Photo de Paris 2024 / Getty Images
Ce vendredi soir, au journal télévisé de 20 heures de France 2, les noms des porte-drapeaux français pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques de Paris 2024 seront dévoilés.
Alexis Hanquinquant (Para triathlon), David Smétanine (Para natation), Nantenin Keïta (Para athlétisme) ou Nélia Barbosa (Para canoë) ? Les athlètes paralympiques français ont désigné les 9 et 10 juillet leurs porte-drapeaux lors d'un scrutin organisé par le Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF). Mixte, le duo élu parmi ces quatre noms portera le drapeau tricolore le 28 août prochain lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Paralympiques de Paris 2024.
Présentation des forces en présence.
Le 28 août 2021, le Normand Alexis Hanquinquant devenait champion paralympique de Para triathlon à Tokyo (Japon). Au terme d’une course parfaite, le natif d’Yvetot (Seine-Maritime) l’emportait effectivement, drapeau bleu-blanc-rouge dans les mains, avec près de 4 minutes d’avance sur son premier poursuivant. Une consécration, alors, pour cet immense champion de 35 ans, triple médaillé d’or mondial avant de décrocher le graal au pays du soleil levant.
Photo de Lintao Zhang/Getty Images
Depuis, Alexis Hanquinquant a continué de régner sur sa discipline, glanant notamment trois nouveaux sacres planétaires en catégorie PTS4. Au-dessus du lot et star de sa discipline, il est dorénavant plus qu’un simple para sportif, en témoigne sa participation à la montée des marches du Festival de Cannes en compagnie de la précieuse flamme olympique. C’est donc tout naturellement qu’il fait partie de la liste des prétendants au poste de porte-drapeau de la délégation française lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques de Paris 2024 prévue le 28 août prochain sur les Champs-Elysées et la Place de la Concorde.
Légitime pour être élu par ses pairs, l’Yvetotais de 38 ans ferait un superbe porte-drapeau. Seulement, il doit faire face à la concurrence de la légende David Smétanine, para nageur de 49 ans nonuple médaillé paralympique.
Celui dont la vie a basculé le 5 août 2010 – alors maçon, sa jambe droite est écrasée par un engin – s’est fait amputer jusqu’au genou trois années plus tard. Le sport, après cette épreuve, est alors apparu comme un exutoire pour le Normand. Une histoire couchée sur le papier à l’occasion de la publication, il y a quelques semaines, de son livre La Rage de vaincre, co-écrit avec la journaliste Marie-Céline Dubois.
« J'ai voulu, avec ma femme Eva, transmettre mon histoire via ce livre à mes enfants. Ils sont encore un peu jeunes pour comprendre, mais on voulait laisser une trace, avec ce livre, pour qu'ils puissent dans quelques temps se plonger un peu dans cette noirceur qu'on a traversée, avec leur mère », indiquait-il lors de la promotion de cet ouvrage dans les colonnes de France Bleu.
Boucler la boucle. Il y a 22 ans, Nantenin Keïta (“Nanto” pour les intimes) décrochait son premier résultat notoire sur la scène internationale (une médaille d’argent aux championnats du monde du 400 m T13). Depuis, la native de Bamako (Mali) a disputé pas moins de quatre paralympiades et une cinquième est dans son viseur à l’occasion des Jeux de Paris 2024. Le succès a bien souvent été au rendez-vous pour elle, en témoigne son armoire à trophées qui compte aujourd’hui quatre médailles paralympiques, dont une en or décrochée en 2016 à Rio.
2024 marquera à coup sûr le parcours de cette athlète déterminée et inspirante. Et pour cause, sa carrière prendra fin à l’issue des Jeux de Paris 2024, son ultime challenge à la maison. Mais avant de se retirer des pistes, Nantenin Keïta a vécu ce que des milliers d’athlètes rêvent de vivre dans leur carrière : porter la flamme olympique. Le 8 mai dernier, la sprinteuse a en effet été sa première porteuse sur le territoire français. Un moment hors du temps.
Photo de Alexandre Loureiro/Getty Images
Son handicap ne l’a jamais écarté de ses objectifs. Obstinée, elle ne fait pas de l’albinisme un point faible, pas plus que sa cécité (elle n’a que 0,7 et 0,8 dixième aux yeux, avec des difficultés de perception des couleurs et des distances). Membre de la catégorie T13, elle truste les podiums depuis 20 ans sur 100, 200 et 400 m. Des performances faisant d’elle l’une des para athlètes les plus titrées de France (14 médailles glanées à l’échelle internationale).
Championne paralympique et ambassadrice des droits des personnes atteintes d’albinisme, Nantenin Keïta est sur le point d’entamer ses cinquièmes Jeux avec l’ambition de briller ! « L’objectif est de ressortir des Jeux de Paris en se disant, je n'ai aucun regret, que j'ai fait ce que j'avais à faire, que j'ai été au bout de mon histoire, que je suis fière de moi. Ça serait déjà génial », déclarait-elle pour Olympics.com à l’été 2023. Diplômée d’un BTS Action Commerciale, elle travaille depuis 2009 au sein de l’équipe des Ressources Humaines chez Malakoff Médéric.
Là, elle œuvre en faveur de l’insertion des personnes en situation de handicap et de leur évolution professionnelle. Des qualités en et hors de la piste qui lui valent en 2016 la Légion d’honneur et un statut de leader au sein de la délégation paralympique française.
David Smétatine est une référence de la Para natation tricolore. À 49 ans, le Grenoblois possède un palmarès long comme le bras : double champion paralympique sur 50 m et 100 m nage libre en 2008, il a également remporté trois médailles d’or aux championnats du monde d’Eindhoven (Pays-Bas) en 2010 (sur 50 m, 100 m et 200 m nage libre), dans sa catégorie S4.
Victime d’un accident de voiture à 21 ans, qui l’a rendu tétraplégique partiel, le Français a retrouvé goût à la compétition grâce à la natation, une discipline qu’il pratiquait déjà dans sa première vie. Avec plus de 20 ans de présence au haut-niveau, l'Isérois a, à son actif, pas moins de 155 titres de champion national et va disputer ses sixièmes Jeux, ses premiers à domicile.
Photo de Catherine Ivill//Getty Images
Hors des bassins, David Smétanine est un homme bien occupé. Représentant des athlètes “World Para Swimming” au Comité International Paralympique, il est également membre du comité des athlètes de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) et de la commission des athlètes du CNOSF et du CPSF. Le nonuple médaillé paralympique a aussi récemment ajouté à son emploi du temps le poste de membre de la commission des athlètes de Paris 2024.
Décoré chevalier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du mérite, il a par ailleurs occupé quelques postes en politique. Ancien conseiller régional de Rhône-Alpes, l’Isérois a également été conseiller spécial du directeur général des services de sa ville de Grenoble.
« J’ai eu besoin d’avoir cet engagement dans plusieurs structures, institutionnelles, associatives ou politiques. Chacune de ces expériences est enrichissante. Elles permettent de faire passer des messages et d’ouvrir les yeux sur différentes problématiques », expliquait-il dans une interview accordée à Sport & Société.
Celui qui vise pour la première fois le rôle de porte-drapeau de la délégation française – lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques de Paris 2024 prévue le 28 août prochain – espèrera ainsi obtenir la majorité des votes des athlètes pour représenter au mieux l'ensemble des para sportifs tricolores.
À 25 ans, la para kayakiste Nélia Barbosa fait désormais partie des favorites dans sa catégorie KL3. Un statut logique et assumé pour cette jeune femme qui avait montré tout son talent aux yeux du monde en décrochant l’argent à Tokyo pour sa première paralympiade. Cette seconde session paralympique, à domicile qui plus est, lui donne des ailes et de l’ambition ! Son objectif n’est autre que la médaille d’or dans cette catégorie KL3 dédiée aux athlètes qui ont une fonction complète des bras et du tronc et une fonction partielle des jambes. C’est plus précisément de la partie inférieure de la jambe droite de laquelle Nélia est amputée en 2017 des suites d’une maladie génétique, la neurofibromatose.
Photo de Sebastian Widmann/Getty Images
Éprise de canoë depuis son adolescence, la licenciée du Red Star Club Champigny s'épanouit dans son embarcation dans laquelle elle accumule les heures d’entraînement. Il faut dire qu’elle affectionne tout particulièrement le rapport à la nature et à l'extérieur qu’offre cette discipline. « Pour moi, le kayak est devenu presque vital, j'ai besoin d'être en extérieur, d'être sur l'eau », explique-t-elle souvent. Ces efforts consentis ont d’ailleurs rapidement porté leurs fruits sur la scène internationale. Dès 2019, Nélia Barbosa obtient sa première médaille en terminant vice championne d’Europe avant de confirmer par la suite avec une médaille d’argent à Tokyo.
Pour pouvoir boucler son 200 mètres en 46 secondes, elle s’entraîne quotidiennement. Parfois même trois fois par jour lors de ses périodes de stage. Son intégration au CREPS (centre de ressources d'expertise et de performance sportive) de Villeneuve-sur-Lot (47) lui permet de travailler les moindres détails techniques et physiques qui, espérons-le, la mèneront sur la plus haute marche du podium cet été à Paris mais aussi à Los Angeles en 2028, puisque la jeune femme se projette sur le long terme.
Porter le drapeau tricolore dès cette année serait, dès lors, une magnifique surprise pour la native de Lisbonne (Portugal).
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