Pourquoi les Red Lions peuvent-ils légitimement prétendre à l'or olympique à Tokyo 2020

Troisièmes du Championnat d'Europe de hockey en juin, les Red Lions ont poursuivi leur montée en puissance pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 et tenteront de faire mieux que l'argent à Rio 2016. À la veille de son entrée dans le tournoi olympique le 24 juillet, retour sur l'accession d'une équipe au sommet de sa discipline. 

Photo de Photo de Dean Mouhtaropoulos/Getty Images

En s'inclinant en demi-finale du Championnat d'Europe de hockey, la Belgique a perdu son titre continental acquis en 2019, mais pas son statut de favori aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

Face aux Pays-Bas, les Red Lions sont tombés aux portes de la finale après avoir mené au score (2-2 (3-1 après les tirs aux buts)). En revanche, ils sont allés battre l’Angleterre 3-2 pour monter sur la troisième marche du podium européen, prouvant leur bonne forme du moment.

Invaincus dans les grands championnats internationaux depuis 2017, les Belges ont été battus deux fois à l'EuroHockey 2021 : par l'Angleterre durant la phase de poules (1-2) et par les Néerlandais aux portes de la finale. Cette élimination prive la deuxième nation mondiale d'une troisième finale continentale consécutive, mais elle ne doit pas lui faire oublier son objectif principal : l'or olympique à Tokyo 2020.

Adam Commens, le directeur de la haute performance à la Fédération belge de hockey l'avait annoncé dès cet hiver à Hockey Belgium : cette année, le Championnat d'Europe n'était pas la priorité.

« Nous avons pour objectif ultime les Jeux Olympiques de Tokyo, donc notre but n'est pas d'atteindre le sommet lors des matchs précédents. Nous devrons gérer la charge de travail et chercher à construire notre façon de jouer. Notre intention sera la même que celle de toutes les autres grandes nations : atteindre le sommet à Tokyo en juillet », annonçait-il sur le site de la Fédération belge.

Atteindre le sommet, donc, après l'avoir tutoyé à Rio 2016.

Une campagne olympique argentée à Rio

Au Brésil, les Belges ont fait mieux que le bronze remporté à domicile lors des Jeux Olympiques d'Anvers 1920. Ils ont terminé sur la deuxième marche du podium grâce à un parcours incroyable.

Moins de dix mois après son arrivée à la tête de l'équipe, le Néo-zélandais Shane McLeod a mené la sélection belge en finale des JO. Dans l'incertitude après un Championnat d'Europe terminé à la cinquième place et un changement d'entraîneur, les Red Lions ont impressionné en commençant le premier tour avec quatre victoires consécutives. Ils ont gagné contre la Grande-Bretagne (4-1), le Brésil (12-0, score le plus large du tournoi masculin), l'Australie (1-0) et l'Espagne (3-1) avant d'être battus par la Nouvelle-Zélande dans un match sans enjeu (1-3).

Première du groupe A, la Belgique a renversé l'Inde, octuple championne olympique, en quarts de finale (3-1), avant de triompher des Pays-Bas, vice-champions olympiques en titre (3-1), pour accéder à une finale où l'Argentine était trop forte (2-4).

Même sans titre à la clé, cette épopée est un véritable exploit. Mais aussi un point de départ.

Depuis, les Belges ont tout raflé. Au cours du mandat de Shane McLeod qui prendra fin le soir du 5 août prochain, ils ont été champions du monde en 2018, champions d'Europe en 2019 et ils ont même gagné la toute nouvelle Pro League à la fin du mois de mai 2021. De quoi faire le plein de confiance.

À Tokyo 2020 en 2021, les coéquipiers de Felix Denayer visent la médaille d'or pour oublier la finale perdue contre l'Argentine à Rio mais surtout compléter la collection de titres internationaux. Ils semblent armés pour, et c'est tout sauf une coïncidence.

Une décennie de montée en puissance

Pour s'affirmer comme une favorite au titre olympique, la Belgique a énormément progressé depuis sa troisième place aux Championnats d'Europe 2007. Ce premier podium continental lui avait permis de faire son retour aux Jeux Olympiques de 2008 pour la première fois depuis 32 ans. Puis de connaître ses premiers succès internationaux. Titrée en Champions Challenge (2011) et médaillée d'argent au niveau continental (2013) mais aussi en Ligue Mondiale (2015), la sélection belge a franchi un nouveau cap depuis l'arrivée de Shane McLeod et l'éclosion d'une génération dorée.

Fort de son expérience olympique (Beijing 2008 et Londres 2012 à la tête de la sélection néo-zélandaise), McLeod a prouvé que la médaille d'argent ramenée de Rio par les Red Lions n'était pas un coup de chance. Cet exploit a été confirmé sur la durée avec un noyau de joueurs récompensé au niveau européen et mondial qui sera encore là à Tokyo. Au Championnat d'Europe 2021, ils étaient dix à compter plus de 200 capes en équipe nationale. À l'image de John-John Dohmen qui a dépassé les 400 sélections, certains vont participer aux Jeux Olympiques pour la quatrième fois consécutive.

Les Red Lions sont d'attaque

Avec une telle expérience, les Red Lions ont un sérieux avantage pour briller au stade de hockey d'Oi entre le 24 juillet et le 5 août. Ils ont l'habitude de jouer mais surtout de gagner ensemble. Et ça ne sera pas leur seul atout !

La Belgique possède une équipe très offensive. Avec des joueurs comme Tom Boon ou Alexander Hendrickx, elle possède une des meilleures attaques du monde. Cette saison, le premier a été le meilleur buteur du championnat belge (34 buts) quand le second en a fait de même dans le championnat néerlandais (21 buts).

S'ils ont eu besoin de temps pour retrouver des automatismes lors du Championnat d'Europe, ils ont le potentiel pour venir à bout de n'importe quelle défense. Les Belges l’ont encore prouvé en prenant leur revanche sur l'Angleterre, ce qui leur a permis de monter sur le podium continental, mais aussi en prenant leur revanche sur les Pays-Bas dès le 24 juillet, lors de la première journée des Jeux Olympiques de Tokyo.

La Belgique a perdu sa couronne européenne mais pas sa volonté de titre olympique.

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