L'Italienne Andrea Voetter et ses coéquipiers sont prêts à mettre fin au règne de l'Allemagne en luge

Depuis ses débuts à l'édition de Sotchi en 2014, l'épreuve mixte de relais par équipes en luge est devenue l'une des épreuves de glisse les plus appréciées par les spectateurs des Jeux Olympiques d'hiver. La puissance brute d'Andrea Voetter fait d'elle un élément clé de son groupe de jeunes Italiens en quête de l'or aux Jeux de Beijing 2022. Leur objectif ? Mettre fin au règne de l'Allemagne dans ce sport.

Photo de Getty Images

Dire que la délégation allemande domine sans partage les épreuves de luge depuis dix ans tient presque de l'euphémisme. Menée par les légendaires Natalie Geisenberger et Felix Loch, l'Allemagne s'est en effet imposée lors des trois dernières éditions des Jeux Olympiques d'hiver en raflant deux des trois médailles d'or de la compétition à Vancouver 2010, les quatre de Sotchi 2014 et trois sur quatre à PyeongChang 2018.

Donc quand une nouvelle épreuve, le relais mixte par équipes, est née pour les Championnats du monde de luge de 2008, avant de faire ses débuts olympiques à Sotchi, c'est sans surprise que les Allemands s'en sont également emparés. Sur neuf Championnats du monde, ils sont montés sur la première marche du podium huit fois dans cette discipline, dans laquelle un homme, une femme et une paire de lugeurs descendent la piste à tour de rôle avec pour objectif d'enregistrer un temps combiné le plus bas possible. Bref, l'Allemagne était indétrônable.

Andrea Voetter
Photo de Getty Images

C'est pourquoi tout le monde a été surpris de voir une équipe de quatre Italiens s'emparer du titre face aux favoris aux Championnats d'Europe de luge de 2019 à Oberhof. Parmi eux se trouvait Andrea Voetter, une jeune athlète aussi rapide que l'éclair originaire du Sud-Tyrol dans le nord de l'Italie. Arrivera-t-elle à mettre fin au règne tenace de l'Allemagne ? C'est en tout cas son but.

Mes objectifs pour les Jeux de Beijing 2022 sont ambitieux : je veux vraiment me battre pour les médailles. Andrea Voetter - Andrea Voetter

"J'ai plus d'attentes que pour Sotchi, car je n'avais que 19 ans à l'époque. C'était un moment très spécial pour moi et une chance inouïe de pouvoir participer à mes premiers Jeux à cet âge-là. J'ai profité de chaque instant. Cette expérience m'a énormément appris. C'était fantastique de voir tous les spectateurs à l'arrivée."

Les performances individuelles de l'Italienne lui ont permis de se hisser vers le haut du classement. Elle a terminé septième au classement général de la saison 2018-2019 de la Coupe du monde et aurait sans doute continué sur sa lancée si cette année n'avait pas été perturbée par la pandémie de COVID-19. Sa victoire aux côtés de ses coéquipiers Dominik Fischnaller, Ivan Nagler et Fabian Malleier contre l'Allemande Natalie Geisenberger et son équipe d'invincibles aux Championnats d'Europe a prouvé que l'Italie pouvait se montrer redoutable en relais mixte.

"J'adore le relais mixte", s'exclame Andrea Voetter. "C'est très différent de l'épreuve individuelle. Nous ne sommes pas seuls, nous faisons partie d'une équipe, donc nous avons plus de responsabilités lors des courses. On gagne ensemble et on perd ensemble."

Et d'ajouter : "La course n'a cessé de se corser ces dernières années. Les équipes sont de plus en plus proches [en matière de temps d'arrivée].

J'adore le moment où l'on frappe le pavé pour ouvrir la porte de départ de son coéquipier. C'est exaltant. Pour remporter une course comme nous l'avons fait en 2019, il faut que tous les lugeurs soient rapides. Il est également important que tous les membres de l'équipe soient bien accordés. L'équipe italienne s'entend très bien et nous nous complétons. Nous sommes de plus en plus forts ensemble."

Andrea Voetter
Photo de Getty Images

La force physique d'Andrea Voetter, qu'elle doit en partie à sa pratique d'autres sports, est le secret de ses progrès en individuel comme en équipe. "Enfant, je pratiquais beaucoup de sports", confie-t-elle. "Je faisais partie de l'équipe de handball, j'étais bonne en athlétisme et en ski. J'ai toujours aimé être dehors, dans la nature, et aller vite. J'adore la vitesse.

J'ai commencé la luge à 11 ans, sur une piste naturelle, et j'ai commencé à m'entraîner sur des pistes artificielles à 14 ans. J'ai fait mes premières courses à Igls. J'ai tout de suite accroché. Nous avons commencé à partir du virage 10, puis petit à petit, nous nous élancions de plus haut. Pour réussir, il faut faire un départ rapide, rester aérodynamique, avoir une bonne luge et aimer ça. Prendre du plaisir est essentiel. Il faut aussi avoir de bons réflexes, de la force, être concentré, précis et avoir un bon mental.

En été, je m'entraîne principalement dans le but d'améliorer mes départs. Je fais beaucoup d'exercices de musculation des bras et je m'entraîne sur une rampe de départ. Puis d'octobre à mars, nous sommes sur la piste. Nous nous entraînons également en équipe à Meransen, dans le Sud-Tyrol. J'y consacre quatre à cinq heures par jour, du lundi au vendredi."

Le Sud-Tyrol est à peu près le seul endroit d'Italie où la luge attire l'attention, en partie grâce à une légende locale surnommée "Le cannibale" pour ses exploits dans cette discipline.

"La luge n'est pas très populaire en Italie", indique Andrea Voetter. "Nous venons tous du Sud-Tyrol dans l'équipe. Armin Zoeggeler vient aussi d'ici. Il a remporté des médailles à tous les Jeux Olympiques auxquels il a participé. C'est un homme fantastique."

Depuis Armin Zoeggeler, seuls les Allemands faisaient une razzia sur les médailles en luge, mais grâce à l'équipe brillante d'Andrea Voetter, l'Italie (et en particulier le Tyrol) pourrait bien leur donner du fil à retordre. "Nous avons des chances de gagner", affirme l'Italienne. Et de conclure : "Nous aurons besoin de faire de bonnes courses et d'un peu de chance, mais nous pouvons le faire."

VIVEZ OLYMPIQUE. À 100 %.

Événements sportifs en direct gratuitement. Accès illimité aux séries. Les actualités et les temps forts olympiques en exclusivité
Inscrivez-vous ici Inscrivez-vous ici