Les grands absents de la Belgique à Tokyo 2020

Après l’annonce de la délégation belge pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 le samedi 3 juillet, les athlètes belges se préparent pour leur départ pour le Japon. En revanche, certains n’ont pas réussi à se qualifier ou n'ont pas été appelés pour disputer les JO. Nous vous présentons ces grands absents des JO de Tokyo.

Photo de Photo de Catherine Ivill/Getty Images

Cette édition 2021 des Jeux Olympiques sera spéciale à bien des égards.

Pour la toute première fois depuis les Jeux Olympiques de Athènes 2004, les pistes d’athlétisme ne seront pas foulées par La Foudre, la légende vivante du sprint, le Jamaïcain détenteur des records du monde du 100 et 200 m Usain Bolt.

Les terrains de tennis ne vibreront pas sous les balles de Rafael Nadal ni de Serena Williams et les bassins de natation ne seront pas illuminés du talent de l’immense Michael Phelps aux 23 médailles d’or olympiques.

Mais ils ne seront pas le seuls à ne pas être au rendez-vous olympique de Tokyo.

Après l’annonce de la délégation complète de la Belgique pour Tokyo 2020, certains grands noms du sport belge manqueront à l’appel. Nous vous présentons ces grands absents belges aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

Pieter Timmers, natation (100 m nage libre)

C’est à l’âge de 32 ans, lors de l’International Swimming League (ISL) à Budapest en Hongrie, en octobre 2020 que le vice-champion olympique 2016 Pieter Trimmers a mis un terme à sa carrière de nageur. Il aurait participé aux Jeux Olympiques une troisième et dernière fois s’ils n’avaient pas été repoussés en raison de la pandémie de COVID-19.

Après avoir fini 12e au 100 m nage libre à Londres 2012, il avait décroché la médaille d’argent à Rio 2016. En 2018, le nageur de 2,00 m avait dû renoncer aux Championnats d’Europe à Glasgow après avoir contracté une méningite d’origine virale.

Dirk van Tichelt, judo (- 73 kg)

Le report des Jeux a aussi eu raison du judoka médaillé de bronze à Rio 2016 en -73 kg après une cinquième place à Beijing 2008 et une neuvième place à Londres 2012. À 37 ans, il ne disputera donc pas ses quatrièmes JO d’affilée.

Des douleurs récurrentes à la nuque, à cause d’une hernie, ont à vrai dire obligé le champion d’Europe 2008 à mettre fin à sa carrière sportive en octobre 2020. « Il m’arrive encore de mal dormir, mais comme j’ai enfin pu prendre le temps de laisser reposer mon corps, je n’ai plus trop de pépins physiques », déclarait-il au journal Le Soir en avril 2021. Il est aujourd’hui entraîneur à la Fédération flamande de judo.

Renée Eykens, athlétisme (800 m)

Si près de l’échéance, la blessure est sûrement la crainte première de tout athlète qualifié pour les Jeux Olympiques. C’est devenu la triste réalité pour Renée Eykens, victime d’une rupture du tendon d’Achille lors des Championnats de Belgique le 26 juin qui l’oblige à se faire opérer. « Je suis dévastée, je ne peux pas trouver les mots pour décrire comment je me sens en ce moment », a-t-elle écrit sur Instagram. « Nous avons travaillé si dur pendant des années pour participer à ces deuxièmes Jeux Olympiques, et ce rêve m'a été enlevé. »

La championne d’Europe juniors 2015 et U23 2017 sur la distance avait participé aux Jeux de Rio 2016 où elle avait été éliminée en demi-finales du 800 m.

Sami Chouchi, judo (- 81 kg)

Sur les tatamis, l’autre grand absent sera sûrement Sami Chouchi. Âgé de 28 ans, il n’a pas de problèmes de blessure et le report des Jeux n’a rien changé. Son seul souci : le n° 1 mondial dans sa catégorie, les - 81 kg (poids mi-moyens), est aussi belge.

En effet, c’est Matthias Casse, de quatre ans son cadet, qui va s’envoler pour Tokyo puisque chaque pays ne peut envoyer qu’un seul athlète par catégorie de poids aux Jeux. En mars 2021, les deux garçons se sont affrontés dans le match pour le bronze au Grand Chelem de Tachkent, en Ouzbékistan, et c’est Chouchi qui est sorti vainqueur.

Mais en juin, Casse a confirmé sa domination dans la catégorie en décrochant son premier titre de champion du monde, à Budapest. Chouchi, lui, blessé aux côtés, avait finalement dû déclarer forfait pour son combat de repêchage.

Karin Donckers, équitation (concours complet)

En équitation, il faut savoir ménager sa monture. Littéralement.

Malheureusement pour Karin Donckers, son cheval Fletcha van 't Verahof s’est blessé en avril 2021 à l’entraînement. La cavalière belge pensait tout de même pouvoir participer à ses septièmes Jeux Olympiques, après Barcelone 1992, Sydney 2000, Athènes 2004, Beijing 2008, Londres 2012 et Rio 2016 (elle avait raté Atlanta 1996 à cause de la blessure de son cheval déjà).

Cependant, son cheval de réserve, Leipheimer van 't Verahof, le frère de Fletcha, n’a en fait pas pu être sélectionné car le classement 2019 devait être pris en compte pour la sélection aux Jeux. « C’est une très grosse déception de rater les Jeux », a-t-elle déclaré au quotidien Gazet van Antwerpen. « Je suis brisée émotionnellement. »

Elle n’égalera donc pas pour le moment le record de participations aux JO du pongiste belge Jean-Michel Saive et du tireur Frans Lafortune. Par ailleurs, en août dernier, elle s’était foulée la cheville et cassée des côtes et le plateau tibial lorsqu’un cheval avait fait un malaise et lui était tombé dessus.

Jos Verlooy, équitation (saut d’obstacles)

Le même sort a été réservé à Jos Verlooy dont le cheval Igor s’est blessé début juin. « Je ne vais pas participer aux Jeux Olympiques en raison d’une blessure soudaine d’Igor », a-t-il écrit sur son compte Facebook. « Je vis un moment difficile actuellement, mais nous ne baisserons jamais les bras et nous ne perdrons jamais espoir. »

Le cavalier de 25 ans, qui a remporté le Grand Prix CSIO5* à Rotterdam en 2018, aurait disputé ses premiers Jeux.

Raheleh Asemani, taekwondo (- 57 kg)

À Rio 2016, la taekwondoïste a terminé quatrième chez les - 57 kg après un combat pour la médaille de bronze perdu contre l’Égyptienne Hedaya Malak. Née en Iran en 1989, elle est arrivée en Belgique en 2012 avec le statut de réfugiée avant d’être naturalisée belge juste avant les Jeux Olympiques de Rio où elle a pu représenter son pays d’accueil.

Elle espérait en faire de même cette année, mais au TQO organisé à Sofia, en Bulgarie, en mai, la médaillée de bronze des Championnats d’Europe un mois plus tôt a échoué face à la Finlandaise Suvi Mikkonen en quarts de finale et ne verra donc pas Tokyo.