Jeux Olympiques de Paris 2024

JO de Paris 2024 : Audrey Cordon-Ragot veut vivre les « Jeux Olympiques les plus aboutis » de sa carrière après un AVC en 2022

Par Nicolas Kohlhuber
4 min|
Audrey Cordon Ragot 

Photo de A.S.O./Thomas Maheux

Audrey Cordon-Ragot a été sélectionnée pour ses troisièmes Jeux Olympiques.

Après Londres 2012 et Rio 2016, elle est attendue à Paris 2024. Mais beaucoup de choses ont changé pour la cycliste française depuis la dernière fois qu’elle a franchi une ligne d’arrivée aux JO.

La cycliste de 34 ans a notamment eu besoin de surmonter une épreuve bien plus exigeante que n'importe quelle étape de grands tours. Elle a été victime d’un AVC en septembre 2022, un événement qui menace une carrière mais qui change surtout une vie.

« Mon AVC a clairement été l'épreuve la plus marquante de ma vie. Je me suis rendue compte que la vie ne tenait qu'à un fil », disait-elle dans une interview exclusive avec Olympics.com en 2023.

Celle qui venait de remporter sa première victoire sur l'UCI World Tour grâce à un succès sur la Postnord Vårgårda WestSweden se préparait à participer aux Championnats du monde de cyclisme sur route 2022. Ce souci de santé en a décidé autrement, la plongeant dans une véritable peur.

Pour la surmonter, la native de Pontivy dans le Morbihan a pu compter sur une échéance clairement définie : les JO de Paris 2024.

« Reprendre le cyclisme avec l'objectif de participer aux Jeux Olympiques de Paris 2024 m’a aidée à surmonter cette épreuve. Depuis que les JO ont été attribués à Paris, mon rêve absolu est de pouvoir y finir ma carrière et je savais que pour pouvoir le réaliser, je devais me remettre de cet AVC. »

En laissant les cauchemars vécus derrière elle, Audrey Cordon-Ragot est aujourd'hui en passe de réaliser ce rêve. Elle a été officiellement sélectionnée pour les JO de Paris 2024 ce mardi 28 mai.

LIRE AUSSI - Paris 2024 révèle le parcours des épreuves de cyclisme sur route

Londres 2012 et Rio 2016, deux expériences olympiques différentes pour Audrey Cordon-Ragot

Audrey Cordon-Ragot a un rapport particulier avec l'équipe de France. Elle avoue que porter le maillot tricolore au départ d’une course la « transcende » et lui apporte de la fierté au point d’avoir « la Marseillaise en tête ».

Cette émotion particulière n'a pas changé malgré les saisons et les sélections. La première fois qu'elle a connu cet honneur aux Championnats du monde remonte à 2011 avec une 87ᵉ place sur la course en ligne. Elle avait alors 22 ans. Dès l'année suivante, la Bretonne a été sélectionnée pour les Jeux Olympiques de Londres 2012, une participation aussi inattendue que mémorable.

« Je n'avais pas démarré la saison en me disant ‘Je vais faire les Jeux cette année’ parce qu'il y avait des filles qui étaient encore plus aguerries que moi. Et puis on se retrouve là avec un pari de l'équipe de France de mettre des jeunes qui, pour eux, ont de l'avenir. C'est un souvenir de découverte où on a les yeux écarquillés. Tous les jours, on voit des grands champions, on découvre, on profite vraiment de l'esprit olympique et puis un petit peu moins finalement, de la performance », se rappelle celle qui a pris la 15e place du contre-la-montre et n'est pas arrivée au bout de la course en ligne.

Avec cette expérience et deux premiers titres nationaux en contre-la-montre, la Française était autrement plus ambitieuse à l'approche des Jeux Olympiques de Rio 2016. Elle a finalement été rattrapée par une maladie qui ne lui a pas permis de passer à la vitesse supérieure.

« Je m'étais mis une grosse pression, j'avais tout bien comme il fallait et puis on arrive là-bas et il y a tout qui ne va pas, il y a tout qui part complètement à l'envers. On se rend compte qu'on était malade. On avait une toxoplasmose, mais on ne s'en rend compte qu'une fois rentrés à la maison », regrette la 24e du contre-la-montre et la 37e de la course en ligne.

Pour laisser derrière elle cet échec et les épreuves de la vie, la cycliste aux huit maillots tricolores de championne de France compte bien profiter des JO de Paris 2024 pour une fin en apothéose.

« Il y a ces Jeux qui arrivent et qui seront les derniers de ma carrière, qui doivent être les Jeux les plus aboutis de ma carrière, avec une réelle envie d'aller performer pour l'équipe et en fonction de comment la course se passe, peut être aller chercher un résultat personnel. Finir en allant ou en accompagnant une fille vers une médaille, ça serait le rêve absolu. »

LIRE AUSSI - Calendrier du cyclisme sur route aux Jeux Olympiques de Paris 2024

Related content