Mélanie de Jesus dos Santos : « Prendre du plaisir à Paris 2024, car je n’ai pas pu le faire à Tokyo »

Désormais basée aux États-Unis, la quadruple championne d’Europe de gymnastique artistique est de retour à Paris pour disputer les Internationaux de France, à l’Arena Bercy. Un avant-goût des Jeux de Paris 2024, où elle a plusieurs objectifs.

Par Guillaume Depasse et Scott Bergman
Photo de 2021 Getty Images

C’est le grand retour de Mélanie de Jesus Dos Santos, à plusieurs égards.

D’abord, le retour à la compétition. Depuis les Jeux Olympiques de Tokyo 2020, la star de la gymnastique artistique française n’a participé à aucune compétition internationale. Elle sera présente aux Internationaux de France, les 24 et 25 septembre, à l’Arena de Bercy, un peu moins de deux ans avant de participer à Paris 2024, dans ce même site olympique.

Mais c’est également le retour en France pour DJDS, partie vivre aux États-Unis en mai dernier. Elle s’entraîne désormais dans la structure de Simone Biles, avec ses coachs Cécile et Laurent Landi. Un départ outre-Atlantique en partie motivé par l’envie de réussir pour les JO à domicile, mais également par une volonté de changement.

« J'ai besoin de voir autre chose, d'autres personnes. Ce nouveau cadre me permet de repartir à zéro et de retrouver une motivation », confiait la Martiniquaise lors d’une interview exclusive avec Olympics.com.

DJDS : « Je savais que je pouvais faire plus »

Cette envie de changement, elle l’a ressentie après les Jeux de Tokyo 2020. Annoncée comme l’une des principales chances françaises en gymnastique artistique, De Jesus Dos Santos avait terminé le concours général individuel à la 10e place et les barres asymétriques à la 11e place. Dans l’épreuve par équipes, la France avait pris la 6e place.

Des performances honorables pour une gymnaste de 21 ans, mais difficile à encaisser pour la quadruple championne d’Europe (sol en 2018, sol et concours général en 2019, poutre en 2021).

« Avec le recul, je me dis que pour des premiers Jeux, ça s'est plutôt bien passé. Mais j'étais déçue parce que je savais que je pouvais faire plus et je n'ai pas pu le faire. »

La bonne chose, c’est qu’elle sait identifier les causes de cette incapacité soudaine pour proposer toute l’étendue de ses talents.

« C'est la première fois de ma vie que j'étais aussi stressée parce que je pense qu'on attendait beaucoup de l’équipe, et de moi aussi. C’est quelque chose que je n'ai pas su gérer. »

« J'ai découvert un stress chez moi que je n'avais jamais ressenti auparavant et je pense que c'est ce qui a un peu foiré mes Jeux. »

« Le Gold Over America Tour de Simone Biles m’a aidé à lâcher prise »

Les Jeux terminés, il a donc fallu faire le point. Et pour DJDS, une mise en retrait de la compétition a été nécéssaire.

« J'ai pris énormément de recul parce qu'après les Jeux, j'avais l'impression d'être nulle », se rappelle la Française, qui participera aux épreuves de barre asymétrique, de poutre et de sol aux Internationaux de France.

Quelques semaines plus tard, elle était invitée par Simone Biles, quadruple championne olympique, pour participer à sa tournée de galas Gold Over America Tour. Une expérience de près de deux mois dans 35 villes des États-Unis, à pratiquer sa passion sans l’objectif de remporter une médaille. Juste pour le show.

« Ça m'a aidé à lâcher prise, à prendre du plaisir à la gym, car c'est rare de s'amuser comme j'ai pu m'amuser lors du Tour. [Toute l’année], on est vraiment en mode compétition alors que là, on danse, on s'amuse avec le public et on ne se prend pas la tête. Ça m'a permis de voir à quel point j'aimais la gym. »

Mélanie De Jesus Dos Santos : « Au début, j’avais mal partout »

Cette mise en retrait s'est révélée salvatrice. Elle a ensuite été suivie d’un nouveau départ.

Dix ans après avoir déménagé Martinique, où elle est née, vers Saint-Etienne, pour se consacrer pleinement à la gym avec les coachs Eric et Monique Hagard, De Jesus Dos Santos a pris la direction de Spring, en banlieue de Houston au Texas, pour rallier le World Champions Centre, où s’entraîne Simone Biles.

Elle y a rejoint les entraîneurs historiques de la championne, les Français Cécile et Laurent Landi, qu’elle avait pu rencontrer à l’occasion de plusieurs stages aux États-Unis.

Un grand saut outre-Atlantique où une nouvelle vie l’attendait.

« C’était difficile au début car je ne connais pas la vie ici. Et la langue change, donc il faut que je m’adapte. Dans un pays qu'on ne connaît pas, avec des personnes qu'on me connaît pas, l’adaptation est compliquée au début. Mais l’adaptation, c’est mon point fort. »

Au niveau de l’entraînement, il a également fallu également découvrir un nouveau cadre.

« Ici, on commence la gym à 7 h du matin, alors que c’était 9h30 en France, et 10h15 lorsqu’on avait école. »

« La préparation physique n’est pas la même non plus. On fait plus de répétitions sans aller trop vite. Au début, j’avais mal partout. Je ressentais des courbatures que je n’avais pas forcément senti avant. Mais sur certains exercices, j’ai remarqué que ça m’aidait beaucoup. »

DJDS sur Simone Biles : « J’admire son mental et sa capacité physique

Dans ce grand gymnase où se mêlent les gymnastes du club et les meilleures spécialistes du monde, elle peut également côtoyer Simone Biles, considérée comme l’une des plus grandes gymnastes de l’histoire. Une présence inspirante pour DJDS, qui loue les nombreuses qualités de Biles.

« J’admire son mental, sa capacité physique et sa facilité à faire de la gym », confie la Française, qui aura l’occasion de s’entraîner auprès d’elle pendant presque deux ans, dans le but d’être au plus haut niveau pour les JO de Paris 2024, tant sur le plan technique que mental.

« Je sais que je suis capable de monter sur la boîte, mais je ne veux pas me mettre la pression car je pense que c'est à cause de ça que je suis arrivée aux JO très faible. Psychologiquement, je m'étais préparée à avoir la médaille et je pense que ça m'a mis trop de pression. Donc [à Paris], je veux juste être la meilleure version de moi même, arriver avec des programmes encore plus forts que quand j'étais à Tokyo. Et puis aller titiller les meilleures. »

Mais avant tout, Mélanie De Jesus Dos Santos souhaite prendre du plaisir lors de ces Jeux à domicile.

« Je veux m’amuser et profiter de ces Jeux, parce que je n'ai pas forcément bien vécu les derniers Jeux Olympiques. Ce sont les Jeux à Paris, et je pense qu'il y aura une superbe ambiance. »

Elle pourra prendre la température dès ce week-end à l’Arena Bercy, avant le grand rendez-vous de Liverpool, lors des Mondiaux 2022, du 29 octobre au 6 novembre.

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