Prithika Pavade, 16 ans : « Curieuse de voir comment ça va être »

À sa plus grande surprise, Prithika Pavade, 16 ans, va disputer les tournois de tennis de table aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020 à partir du 24 juillet. Ce sera pour la Française l’occasion d’observer le monde qui l’entoure, de puiser un maximum d’informations et d'« aller le plus loin possible ».

Photo de Photo de FFTT / Remy Gros

Que faisiez-vous au crépuscule de vos 16 ans ? Prithika Pavade, elle, va disputer les Jeux Olympiques, rien que ça.

La pongiste française soufflera en effet ses 17 bougies le 2 août, un peu plus d’une semaine après son entrée en lice dans le simple féminin pour lequel elle a été sélectionnée à Tokyo 2020, en plus de l’épreuve féminine par équipes.

Mais l’âge est loin d’être un obstacle pour Prithika qui, en 2014 à seulement 9 ans, gagnait déjà les Championnats de France minimes. « Un des meilleurs souvenirs de ma carrière est mon premier titre de championne de France », admettait la joueuse de Saint-Denis et pensionnaire de l’INSEP, dans un entretien exclusif avec Tokyo 2020 début juin. « C’est là où j’ai été entre guillemets "découverte" dans ce sport. Ça a été une surprise. »

« Surprise », Prithika l’a aussi été en apprenant sa qualification pour les Jeux Olympiques. « C’était inattendu. Pour moi, c’était un rêve de participer aux Jeux. Je suis curieuse de savoir comment ça va être, l’atmosphère, ce qui va se dégager. Je me projetais plus pour Paris 2024 que pour Tokyo. Donc, c’est super, c’est incroyable... »

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Photo de Photo de FFTT / Remy Gros

Ses trois atouts : curiosité, observation, écoute

Pourtant, elle ne doit absolument rien au hasard. En effet, pour atteindre le niveau olympique, Prithika semble avoir trouvé la bonne méthode. Premièrement : assouvir sa curiosité. « Je suis intéressée par plein de trucs et j’aime souvent comprendre », affirme la jeune fille dont la matière préférée à l’école est les mathématiques.

Ensuite : observer ses adversaires et les meilleurs. « Avant un match, j’aime bien m’isoler un peu, regarder les matchs qui ont lieu dans la salle pour m’approprier l’ambiance, même m’avancer un peu. Oui, c’est ça : m’isoler, penser à mes intentions avant le match, bien bouger », explique une pongiste très mobile dans ses déplacements qui explique avoir un jeu basé sur l’agressivité et sur les premiers coups.

Et enfin : être à l’écoute des personnes plus aguerries qu’elle. « On va dire que je prends tout ce qu’il y a à prendre de chaque personne », explique Prithika. « J’essaie de m’enrichir avec l’expérience des joueurs présents, qui ont fait beaucoup de compétitions. J’essaie de prendre des conseils de tout le monde. Même les coachs, comme Patrick Chila. »

Le médaillé de bronze des Jeux Olympiques de Sydney 2000 en double avec Jean-Philippe Gatien et actuel entraîneur de l’équipe de France masculine a un impact sur la jeune pongiste, mais Prithika n’oublie certainement pas l’entraîneur qui l’a lancée. « L’entraîneur qui m’a marquée, c’est Nicolas Greiner », dit-elle à propos de son premier coach au Bourget, là où elle a commencé à l’âge de 7 ans. Il est décédé brutalement d’un arrêt cardiaque à l’âge de 43 ans en octobre 2020. « On a passé énormément de moments ensemble. Il m’a suivie quasiment tout au long de ma carrière et on arrivait à se compléter. Il trouvait souvent des solutions aux problèmes qu’on avait. Il était prêt à réagir. »

« Être performante, tout simplement »

Aujourd’hui, l'adolescente est obligée de trouver les clés de la réussite autrement. Elle est pourtant sur le point d’écrire une belle page de l’histoire du tennis de table français, même si elle ne se met aucune pression, surtout pas à son âge. « Disons que je vais essayer de profiter de l’instant présent, de vraiment essayer de prendre tout ce que je peux prendre et de produire mon meilleur niveau de jeu possible pour être performante, tout simplement. On verra où ça me mène », avoue-t-elle en toute sérénité.

Fin juin, elle a disputé les Championnats d’Europe 2021 à Varsovie, en Pologne, dans les épreuves de simple, double et double mixte. Avec Simon Gauzy, elle a terminé en bronze au double mixte. Elle a en revanche été éliminée en seizièmes de finale en simple et en huitièmes en double féminin. Ce fut toutefois une bonne préparation pour les Jeux où la France a finalement profité de la défection de la République populaire démocratique de Corée pour également envoyer une équipe féminine dont Prithika fera partie, et ainsi remplir tous les quotas pour la première fois depuis 1988, date de la première épreuve de tennis de table aux Jeux Olympiques.

Dans notre entretien exclusif, la championne d’Europe des moins de 21 ans en 2020 en Croatie se montrait sereine à l’approche d’une grande compétition : « Je préfère avoir l’esprit libre en termes d’objectifs et ne pas trop me projeter sur les résultats que j’ai envie d’avoir. Je joue mieux quand il n’y a pas toute cette tension qui prend le dessus sur l’aspect tactique. La chose la plus importante, c’est vraiment le jeu. »

C’est donc dans cet état d’esprit que Prithika va débuter le tournoi olympique. Son tout premier, à l’aube de ses 17 ans.

Le calendrier du tennis de table à Tokyo 2020