"Je n'ai jamais pris autant de plaisir à faire du curling qu'aux JOJ", raconte Tyler Tardi, médaillé d'or à Lillehammer en 2016

Depuis sa médaille d'or à l'épreuve de curling mixte des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) d'hiver de Lillehammer 2016 aux côtés de Mary Fay, Karlee Burgess et Sterling Middleton, Tyler Tardi a remporté deux titres mondiaux en junior et espère briller tout autant sur le circuit senior. Olympic.org s'entretient avec le Canadien sur ce qu'il retire de son expérience aux JOJ et discute de ses objectifs pour l'avenir.

Photo de OIS

Quel bilan tirez-vous de votre expérience aux JOJ d'hiver de Lillehammer 2016 ?

"Honnêtement, c'est l'une de mes meilleures expériences. J'étais le joueur n°3 pour cette épreuve, un changement bienvenu, car j'étais le skip depuis pas mal de temps. C'est vraiment un bon souvenir."

Quelle importance avaient les JOJ pour vous à l'époque ?

"Oh, énorme ! C'était la première fois que je représentais le Canada. C'est évidemment génial de pouvoir représenter son pays. Je pense aussi que cette expérience nous a beaucoup aidés dans les compétitions juniors qui ont suivi et pour lesquelles nous représentions encore le Canada. Sans ça, je ne pense pas que nos résultats auraient été les mêmes. Je dois beaucoup au comité de sélection de m'avoir choisi pour faire partie de cette équipe et m'avoir aidé à réussir.”

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Comment était-ce de concourir dans une équipe mixte [aux côtés de Sterling Middleton, Mary Fay et Karlee Burgess] ?

"J'avais déjà joué en mixte auparavant, c'est une dynamique différente et intéressante. On nous a prévenus environ un an avant les Jeux, donc nous avons eu le temps de nous réunir quelques fois pour jouer ensemble. C'était très amusant et j'ai eu bien sûr beaucoup à apprendre. Je n'avais encore jamais joué au poste de troisième joueur. Si je me souviens bien, nous avons pris cette décision quelques mois avant les JOJ et ça m'allait totalement. C'était génial de faire la connaissance des filles et j'avais déjà l'habitude de jouer avec Sterling."

Que retenez-vous de la compétition elle-même ?

"C'est assez drôle parce que j'avais beaucoup de mal durant les week-ends d'entraînement et le tournoi qui ont précédé les Jeux. Je trouvais mes performances plutôt décevantes et je n'étais pas satisfait. Mais quand le jour J est arrivé, je me suis enfin ressaisi et tout s'est parfaitement déroulé. Tous nos efforts et notre entraînement ont porté leurs fruits. Je n'aurais pas pu être plus satisfait de mes coéquipiers. Tout s'est mis en place au bon moment."

Y a-t-il des moments ou des matchs spécifiques qui vous ont marqué ?

"Plus que des moments spécifiques, je dirais que je me souviens surtout d'avoir eu la chance de rencontrer des athlètes du monde entier. Nous avons joué contre beaucoup d'équipes et de personnes que l'on revoit partout dans le monde, comme Ross Whyte. Nous avons joué contre lui aux Jeux et à la finale junior des Championnats du monde il y a quelques années. On revoit ces joueurs tout le temps. Des Suédois, des Suisses... C'est toujours les mêmes. Donc, ce n'est pas tant les Jeux en eux-mêmes qui me restent en tête, mais les personnes que j'y ai rencontrées."

Qu'avez-vous ressenti en remportant la médaille d'or ?

"Énormément de joie. Nous avons vraiment super bien joué, donc cette médaille gravée des cinq anneaux a d'autant plus de valeur à mes yeux. C'était même encore plus fort pour moi parce que je connais le skip de l'équipe américaine, Luc Violette, depuis très longtemps. Nous nous sommes affrontés dans des ligues locales. Comme il vit à trois heures de chez moi, il lui arrivait de venir en Colombie-Britannique pour affronter nos équipes locales avec son équipe et vice-versa. Je me suis senti mal pour lui parce que je le considère toujours comme un ami, mais c'était absolument incroyable de décrocher l'or avec trois de mes meilleurs amis."

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Vous avez également participé à l'épreuve de double mixte, qui rassemble en équipes des balayeurs de différents Comités Nationaux Olympiques, pour laquelle vous vous êtes classés à la quatrième place. Qu'avez-vous pensé de cette épreuve ?

"C'était vraiment sympa. Ma partenaire, la Japonaise Honoka Sasaki, ne parlait pas un mot d'anglais, donc nous avons beaucoup utilisé Google Traduction. C'était intéressant comme dynamique. On s'est énormément amusés. On jouait évidemment pour gagner, mais c'était aussi l'occasion de bien nous amuser, ce que nous avons fait. Je lui parle encore de temps en temps. C'était une expérience très sympa et intéressante."

Qu'avez-vous appris pendant votre séjour à Lillehammer qui vous a aidé dans votre carrière depuis ?

"Je pense que dans le curling canadien, on a une plus grande pression sur les épaules lorsque l'on porte la feuille d'érable sur son maillot. Avoir déjà eu la chance de représenter le Canada a enlevé un peu de cette pression pour les compétitions à venir. Je sais maintenant que dans n'importe quel tournoi, régional, national ou international, ce n'est pas le pays ou l'équipe que l'on représente qui a le plus d'importance. On participe parce qu'on aime ce sport et qu'on a tous un objectif commun. Il n'y a aucune raison de se mettre une pression supplémentaire parce que l'on représente ceci ou cela. On est là pour gagner, c'est ça l'objectif. Bien sûr, c'est un très grand honneur de représenter son pays, mais au bout du compte, on est là pour livrer notre plus belle performance, donc il est inutile de se faire du souci pour ce genre de choses."

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Votre parcours en junior est brillant, vous avez gagné une médaille d'or aux JOJ et deux titres de champion du monde junior. À quel point est-ce ensuite difficile d'accéder au niveau senior ?

"C'est une étape très importante dans nos carrières, mais participer à autant d'épreuves masculines à un jeune âge nous a clairement servi de tremplin. Nous savions que ça n'allait pas être facile de passer au niveau supérieur, surtout au début, mais je suis content que nous ayons réussi. En plus, nous avons déjà fait l'expérience des Championnats du monde et comme pour tout, plus on pratique, plus on s'améliore. Nous connaissons une belle croissance en ce moment."

Quels sont vos objectifs à long terme ? Êtes-vous en mesure de viser les Jeux Olympiques d'hiver de Beijing 2022 ?

"C'est assez compliqué. Nous sommes à un moment charnière. Je pense que nous n'en sommes pas loin. Je pense que nous avons le niveau pour participer aux épreuves de présélection, et peut-être même à celles de sélection si nous nous en sortons bien. Je ne sais pas comment se passent les qualifications avec la COVID-19, mais c'est évidemment l'un de nos objectifs. Ça serait déjà une bonne expérience pour commencer et nous réussirons peut-être même à surprendre quelques équipes. Ensuite, nous aurons quatre ans pour vraiment bien nous préparer."

Pensez-vous que votre expérience à Lillehammer vous aidera si vous arrivez à vous qualifier pour les Jeux Olympiques d'hiver ?

"Je pense que chaque occasion que j'ai et que j'aurai de représenter mon pays me permettra de réduire un peu la pression. J'imagine qu'arriver à des Jeux Olympiques et représenter son pays pour la toute première fois de sa carrière est une expérience plutôt stressante. Le mieux est d'essayer de porter la feuille d'érable autant de fois que possible avant d'arriver à ce stade pour avoir plus de chances de réussite."

Et que représentent les Jeux Olympiques pour vous, en tant qu'athlète ?

"Tout ! J'y travaille depuis toujours. C'est l'objectif de toute une vie. Je n'abandonnerai pas tant que je n'aurai pas eu l'honneur de représenter mon pays aux JO. Tous les joueurs de curling en rêvent et font tout pour y arriver."

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