Entraîneur des frères Lebrun, Nathanaël Molin était ému après la victoire de Félix Lebrun lors des Jeux européens 2023, quelques heures après le bronze d’Alexis. Il revient sur les raisons du succès des Montpelliérains.
(Olympics.com)
Il les suit lors de toutes les compétitions. Nathanaël Molin voit les frères Lebrun « plus souvent que sa femme » et contribue grandement aux succès d’Alexis et Félix, qui viennent de monter sur le podium des Jeux européens 2023.
Félix, 16 ans, a décroché la médaille d’or en s’imposant contre le Portugais Marcos Freitas en finale, mardi 27 juin (4-3), alors qu’Alexis, 19 ans, a remporté le bronze.
C'est dire l'importance de ce moment pour cet homme de 36 ans, originaire de Dijon, qui a repris le travail avec les jeunes Français en 2021 alors qu'il les a connus lorsqu'ils ne savaient pas encore marcher.
Pour Olympics.com, il a livré son regard sur la compétition des pongistes français qui bouleversent la hiérarchie mondiale, les yeux remplis d'émotions lorsqu'il repense à tout le chemin accompli.
Molin livre également une anecdote sur Félix Lebrun, auteur d’un dessin retranscrivant son rêve de médaille aux Jeux Olympiques lorsqu'il avait 5 ans.
« Pendant un moment, Félix était en état de grâce. On sait que ça ne tient pas pendant un match entier et ça a duré pendant deux sets. Marcos [Freiras] également a eu un moment exceptionnel et il a baissé de niveau ensuite. Le résultat se fait avec des petits détails. Peut-être qu’avec toute la somme de travail, ce qui fait peut-être la différence, c’est le personnage, le caractère. »
« Cette compétition est bien menée de bout en bout. C’est la première fois que ça nous arrive à ce niveau. J’ai eu beaucoup d’émotions. On parcourt la planète ensemble, je passe plus de temps avec eux qu’avec ma femme. Ce sont des gamins, mais en même temps ils ne le sont pas. Ce sont des champions. Humainement, ils sont incroyables. Ils me comblent de joie au quotidien. »
Quelques minutes après la défaite d’Alexis Lebrun en demi-finale contre Freiras (4-2), Molin a dû se remobiliser pour de nouveau s’asseoir sur la chaise d’entraîneur, mais pour Félix cette fois-ci. Un rôle particulier.
« J’ai pris ce match comme d’habitude. Je savais que peu importe le résultat d’Alexis, il fallait que je sois opérationnel trois minutes après pour Félix. C’est mon rôle et mon devoir, je ne m’autorise pas d’écart émotionnel durant la compétition. À la fin en revanche, c’était autre chose… »
« Lorsqu’il avait 5 ans, il a dessiné un podium et c’était lui sur la plus haute marche. Et c’était un podium très haut… On dira le mot plus tard », évoquant sans le dire le podium olympique. « Cela dit, cette victoire est incroyable mais au plan mondial, les joueurs asiatiques sont très forts. Il y a un degré de concurrence extrêmement élevé. »