La lanceuse de poids et de disque Simone Kruger, 16 ans, vise l’or en plus de ses records du monde

Elle n’a que 16 ans mais détient déjà deux records du monde en lancer du poids et du disque. À quelques semaines des Jeux Paralympiques de Tokyo 2020, Simone Kruger rêve d’une médaille d’or.

Photo de © Reinhardt Hamman

Alors qu’elle n’a que 16 ans et qu’elle passe encore ses journées à jongler entre les cours et le sport, Simone Kruger est l’une des plus belles promesses de médailles aux Jeux Paralympiques de Tokyo 2020 pour l’Afrique du Sud. La spécialiste du lancer du poids et du disque détient déjà le record du monde dans les deux disciplines et ne semble pas faiblir à l’approche des Jeux de la fin de l’été.

Née avec une infirmité motrice cérébrale, Kruger concourt dans la catégorie F38.

« J’ai encore battu le record du monde au lancer du disque l’année dernière », se réjouit-elle. « C’était une grosse surprise en fait, je ne sais pas trop quoi penser franchement, mais c’est génial d’avoir la plus longue distance dans ma catégorie de handicap. »

« À Tokyo, nous ferons aussi face à des F37 qui lancent un peu plus loin que nous. Ce sera un gros défi à relever. Si je veux décrocher l’or, je dois lancer environ quatre mètres plus loin. C’est beaucoup, mais j’ai encore le temps d’y parvenir. Je lance actuellement à 34,52 m. »

Kruger est en effet habituée à relever les défis les plus difficiles.

« Quand je suis née, j’ai perdu la mémoire sur le côté droit de mon corps », explique la médaillée d’argent des Championnats du monde 2019 à Dubaï. « On a dû travailler tout ça à l’aide de machines, pour que je puisse marcher. Mais j’ai de la chance, je n’ai pas eu trop de séquelles et aujourd’hui, je peux marcher et courir normalement. Ça ne touche pas trop au jour le jour. »

« J’ai aussi l’habitude de concourir face à des athlètes valides. En fait, j’ai commencé dans des compétitions pour les valides. Et comme je suis confrontée à eux tout le temps et qu’ils lancent plus loin que moi, j’arrive à pousser mes limites. Je veux atteindre leurs distances. Ça me fait travailler plus dur pour obtenir ce que je peux. »

Kruger estime aussi que l’athlétisme lui a changé la vie.

« Sans le sport, je serais clouée au lit toute la journée », estime-t-elle. « Le sport m’a donné énormément d’opportunités, surtout la possibilité de voir le monde. Les Jeux Paralympiques seront géniaux pour ça, pour rencontrer de nouvelles personnes d’autres sports. Mais la médaille d’or reste mon objectif principal. »

Surtout que l’esprit compétitif coule dans les veines chez les Kruger.

« Ma sœur est la personne qui m’a le plus poussée », dit-elle. « J’ai commencé à pratiquer le lancer du poids avec elle, juste pour m’amuser. J’ai continué en voyant que ça me plaisait vraiment. Mon père est une grande inspiration aussi, mon modèle. Lui et ma maman ont tout fait pour moi depuis que je suis toute petite. Ils m’ont emmené chez le kiné, ils m’ont acheté les machines pour m’aider à marcher et à aller mieux. »

« Mon papa est mon entraîneur, du lundi au vendredi. On s’entend bien. On s’entraîne dans mon école qui n’est qu’à deux minutes de trajet. Le week-end, je vois un autre coach pour travailler sur ma technique. Ensuite, je rentre à la maison avec ce que j’ai appris et je progresse. »

Simona-Kruger
Photo de © Luc Percival

« C’est super d’avoir son père comme entraîneur même si ça dépend aussi de mon humeur ! Il y a des jours plus difficiles où je suis fatiguée après les cours, mais franchement, ça va. J’utilise tous les poids pour les seniors maintenant et je suis satisfaite de mes distances. »

Kruger, qui aime l’informatique et la biologie à l’école, aimerait devenir physiothérapeute. Avant cela, elle espère connaître le succès pendant de nombreuses années en para-athlétisme de haut niveau, à commencer par une grosse prestation cet été.

Par Paralympic.org