Florent Manaudou, pari réussi

Alors qu’il a quitté les bassins pendant deux ans et demi après l’argent à Rio 2016, le nageur de 30 ans a remporté une quatrième médaille à Tokyo 2020.

Photo de Photo de Maddie Meyer/Getty Images

L'argent de Rio avait un goût de regret, celui de Tokyo a la saveur de l’or : le Français Florent Manaudou a réussi son pari en décrochant dimanche la deuxième place du 50 m nage libre, derrière l'intouchable américain Caeleb Dressel, après s'être éloigné des bassins jusqu'au printemps 2019 pour se consacrer au handball.

Le champion olympique 2012 et vice-champion des JO 2016 de Rio a nagé en 21,55 s, deuxième meilleur chrono de sa seconde carrière, pendant que Dressel établissait un nouveau record olympique (21,07 s) et que le Brésilien Bruno Fratus prenait le bronze (21,57 s).

Placé ligne d'eau n°5, le Français de 30 ans n'a pu suivre le départ hors normes de l'Américain de 24 ans, parti rafler sa 4e médaille d'or. Dressel y a ajouté en fin de matinée celle du 4 x 100 m quatre nages, grâce à son relais supersonique en papillon.

Mais Florent Manaudou décroche lui sa quatrième médaille olympique en trois éditions des JO, en ajoutant l'argent du relais 4 x 100 m de 2016 à ses trois podiums individuels.

« De quoi je suis le plus fier ? D'avoir réussi à profiter du moment, de l'instant présent. Je voulais faire ça, je n'avais jamais vraiment réussi à le faire », a raconté le sprinteur, longtemps crispé cette année par la difficulté à retrouver ses chronos d'antan.

Sa compagne Pernille Blume remporte le bronze

« J'ai réussi à me dire : on s'entraîne quatre ans, dix ans, quinze ans pour vivre une finale olympique et quand on la vit, on a peur, c'est quand même assez paradoxal », a ajouté le seul nageur français médaillé de ces Jeux.

Bondissant en bord de bassin, il est resté encourager sa compagne, la Danoise Pernille Blume, qui a empoché la médaille de bronze du 50 m dominé par l'Australienne Emma McKeon, après avoir été sacrée sur la distance à Rio.

« C'est incroyable de pouvoir avoir deux médailles, le même jour, quasiment à la même heure, c'est ouf », s'est réjoui Florent Manaudou.

Il y a quelques semaines pourtant, les chances de podium paraissaient minces pour le frère cadet de Laure Manaudou, qui avait lancé l'ère dorée de la natation française en remportant le 400 m des JO d’Athènes 2004 à seulement 17 ans.

Vainqueur surprise du 50 m des JO de Londres 2012, à 21 ans, le nageur de l'Ain qui s'entraîne à Marseille avait été devancé à Rio en 2016 par l'Américain Anthony Erwin, pour un centième, alors qu'il arrivait fort de ses trois titres de champion du monde en 2015.

« Quand je suis arrivé derrière le plot, je me suis dit : tu fais comme à Londres. Tu souris et on verra bien ce qui se passe. Et j'étais vraiment trop bien. Je regardais le bout du bassin, j'étais content. Alors qu'à Rio, je me disais, putain, là-bas, c'est fini, enfin ! », se souvient-il.

Laissant orpheline une équipe de France en pleine reconstruction, le sprinteur avait délaissé la natation après Rio pour tenter sa chance en handball, sa passion de jeunesse, avant de replonger en 2019.

Accélération au meilleur moment

Si ses premiers chronos avaient été encourageants (21,56 s fin janvier 2020), le confinement avait interrompu sa progression : avant les Jeux, il a patiné cette saison entre 21,7 s et 21,8 s, restant à l'écart du podium européen (5e) mi-mai à Budapest.

Mais il a accéléré au meilleur moment, en séries vendredi (21,65 s) puis en demi-finales le lendemain (21,53 s), heureux de « vivre une cinquième finale olympique » en comptant celles du 4 x 100 m à Rio (argent) et Tokyo (6e).

Avec l'AFP

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