Photo de Koki Nagahama/Getty Images
Sport collectif réservé aux joueurs déficients visuels, le goalball est une discipline pour le moins singulière, à mi-chemin entre le bowling et le handball. Aux Jeux Paralympiques de Paris 2024, les meilleures nations du monde s’affronteront pour 2 médailles d’or, du 29 août au 5 septembre à l’Arena Paris Sud.
Seule discipline avec la boccia à ne pas avoir d’équivalent aux Jeux Olympiques, le goalball est un sport où les joueurs sont à la fois attaquants... mais aussi défenseurs. Créé en 1946 par les vétérans de la Seconde Guerre Mondiale ayant perdu la vue, ce sport conçu pour les malvoyants et non-voyants a mis du temps pour se faire une place dans les Jeux Paralympiques. Après une première participation en 1976 à Toronto (Canada), ce n’est qu’en 1984, à Stoke Mandeville (Grande-Bretagne), que les femmes sont autorisées à avoir leur propre compétition.
À 3 contre 3, avec 3 remplaçants par équipe – 4 changements maximum sont autorisés dans la rencontre à condition qu'au moins un changement ait été réalisé pendant la première période – l’objectif est de marquer plus de buts que l’équipe adverse en lançant le ballon chacun son tour à la main. Le match se déroule en deux périodes de 12 minutes, avec prolongation (2 fois 3 minutes) et tirs aux buts si les deux équipes ne se sont toujours pas départagées.
Je découvre le goalball
Pour assurer une parfaite équité entre les deux équipes, les joueurs sont équipés d’un masque opaque occultant complètement la vision, mais qui protège dans le même temps les yeux d’un choc avec le ballon. Pour arrêter les tirs adverses, les défenseurs font donc confiance à leur ouïe, puisque la balle – qui pèse 1 250 grammes – est équipée de grelots à l’intérieur, accentuant le son du ballon à chaque rebond. D’où le fait que, comme au cécifoot, le public se doit d’être silencieux pour que l’équipe qui défend puisse entendre les mouvements du ballon.
C’est ensuite aux défenseurs de réaliser l’arrêt en déployant leurs qualités d’anticipation, de réactivité et de représentation dans l’espace. Il faut dire qu’avec 3 joueurs dans les buts, il faut faire confiance à son/sa partenaire pour stopper les tirs adverses.
Autre fait intéressant, les buts font 1m30 de haut sur... 9 mètres de long, autrement dit toute la largeur du terrain, qui est identique à celui de volleyball (18 m x 9 m). Terrain qui est d’ailleurs divisé en six parties égales de 3 m, avec trois parties pour chaque camp (la plus proche des buts étant la zone défensive, la deuxième la zone offensive et la troisième la zone neutre).
Photo de Carl Court/Getty Images
Un tir doit au moins faire un rebond dans l’une des deux premières parties de son camp (sur les 6 premiers mètres), puis un deuxième dans les deux parties neutres au milieu du terrain. La balle a 10 secondes pour franchir le camp adverse, ou l’équipe qui se trouvait à l’attaque est sanctionnée d’une faute – qui offre de grandes chances de but à l’adversaire en devant laisser un seul joueur défendre sur le prochain tir.
En défense, les joueurs se mettent en position d’attente avant le tir de l’adversaire, sans qu’aucune partie supérieure du corps ne touche le sol afin d'assurer une meilleure réactivité. C’est seulement quand la balle est lancée que les défenseurs s'étendent de tout leur long devant les cages pour arrêter le tir. Des marquages au sol – représentés par des ficelles sous du ruban adhésif sur chaque ligne – permettent également aux joueurs de se repérer dans l’espace et de matérialiser les zones de jeu.
Un match peut être arrêté dans le cas où une équipe possède 10 buts de plus que l’autre.
Double tenante du titre aux Jeux Paralympiques, la Turquie est ce qu’il se fait de mieux au monde depuis maintenant près de dix ans. Entre jeunesse et expérience, l’équipe menée par Gültekin Karasu veut tenter la passe de trois à Paris.
L’entraîneur s’est d’ailleurs montré clair à quelques semaines des Jeux Paralympiques de Paris 2024 : « Nous voulons conserver notre titre. Les filles ont placé la barre tellement haut que même terminer deuxième serait un échec », a-t-il avoué dans des propos recueillis par le média local Sporx.
Mais la réussite de cette équipe est aussi et surtout dûe à une joueuse en particulier : Sevda Altunoluk. À 30 ans, la Turque représente l’atout phare de cette équipe, ayant largement contribué au titre aux Jeux Paralympiques de Tokyo 2020 après avoir inscrit 9 buts en finale contre les Américaines (victoire 9-2).
Photo de Koki Nagahama/Getty Images
Si elle terminait cette édition avec 46 buts au compteur en seulement 7 matchs, la deuxième meilleure marqueuse, la Japonaise Norika Hagiwara, en avait inscrit 25.
Pour autant, ce sont bien les États-Unis qui dominent au classement des médailles hommes et femmes compris, avec trois titres paralympiques (autant que la Finlande et le Danemark). Les Américaines sont d'ailleurs les seules, tous sexes confondus, à avoir pris part à toutes les compétitions depuis 1984.
L’équipe de France a une très courte expérience dans la discipline à l'international, la délégation ayant été officiellement reconnue en 2016 dans le pays. En pleine phase de développement, les Françaises ont disputé leurs tous premiers championnats d’Europe en 2021, tandis que l’équipe masculine a participé à sa première compétition officielle continentale l’année dernière.
La liste des Français sélectionnés pour les Jeux Paralympiques de Paris 2024
Pour leur entrée aux Jeux Paralympiques, lors des phases de poules, les Bleues seront opposées à la Corée du Sud, au Canada et au Japon, alors que les garçons feront face au Brésil, tenant du titre, à l’Iran et aux États-Unis.
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