Photo de Fédération Française Handisport
19 ans et déjà tout d’une grande. Heïdi Gaugain, aussi à l’aise avec les valides que les para cyclistes, annonce la couleur et peu importe que Paris 2024 soit sa première paralympiade, ce sont les sommets que la jeune athlète vise.
« Participer aux Jeux de Paris est un rêve qui est sur le point de se réaliser. Je suis confiante quant à mon niveau sportif et donc, mon ambition est de finir sur le podium lors de toutes les épreuves auxquelles je participe », confie-t-elle à 40 jours de son entrée en lice. Ce sera d’abord sur la piste du vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines puis sur la route les 4 et 6 septembre avec le contre la montre individuel puis la course en ligne. Ce sont sur ces deux dernières épreuves que nous allons nous attarder dans cet article.
Prétendre à une ou des médailles paralympiques pour sa première participation aux Jeux, n’est-ce pas un peu présomptueux ? Concernant Heïdi, la réponse est simple : non. Élevée au rythme des courses cyclistes (son père est notamment le président d’un club de vélo), elle débute la compétition sur route avec les valides. Agénésie de l’avant-bras gauche ou pas, la jeune coureuse cherche à performer, peu importe ses adversaires. C’est en 2018 qu’elle participe également aux premières courses Para cycliste de sa carrière. Ses qualités lui permettent immédiatement de truster les podiums (plusieurs titres nationaux), lui ouvrant les portes de l’équipe de France.
Photo de Fédération Française Handisport
Équipée d’un guidon adapté pour relier sa machine à sa prothèse, Heïdi enchaîne les kilomètres dans sa Mayenne natale mais aussi dans le sud-ouest où elle vient de conclure sa première année d’IUT, et également à Roubaix où les Bleus s’entraînent sur la piste. Avec le renfort d’un préparateur mental, elle s'estime prête à affronter le parcours paralympique sur route tracé autour de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Dans sa catégorie (C5), elle tentera de décrocher une médaille sur la course en ligne et en contre la montre, face à l’une de ses idoles, la britannique Sarah Storey (28 médailles paralympiques dont 17 en or).
C5, telle est sa catégorie. Cette abréviation correspond à l’une des catégories que l’on retrouve en Para cyclisme sur route. Il en existe au total 14, réparties en 4 familles de handicaps : déficience visuelle, paralysie cérébrale, handicaps moteurs et orthopédiques.
Ainsi, vous pourrez voir 4 types de vélos à l’occasion des épreuves routières (différentes de celles sur piste) : vélo standard avec la possibilité d’avoir quelques aménagements inhérents au handicap ; handbike pour les personnes présentant des lésions médullaires ou amputées d’un ou deux membres inférieurs ; tricycle pour les athlètes ayant des troubles moteurs et de l’équilibre ; tandem : réservé aux déficients visuels accompagnés d’un guide.
La classification en Para cyclisme sur route se fait premièrement selon le vélo utilisé en fonction du handicap. Cela correspond à une lettre :
H = Handbike
T = Tricyle
C = Cycle
VI ou B = Visually Impaired ou Blind (malvoyants ou aveugles en tandem)
Puis un chiffre pour définir l’impact du handicap : H1 à H5 / T1 à T2 / C1 à C5.
1 étant le degré de handicap le plus élevé, 5 le plus faible.
Notons que selon le type de handicap, la distance à parcourir en course sera différente.
En compétition avec les para cyclistes et les valides (son rêve est de participer aux Jeux Olympiques), Heïdi Gaugain est la mieux placée pour nous prouver que ces disciplines sont similaires. Dans l’une ou dans l’autre, endurance, punch, science de la course et mental sont les ingrédients nécessaires pour aller décrocher l’or. Pour cela, la Française devra se montrer la plus rapide sur l’exigeant circuit proposé par Paris 2024. « Il faudra que je sois forte tactiquement car les courses en Para cyclisme sont moins débridées que chez les valides. Les médailles ont souvent tendance à se jouer au sprint. Et ce n’est pas parce que je suis avec les meilleures chez les valides que je suis assurée d’obtenir une médaille avec les paras », souligne-t-elle.
Malgré son jeune âge, Heïdi s’est déjà fait un nom dans le milieu. Ou plutôt les milieux puisqu’elle court à la fois en sur route et sur piste en catégories olympique et paralympique. Chez les valides, elle s’est distinguée cette année en récoltant une médaille de bronze lors du championnat de France U23. Une performance qui s’ajoute aux deux médailles récoltées à Glasgow lors des championnats du monde handisport en 2023. Une polyvalence de bon augure pour le futur puisque la Lavalloise se projette déjà vers les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028 !
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