Aux Jeux de Rio 2016, Inès Boubakri est devenue la première escrimeuse africaine à remporter une médaille olympique. Avec plus de 60 médailles internationales à son actif, celle qui a quitté son pays pour réaliser son rêve sportif est qualifiée pour Tokyo 2020 et n’a qu’un seul but : décrocher l’or.
(Dean Mouhtaropoulos)
L’escrime, une évidence pour Inès Boubakri. Sa mère, Henda Zaouali, était championne de Tunisie et a participé aux Jeux Olympiques d’Atlanta 1996. Elle a initié Inès à l’escrime à l’âge de 5 ans, dans sa ville natale de Tunis.
À 19 ans, Inès décide de quitter la Tunisie pour la France afin de maximiser ses chances de percer à haut niveau et de réaliser son rêve sportif. Elle rejoint alors le club de Bourg-la-Reine en région parisienne au sein duquel elle décroche ses premières médailles internationales. Dotée d’une soif de vaincre inébranlable, elle admet que sa volonté tient aussi à sa mère :
« Elle a un fort caractère et s’est toujours donnée à fond. Aujourd’hui, d’une certaine manière elle attend de moi que j’obtienne ce qu’elle n’a pas réussi à atteindre elle-même », confiait-elle dans une interview à Olympic Channel.
La septuple championne de Tunisie est l’une des rares escrimeuse à savoir manier deux armes au plus haut niveau : l’épée et le fleuret. Mais c’est en fleuret qu’Inès Boubakri a écrit l’histoire aux Jeux Olympiques de Rio 2016. En décrochant la médaille de bronze en individuel, elle est devenue la première athlète africaine à décrocher une médaille olympique en escrime.
Mais l’athlète aux 13 titres de championne d’Afrique ne compte cependant pas s’arrêter au bronze olympique. Elle veut remporter l’or.
Avant Rio, Boubakri avait participé aux Jeux Olympiques de Pékin 2008, ne parvenant pas à passer le premier tour.
À Londres 2012, elle a échoué aux portes des demi-finales, avant d’y parvenir à Rio et de décrocher sa médaille. Mais elle reste tout de même sur sa faim.
« J’ai remporté le bronze à Rio mais je n’ai pas réalisé mon rêve », lance-t-elle. « Mon rêve est de décrocher la médaille d’or. Quand j’ai perdu en demies à Rio, j’ai réalisé que j’avais encore tant à donner et que je pouvais faire quelque chose de grand à Tokyo. Je travaille dur jour et nuit pour remporter cette médaille d'or à Tokyo. »
Dores et déjà qualifiée pour les Jeux, Boubakri a poursuivi son entraînement pendant la pandémie de COVID-19. Confinée en France pendant plus de deux mois avec son mari Erwann le Péchoux, également escrimeur et médaillé d’argent en fleuret par équipes à Rio 2016, elle avoue avoir été d’abord tentée de se reposer totalement. Mais son coach l’a rappelé à l’ordre : « Il m’a dit : attention, tu n’es pas en vacance. Tu dois continuer de t’entraîner et de surveiller ton alimentation comme d’habitude », confiait-elle à Euronews.
Si Inès se bat tous les jours pour décrocher la médaille qui manque à son palmarès, elle sait aussi inspirer au-delà de la pointe de son épée. Elle espère que son parcours de combattante qui l’a mené si haut malgré le manque de moyens puisse inspirer d’autre jeunes femmes arabes :
« Après Rio, beaucoup de filles et de femmes arabes m’ont suivi. Elles ont réalisé que tout était possible et qu’elles pouvaient accomplir leur rêve en travaillant dur », a-t-elle confié.
Il reste désormais un an de préparation pour l’escrimeuse tunisienne. Un an de travail qu’elle ne considérera payant qu'à un seul prix : remporter le premier titre olympique africain en escrime.