Mem, Remili, Prandi... Tokyo 2020 vous présente la relève du handball français

La génération dorée française a remporté deux médailles d'or et une médaille d'argent lors des trois dernières éditions des Jeux Olympiques. Il semblerait que la génération suivante poursuive sur la même lancée.

Photo de Photo de Jörg Schüler/Getty Images

Nikola Karabatic représente mieux que tout autre la génération dorée du handball français.

Il est considéré comme l'un des meilleurs joueurs de l'histoire de ce sport.

Le joueur du PSG a remporté tous les titres possibles : l'or aux Jeux Olympiques de Beijing 2008 et Londres 2012, l’argent à Rio 2016, quatre titres de champion du monde et trois titres champion d’Europe.

Le Français de 37 ans, élu trois fois Joueur de l’année, aura l’occasion de se démontrer encore une fois lors des Jeux de Tokyo 2020. Et il est certain que Les Experts seront entre de bonnes mains avec la génération française à venir.

Karabatic revient toujours sur la façon dont les grandes stars d’auparavant l'ont aidé alors qu'il était un jeune espoir. Il poursuit maintenant la tradition. « Je me souviens quand Luc Abalo et moi étions les seuls jeunes joueurs dans cette équipe de stars mondiales », a-t-il déclaré à l'EHF en 2018. « J’assume maintenant ce rôle ».

« Mon rôle a aussi évolué en dehors du terrain avec l’intégration des jeunes », déclarait-il à OIympics.com en juillet 2020. Je faisais en sorte de leur faciliter le travail, de les intégrer dans le jeu par la tactique et de les rassurer car ce n’est pas simple d’arriver dans une équipe qui a gagné autant de titres. »

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Lors des championnats du monde 2021 en Egypte, Karabatic a dû se résigner en se remettant encore de sa blessure du ligament croisé antérieur du genou. Il reste impressionné par tout ce que la France a pu accomplir.

« Il y a du potentiel et du talent, il reste encore beaucoup de travail à faire mais nous pouvons accomplir de grandes choses », confiait-il à Olympics.com lorsqu’il était de retour à l’entraînement avec son club, en mars dernier.

Désormais de retour sur les terrains, il disputera les Jeux de Tokyo 2020 entouré de jeunes de classe mondiale.

Qui seront les futurs handballeurs français à porter haut les couleurs de leur pays ?

Regardons de plus près.

Dika Mem, déjà un taulier

Comment ne pas débuter avec Dika Mem, qui occupe déjà une place importante en équipe de France ?

Ailier droit exceptionnel, Mem est le genre de joueur qui peut gagner un match à lui tout seul lorsqu'il se surpasse.

Malgré son jeune âge, Mem est connu depuis maintenant longtemps. Il a obtenu le titre de champion du monde avec la France en 2017 lorsqu’il avait seulement 19 ans. Il est vite devenu un leader pour son pays ainsi que son club du FC Barcelone.

Talentueux depuis son enfance, il accompagnait ses frères au basket jusqu'à l’âge de 13 ans lorsqu’il a commencé à jouer au handball. Son parcours n'a cessé de progresser depuis.

Sa grandeur ne l’empêche pas de faire preuve de rapidité sur le terrain. Mesurant 1,94 m, Mem a la capacité de percer des défenses hermétiques et de trouver des angles impossibles.

Il sait hausser son niveau de jeu, comme lors de la finale de la Ligue des champions en 2021, alors que son équipe était menée 4-1.

Au cours de sa première saison en pro avec Tremblay en France, en 2015/16, Mem s’est illustré en marquant 93 buts en 25 matchs. Barcelone n’a pas perdu de temps pour le solliciter et le recruter pour les six saisons suivantes.

Mem a contribué à remporter le 10e titre du club en Ligue des champions, avec 93 buts (deuxième meilleur marqueur derrière le Nantais Valero Rivera avec 95), dont six en demi-finale et deux en finale.

Mem a également été décisif pour la qualification de la France pour Tokyo 2020, lors du Tournoi de qualification olympique en mars dernier, en marquant notamment cinq buts contre la Croatie lors de la victoire 30-26.

Le jeune joueur qui fêtera bientôt ses 24 ans se prépare à prendre la relève de Karabatic en tant que leader de l’équipe de France.

Ce n'est que le début de l’histoire.

Nedim Remili, à la recherche du Graal

Nedim RemiIi occupe lui aussi une place importante pour l’avenir du handball français.

Contrairement à Mem, le handball coule dans les veines de Remili. Ayant passé une grande partie de sa jeunesse près du terrain à encourager son père, qui lui à jouer toute sa carrière professionnelle dans le club local de l'US Créteil, en banlieue parisienne. C’est avec ce club qu’il remporta le titre de champion de première division en 1989.

La passion de Remili pour ce sport a débuté à l'âge de 10 ans. Il a commencé à jouer dans le club de son père, désormais membre du conseil d'administration.

Mesurant 1,95 m à seulement 16 ans, Remili attirait déjà l'attention plus grands clubs. C’est après trois saisons à Créteil qu’il accepta l’offre alléchante du PSG, qu’il a rejoint en 2016.

Ce n’est qu’un an plus tard qu’il a fait son entrée sur la scène internationale, en faisant partie de l'équipe française des Championnats du monde à domicile, au poste d'arrière droit après avoir livré des performances incroyables, notamment un match avec six buts en demi-finale avant de remporter le trophée.

Alors que l'équipe de France n'a pas connu le grand succès lors du Championnat du monde en 2021 en Égypte, Remili a subi une nouvelle déception lorsque le PSG s'est incliné en demi-finale du Final 4 de Ligue des champions face à Aalborg.

« J'ai malheureusement manqué les Jeux de 2016 à la suite d'une blessure, alors j'espère que cela ne se reproduira pas », déclarait-il en mars dernier sur le site du PSG. « Ça fait plusieurs années que je me prépare à cela. Pouvoir représenter son pays aux Jeux Olympiques est une réussite en tant que sportif, pas seulement en tant que handballeur. »

« J'espère le vivre plusieurs fois encore et pouvoir gagner une médaille olympique, car je pense que c'est le Graal pour tout sportif. »

Elohim Prandi, dynamisme et explosivité

À seulement 22 ans, Elohim Prandi nous démontre depuis quelques années déjà ce dont il est capable, avec le PSG ou avec la France à l'Euro 2020.

S'il n'a pas été retenu pour Tokyo 2020, Guillaume Gille ayant notamment préféré sélectionné Melvyn Richardson, l’arrière gauche peut faire surgir des buts de nulle part et intervenir dans les moments décisifs des grands matchs. Sans oublier sa performance en quart de finale de Ligue des champions 2020/21, où il a marqué neuf buts sur dix tirs pour éliminer le champion en titre allemand Kiel et propulser le PSG vers le Final 4.

Prandi n’a pas toujours eu de la chance. Il a souffert de quelques blessures au cours de l'année dernière, d'abord l'épaule, puis la cheville. Ces blessures l'ont malheureusement empêché de participer au Championnat du monde 2021 en Égypte, en janvier dernier, et aux qualifications pour les Jeux Olympiques en mars, où la France a obtenu son billet pour Tokyo.

Cependant, malgré ses blessures, Prandi a fait son grand retour en Avril avec le PSG et il semble en pleine forme à quelques semaines des Jeux de Tokyo.

Pandi a déclaré sur PSG.fr lors de son retour :

« Je me sentais mieux lors de la rencontre avec Chambéry. Ma peur était bien moins intense qu'avant. Je pouvais me concentrer sur mon jeu et moins sur ma cheville. J'ai retrouvé du jus et de l'explosivité. C'est important, car c'est la base de mon jeu. »

Les amateurs de handball seront certainement heureux de le revoir en pleine forme dans la capitale japonaise durant les Jeux.

Le premier but du joueur, ci-dessous, vous donnera une idée de ce dont il est capable.

Dylan Nahi, le génie

Une superstar hors du commun, au talent fou, pouvant réaliser des performances que vous n'avez jamais vues auparavant sur un terrain de handball : voici Dylan Nahi.

Le jeune joueur de 21 ans joue depuis cinq saisons au PSG. Ayant fait ses débuts à seulement 15 ans, Nahi a participé trois fois au Final 4 de Ligue des champions et vient tout juste de remporter le titre de Meilleur jeune joueur de la compétition, en 2021.

Toutefois, il essaie de ne pas trop prêter d'attention à ces distinctions personnelles.

« J'en suis vraiment heureux, étant donné que j'ai travaillé dur pour remporter ce genre de récompense », confie-t-il à l’EHF. « Mais en attendant, j'essaie de ne pas trop y prêter attention. C'est une récompense pour mon travail, mais ce n'est certainement pas une fin en soi. »

Lors des Mondiaux juniors 2019, Nahi était l'un des trois joueurs français de l'équipe All-Star aux côtés du gardien Valentin Kieffer, et du défenseur central Kyllian Villeminot.

Il devra cependant attendre un peu pour disputer ses premiers Jeux, Guillaume Gille ayant retenu Hugo Descat au poste d'arrière gauche à Tokyo 2020.

Le trio de Nantes

Avec le PSG, Nantes est l'une des équipes européennes les plus passionnantes à regarder, riche en talents et en énergie. 

Nicolas Tournat et Dragan Pechmalbec, tous deux sortis du centre de formation nantais, font partie de la dernière génération à rejoindre l’équipe première.

L’équipe de Nantes a effectué un parcours incroyable pour se hisser jusqu’au Final 4 2021, s’inclinant en demi-finale contre Barcelone. Ils ont ensuite été battus par le PSG, et ce trio est véritablement à surveiller :

L’athlète de 20 ans Theo Monar, a fait preuve de ses capacités être solide contre le Barça en demi-finale. 

Thibault Briet, l'arrière gauche de 21 ans, est passé de spectateur de la Final 4 en 2018 à joueur à la Lanxess Arena, à Cologne en 2021.

« Penser qu'à part Eduardo Gurbindo et Kiril Lazarov, tous les meilleurs joueurs de mon équipe n'ont participé qu'une ou deux fois au Final 4 et qu'à 21 ans, je vais déjà y être, ça me dépasse », a déclaré Briet à l'EHF.

N'oublions pas le jeune Baptiste Damatrin, 21 ans, qui évolue sur l'aile gauche. Il s'agit d'un autre espoir français qui a appris de précieuses leçons auprès de Lazarov, Emil Nielsen et Valero Rivera.

Il n'est pas étonnant de constater que Nikola Karabatic ne s'inquiète pas pour l'avenir de l'équipe de France.