est très vite entré dans son combat. En une minute, le Japonais, dépassé par les événements, s’est fait pénaliser par deux fois. Teddy Riner a écopé d’une pénalité également mais à 30 secondes de la fin du combat, il semblait difficile pour Harasawa de faire tomber la montagne. À la fin du temps réglementaire, Riner a remporté son deuxième titre de champion olympique.
« C'est LA journée parfaite, les Jeux olympiques parfaits. On ne peut pas rêver mieux. C'est des journées comme on aime », confiait-il à RTL en 2016.
Après Rio (et un peu de repos), le guerrier est retourné au charbon pour se préparer pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 et remporter peut-être le troisième titre olympique de sa carrière pour égaliser le record du judoka NOMURA Tadahiro, triple champion olympique.
Lors d’un échange entre les deux hommes sur une chaine de télévision japonaise, Nomura lui avait d’ailleurs demandé : « Comment vous y prendre pour obtenir une troisième victoire olympique ? »
Ce à quoi Riner a répondu : « Tout changer si besoin, pour vous égaler, pour réaliser le rêve de toute une vie. »
Le rêve de sa vie pourrait se réaliser demain, au Japon, terre du judo, lors des Jeux Olympiques de Tokyo 2020.
(2016 Getty Images)
Le chemin de Teddy Riner pour se rendre aux Jeux Olympiques de Tokyo a été un peu plus compliqué que les années précédentes. Alors qu'il avait explosé tous les records d'invincibilité ne perdant aucun combat durant 10 ans, soit 154 victoires consécutives, le Français s'est incliné le 9 février 2020, face au Japonais KAGEURA Kokoro, lors du Grand Slam de Paris.
La nouvelle a fait le tour du monde. À quelques mois de la date officielle des Jeux Olympiques, avant qu'ils ne soient reportés d'une année à cause de la pandémie de COVID-19, les concurrents de Teddy Riner savaient qu'il était possible de le battre.
Le sort s'est ensuite acharné. Lors d'un stage au Maroc, le Guadeloupéen s'est blessé au genou. À quelques mois des Jeux Olympiques, la nouvelle était un gros coup dur. Il s'est rendu sur très peu de compétitions cette année.
C'est donc plein de doutes que le décuple champion du monde est arrivé à Tokyo, en quête de gloire olympique.
Après deux premiers combats sans problème, Riner affrontait le judoka du ROC Tamerlan Bashaev en quart de finale. Les deux judokas n'ont pas réussi à se départager dans le temps réglementaire et sont allés au Golden Score. Alors que Bashaev avait déjà deux shido, Riner était en position de force. Mais sur la première attaque franche du judoka du ROC, Teddy Riner tente un contre sans parvenir à reprendre l'initiative. Il emmène Bashaev dans sa chute mais l'arbitrage vidéo estime que ce dernier avait gardé le contrôle de la situation. Waza-ari pour le numéro 1 mondial synonyme de défaite pour le Français.
Mais rien n'était perdu pour autant, sauf l'espoir de voir la finale olympique. Obligé de passer par les repêchages, Riner n'a laissé aucune chance à ses adversaires, battant successivement le Brésilien Rafael Silva et le Japonais HARASAWA Hisayoshi en combat pour le bronze.
La couleur n'est pas celle qu'il espérait, mais Riner repart encore une fois des Jeux Olympiques avec une médaille. Deux en or et deux en bronze, il devient le judoka le plus décoré des Jeux Olympiques.
« Il fallait passer par cette journée, se réinventer pour aller chercher cette médaille. Je suis content, vraiment », a déclaré le Guadeloupéen. « Ça fait de moi le plus titré de mon sport. Je suis monté sur la marche à chaque fois. Les JO, c’est très, très difficile. On ne peut pas tout avoir. »
Et le rêve de Riner de décrocher une troisième médaille d'or olympique ! Pour la première fois de l'histoire des Jeux Olympiques, une épreuve par équipes mixtes aura lieu.
Compte tenu du parcours des judokas français durant cette édition olympique, qui ont remporté une médaille d'or, trois médailles d'argent et trois médailles de bronze, il se pourrait bien que Teddy Riner reparte de Tokyo avec deux médailles olympiques.
(2021 Getty Images)