Michelle Gisin après avoir traversé une mononucléose : « Tokyo 2020 m'a donné beaucoup d’énergie et d’espoir »

La championne olympique suisse de combiné alpin a été victime d'une mononucléose cet été, et les JO de Tokyo 2020 l'ont aidé à surmonter cette épreuve. Après Sotchi 2014 avec sa sœur Dominique et PyeongChang 2018 aux côtés de son frère Marc, Michelle Gisin va participer à Beijing 2022 sans eux. Un challenge inédit s'offre à elle. 

Par Nicolas Kohlhuber
Photo de 2021 Getty Images

Michelle Gisin est une des valeurs sûres du ski suisse. Malgré une mononucléose qui a gâché son été et perturbé sa préparation, la skieuse de 28 ans est déjà montée sur deux podiums en Coupe du monde cette saison.

La polyvalente Suissesse va participer aux Jeux Olympiques d’hiver de Beijing 2022, où elle défendra son titre acquis à PyeongChang 2018 en combiné alpin. Elle tentera également de perpétuer la tradition familiale : sa sœur Dominique et son frère Marc sont des olympiens, et sa source d’inspiration.

Esprit olympique, partage familial, défis : Michelle Gisin s’est confiée à Olympics.com.

Pour tous les skieurs, la saison 2021/22 est importante. Avec les Jeux Olympiques d’hiver de Beijing 2022 en ligne de mire, chaque course compte. Michelle Gisin le sait et c’est pour cette raison qu’elle s’est présentée à Sölden dès l’ouverture de la Coupe du monde. Sa présence sur la première course de l’hiver était pourtant loin d'être acquise, tant la Suissesse était encore affaiblie par une mononucléose contractée pendant l’été.

« J’ai vécu des semaines et des mois parmi les plus difficiles de ma vie. C’est très difficile d’accepter de voir la maladie prendre toute mon énergie. Je ne pouvais rien faire. C’est fou comme cette maladie attaque aussi la tête, le mental. »

Comme un signe du destin, la période la plus compliquée de son été a coïncidé avec les Jeux Olympiques de Tokyo. Et c’est en regardant ses compatriotes comme les tenniswomen Belinda Bencic et Viktorija Golubic briller que la skieuse de 28 ans a pu garder la motivation.

« J’étais juste sur le canapé et regarder les JO m’a donné beaucoup d’inspiration, d’espoir et l’énergie d’y croire. »

Cet état d’esprit lui a permis de renouer avec la compétition plus vite que prévu. Au mois de décembre, même si elle reconnaissait vivre encore des moments difficiles, Michelle Gisin est même montée sur ses deux premiers podiums de l’hiver en terminant troisième du slalom géant de Courchevel et du slalom de Lienz.

La fratrie Gisin : 434 départs en Coupe du monde de ski alpin

Surmonter cette mononucléose a été difficile, mais la skieuse d'Engelberg avoue que ça n’a pas été le plus grand défi de sa carrière.

« La chute de mon frère avec ses blessures, c’était très compliqué. Le plus grand challenge de ma vie a été de skier à Val Gardena/Gröden quelques jours après son horrible chute sur la même piste », se rappelle-t-elle avec émotion.

En décembre 2018, son frère Marc était violemment tombé sur la mythique piste italienne. Gravement blessé, il n’était pas encore sorti des soins intensifs quand elle s’est élancée sur la Saslong quelques jours plus tard. Une expérience qui a marqué l’Obwaldienne à tout jamais.

Il faut dire que chez les Gisin, la famille, c’est important. Michelle a toujours été inspirée par son frère Marc et sa sœur Dominique. Ses deux aînés, aujourd’hui à la retraite, totalisent 255 départs en Coupe du monde de ski alpin. C’est en voulant faire comme eux quand elle était enfant qu’elle a commencé à skier.

« Quand j'avais quatre ou cinq ans, ma mère n'a pas voulu que j'aille au ski avec eux, car ils partaient à six heures du matin. Je suis restée au magasin avec elle, mais j'ai pleuré toute la journée parce que je trouvais que ce n'était pas juste. J'ai toujours été la plus grande fan de Marc et Dominique et ça m'a sûrement beaucoup influencé. »

Des années plus tard, elle a vécu les Jeux Olympiques d’hiver à leurs côtés.

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Un titre olympique quatre ans après sa sœur

À Sotchi 2014, Michelle Gisin a découvert les JO d'hiver avec Dominique, tout juste titrée en descente pour sa deuxième participation.

« La médaille d’or de Dominique, je pense que c’est le meilleur moment de ma vie, c’est quelque chose que je ne vais jamais oublier. Quand on s'est vue, on a pleuré tellement, c'était beau. Elle m'a fait faire le tour du village olympique, c'était trop émotionnel. »

Quatre ans plus tard à PyeongChang 2018, c’était à son tour de décrocher l’or olympique. Sacrée en combiné alpin, elle a pu partager sa joie avec Marc qui était présent pour participer à la descente et Dominique qui était là en tant consultante pour les médias suisses. Une communion qui a rendu son succès encore plus « incroyable ».

« Je n'arrivais pas à croire que j'avais pu faire cette performance quatre ans après ma sœur. »

Dans ce contexte familial où la densité de champions de ski est remarquable, son compagnon est le skieur italien Luca De Aliprandini, les conseils sont aussi nombreux qu’importants.

« Ça m’aide à rester humble. Après PyeongChang 2018, on était à la maison, on regardait ma course avec Luca et mon frère. Ils me disaient "là, tu aurais pu faire mieux, là aussi". Moi, je me disais que j’avais quand même gagné un titre olympique avec presque une seconde d’avance, mais eux me rappelaient que tout n’était pas parfait. »

Michelle Gisin a déjà sa place dans l'histoire du ski alpin suisse

Cet héritage familial pourrait être le secret de sa polyvalence. La double médaillée mondiale de combiné alpin est montée sur au moins un podium en Coupe du monde dans les cinq disciplines. Dans l’histoire du ski helvétique féminin, seule Vreni Schneider y était arrivée avant elle.

« Ils ont été contents quand je suis arrivée en vitesse et que j'ai commencé à faire des descentes. Dominique m'a beaucoup donné, elle m'a expliqué les sensations de la descente et m'a aidé à comprendre la vitesse. Marc m'a aussi beaucoup conseillé techniquement », a confié la slalomeuse qui a grandi entouré de spécialistes de la vitesse.

Capable de briller dans toutes les disciplines, Michelle Gisin reste sur une saison terminée à la troisième place du classement général de la Coupe du monde. L’hiver dernier, la Suissesse a franchi un cap avec notamment une première victoire à ce niveau et une médaille de bronze aux Championnats du monde.

Cette montée en puissance, même si elle a été ralentie par une mononucléose l’été dernier, prouve que Michelle Gisin sera une des skieuses à surveiller cette saison et notamment à partir du 4 février aux Jeux Olympiques d’hiver de Beijing 2022.

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