Photo de 2024 GETTY IMAGES
Ce dimanche 28 juillet sur la Colline d'Élancourt, deux Françaises étaient alignées sur l'épreuve de VTT cross-country femmes, en VTT cross-country, aux Jeux Olympiques de Paris 2024.
La quadruple championne de France consécutive Loana Lecomte et celle qu'elle considère comme sa mentor, la multiple médaillée mondiale Pauline Ferrand-Prévot.
Faisant figure de favorite à domicile, PFP n'a pas fait mentir sa réputation en s'imposant avec la manière avec 2 min 57 s d'avance sur l'Américaine Haley Batten. Le podium est complété par la Suédoise Jenny Rissveds, qui avait été remporté l'or olympique à Rio 2016 sur cette épreuve.
Elle décroche ainsi le seul titre qui manquait à son palmarès XXL et offre une deuxième médaille d'or à la France, au lendemain du sacre des Bleus d'Antoine Dupont en rugby à 7.
« Elle a réussi la course de sa carrière. Elle a tout gagné en VTT donc elle n’a plus rien d’autre à prouver », a déclaré la cycliste belge Émeline Detilleux en zone mixte.
Le président de Paris 2024 Tony Estanguet s'est exprimé à son tour après la course : « C’est génial, c’est incroyable, quelle championne ! De voir ça, c’est vrai que pendant quelques minutes j’ai retourné ma casquette d’organisateur pour me laisser emporter par mes émotions [...] Elle avait vraiment envie d’affronter cette dernière année avec beaucoup d’envie donc ça fait du bien de la voir gagner cette médaille d’or qui manquait à son palmarès. C’est tellement mérité ! »
D’autant plus que c’est la première fois qu’il y a un écart aussi important que la médaillée d’or et sa dauphine. Un record qui vient effacer celui du VTT hommes (2 min 36 s) à Atlanta 1996*.
Loana Lecomte a malheureusement chuté pendant le quatrième tour, au moment où elle était sur le podium provisoire, la contraignant à l'abandon.
Découvrez ci-après le résumé de cette course folle aux JO de Paris 2024 et la réaction de Pauline Ferrand-Prévot, sacrée championne olympique à domicile.
*Les parcours des épreuves n’étant pas les mêmes d’une édition olympique à l’autre, ces performances sont difficilement comparables, mais un tel écart ne s'est jamais produit aux JO.
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Un premier quatuor s’est rapidement détaché dès le premier tour, avec les deux Tricolores ainsi que la Néerlandaise Puck Pieterse et la Suissesse Laura Stigger.
Sur la boucle suivante, PFP profite d’une montée pour tenter de semer ses adversaires. Son effort paie, elle creuse l’écart, mais sa compatriote Loana Lecomte tient le coup derrière, devant Pieterse.
La leader provisoire appuie davantage sur la pédale et compte plus d’une minute d’avance à la fin du troisième tour, tandis que Pieters se détache de Lecomte, menacée par ses poursuivantes.
La prétendante à la médaille de bronze commet ensuite une erreur qui lui brûlera les ailes : un soleil l’a couchée à terre, rappelant tragiquement la chute de Pauline Ferrand-Prévot à Tokyo 2020. Victime d’un traumatisme crânien et touchée à la mâchoire, comme l’a indiqué L’Équipe, elle a été évacuée, contrainte à l’abandon.
Parallèlement à l’épreuve d’équitation cross-country pour le concours complet individuel et par équipes, PFP a fait cavalier seul pendant quasiment six tours sur sept, avec un rythme intenable pour ses concurrentes. Si sa monture n’avait pas la même allure que Diabolo Menthe chevauché par le double médaillé olympique tricolore Nicolas Touzaint, son explosivité et son mental d’acier sous son casque comparable à la bombe de son compatriote cravachaient tout autant !
Dès la fin de la 5e boucle, Pauline Ferrand-Prévot affiche 2 min 50 s d’avance au compteur.
Autre coup de tonnerre : Pieterse est victime d’une crevaison au niveau de sa roue arrière, ce qui lui coûtera le podium.
Quand la cloche sonne le dernier tour, poussée par 13 000 spectateurs et beaucoup de drapeaux bleu-blanc-rouge, PFP reste concentrée sur son objectif. Quand elle réalise que celui-ci est à portée de roue, elle se retourne par sécurité, lève les bras au ciel avant de franchir la ligne d’arrivée en pleurant de joie.
Une émotion qui ne la quittera jusqu’au podium et la Marseillaise en l’honneur de son sacre olympique qui vient récompenser un énorme palmarès.
« J’étais en mode robot depuis pas mal de mois, en mode je suis dans ma bulle : je ne parle à personne, je m’entraîne, je mange, je dors. C’est vrai que l’émotion retombe, toute celle que j’ai gardée pendant des mois, elle s’évacue en ce moment donc je pense que je vais beaucoup pleurer », a déclarée la championne olympique française en zone mixte.
Et d'ajouter : « Il n’y a juste pas de mots […] : j’ai vécu en ermite et là c’est comme un Indien dans la Ville, j’arrive et tout le monde clame mon nom, je gagne, je vois ma famille pleurer. C’est des émotions incroyables ! »
« Je voulais être ce que j’ai été aujourd’hui : ça peut paraître prétentieux, mais je voulais vraiment faire cette course-là, me mettre en mode robot, en mode je fais les montées à fond, je fais les descentes un peu plus tranquille pour récupérer. Je n’ai pas entendu de temps, je n’ai pas entendu le public, j’étais tellement centrée sur moi-même, j’étais en mode ‘il faut que je le fasse’. »
Et elle l’a fait !
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