Marc-Antoine Olivier : « Je me vois sur la plus haute marche du podium » 

Alors qu’il va disputer le 10 km en eau libre, jeudi 5 août, le Français Marc-Antoine Olivier explique à Tokyo 2020 comment il a l’intention de ramener l’or à la maison après sa médaille de bronze en 2016.

Photo de Photo d’Ezra Shaw/Getty Images

Jeudi 5 août, Marc-Antoine Olivier va s’élancer pour la course de 10 km en eau libre avec la ferme intention d’être le seul maître à bord.

Aux Jeux de Rio 2016, il regrette d’avoir laissé les autres nageurs le malmener. « J’avais quand même un peu subi sur la fin », expliquait, dans un entretien exclusif avec Tokyo 2020 mi-juillet, le nageur de fond qui a tout de même décroché la médaille de bronze alors qu’il n’avait que 20 ans. « Je voulais essayer de me détacher un peu sur l’arrivée, mais je n’avais pas le niveau encore à cette époque-là. »

Depuis, cinq années se sont écoulées et il a emmagasiné de l’expérience qui lui permet de ne plus subir. « Je nage différemment, je sais un peu plus gérer », confie-t-il. « J’ai engrangé une confiance qui est telle que je peux faire un peu ce que j’ai envie en début de course. Je vais faire une course complètement différente. »

Une stratégie en place

Et il a déjà tout prévu concernant le déroulement de sa course. « Je vais penser tout simplement à toutes les stratégies que je peux mettre en place pour m’économiser un maximum et pour vraiment faire le plan que j’ai défini au départ », explique le nageur de 25 ans. « Vous ne pouvez pas avoir une minute d’inattention parce qu’il peut y avoir une échappée, un mauvais placement, une bouée qui peut vous faire perdre des places et ça vous fait perdre de l’énergie. Il y a tout un roulement auquel faire attention. Tout le long de la course, il faut penser stratégie et placement. »

La concentration, le nageur longue distance sait que c’est la clé de la réussite dans sa discipline. Rio 2016 constituaient les premiers Jeux Olympiques du minot de 20 ans qui découvrait un nouveau monde. « Les Jeux, c’est une grande fête. On peut vite sortir du schéma de sportif de haut niveau et passer en tant que spectateur », explique celui qui avait aussi vu, la veille de sa course, sa compatriote Aurélie Muller être disqualifiée sur le 10 km alors qu’elle était arrivée en deuxième position.

« Quand on vit quand même des émotions comme ça, c’est compliqué d’être vraiment focus », ajoute-t-il. « J’ai eu la chance d’avoir un très bon staff autour de moi, ça a pu me remettre dans le jeu des courses. Ils ont su trouver les mots. »

Philippe Lucas l’a fait progresser

Le staff qui a su le remobiliser, ce n’est autre que Philippe Lucas, l’entraîneur superstar de la natation qui a entraîné des championnes comme Laure Manaudou (médaillée d’or sur 400 m nage libre à Athènes 2004), Sharon van Rouwendaal (championne olympique sur le 10 km à Rio 2016 et vice-championne olympique à Tokyo 2020), Federica Pellegrini, Femke Heemskerk, Camelia Potec, ou encore actuellement David Aubry (médaillé de bronze sur 800 m nage libre aux Mondiaux 2019). Et donc Marc-Antoine Olivier. Ce dernier a vu les bénéfices de s’entraîner avec son coach Lucas depuis de nombreuses années.

« Quand je suis arrivé, je faisais du "haut niveau amateur". Il m’a fait atteindre les podiums internationaux », avoue le nageur qui est notamment vice-champion du monde sur 10 km en 2019, vice-champion d’Europe 2021 et qui a remporté l’étape de la Coupe du monde à Doha en mars 2021. « Il m’a fait atteindre une rigueur à l’entraînement que je n’avais pas, que ça soit difficile tous les jours. C’est là où Philippe est fort. Même dans les entraînements où tu n’es pas bien, il arrive à te pousser et à te faire faire des choses que tu ne pensais pas que tu pourrais faire. C’est là que tu progresses. »

Et il ne loue pas que l’aspect physique des entraînements de Lucas. « Même au niveau mental, on bosse toute l’année. Depuis que je suis avec Philippe, je n’ai jamais été aussi confiant. À chaque fois que je pars pour une compétition, je sais que j’ai fait le travail, je sais que j’ai été bon à l’entraînement donc ça ne peut que bien se passer en compétition. »

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Une préparation au chaud

En plus d’avoir fait le plein de confiance, Marc-Antoine s’est aussi préparé à la perfection pour les Jeux Olympiques, et en particulier pour les eaux chaudes de la base nautique d’Odaiba, qui devraient avoisiner les 30 °C.

« On avait cette température à la piscine à Montpellier, elle était à 30-31°C, même plus parfois », raconte-t-il avant d’expliquer en quoi consistait son acclimatation. « J’ai la chance d’avoir une petite terrasse [chez moi] et ça fait trois ans que j’ai un jacuzzi. Tous les soirs, j’en fais 10-15 minutes pour vraiment habituer mon corps à être dans une eau chaude. Il ne faut rien laisser au hasard. On est une discipline qui évolue en milieu naturel, on connaît à peu près les conditions qu’on va avoir donc on peut s’y préparer un maximum pour ne pas être surpris le jour de la course. »

La seule surprise qu’il risque d’y avoir le jour-J est donc l’état de forme de ses adversaires. Il va évidemment falloir surveiller de très près les autres habitués du podium, comme l’Allemand Florian Wellbrock, le Hongrois Kristóf Rasovszky et le Néerlandais Ferry Weertman, champion olympique à Rio.

Un duel avec Paltrinieri attendu

Mais aussi Gregorio Paltrinieri, l’actuel champion d’Europe 2021 sur 10 km qui est aussi champion olympique 2016 sur 1500 m nage libre et qui a fini quatrième en bassin à Tokyo 2020 le 1er août, derrière Wellbrock en bronze. Marc-Antoine apprécie l’Italien, un gars « très sympa et très fair-play ».

« J’espère qu’il y aura encore d’autres nageurs comme Paltrinieri qui viendront du bassin vers l’eau libre puisque c’est une belle discipline qui mérite d’être connue », précise Marc-Antoine. « Quand un grand nageur de demi-fond comme Paltrinieri vient dans notre discipline et qu’on voit qu’il ne gagne pas forcément tout le temps, ça montre qu’on est une belle discipline et qu’il y a du niveau. »

Mais cela n’empêche pas le Français de se voir terminer devant lui sur 10 km. « Je me vois sur la plus haute marche du podium », répond-t-il quand on lui demande de pronostiquer la course. « Après, je vois bien Florian Wellbrock en deuxième place et Gregorio Paltrinieri en trois. »

Réponse le 5 août à partir de 6h30 (heure locale), soit 23h30 heure française le 4 août !