Fabian Riessle dévoile tout à l'aube du dernier tour de piste de la légendaire équipe allemande de combiné nordique

Pour Fabian Riessle, devoir aller tous les jours à l'école à vélo et cultiver une obsession pour le grand air depuis sa plus tendre enfance ont fait de lui l'un des meilleurs athlètes de combiné nordique du monde. Une chose est sûre : ce spécialiste des sports d'hiver réputé pour sa gentillesse est prêt à tout pour avoir ses chances de remporter une seconde médaille d'or olympique à Beijing.

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Fabian Riessle, skieur de combiné nordique, respire la puissance et la précision sur ses skis de fond. Tout semble fonctionner de la manière la plus efficace possible pour lui. Comme il convient à un homme qui est régulièrement salué pour son infinie amabilité, l'Allemand est prompt à souligner que c'est une chance qu'il soit aussi bon dans cet aspect de sa discipline.

"Je dois toujours skier le plus vite possible, car mon saut à ski n'est jamais très bon, révèle-t-il en riant aux éclats. J'ai appris très jeune que je devais tout donner dans la partie course, dès les premiers mètres."

Le skieur âgé de 30 ans dénigre injustement ses sauts à ski, la première partie du combiné nordique. Comparé au commun des mortels, il s'élance dans les airs tel un aigle des neiges. Toutefois, il est vrai qu'il n'égale peut-être pas les meilleurs sauteurs à ski de sa discipline.

"Même quand j'ai deux minutes et demie de retard après le saut, je ne pense qu'à gagner", déclare-t-il avant de dévoiler qu'il lui est arrivé de rattraper un retard très important (plus d'une minute trente) et de remporter l'épreuve. "C'est ma plus grande force."

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Depuis son arrivée sur la scène internationale, il n'a cessé de prouver son immense talent au ski de fond. Lors des Jeux Olympiques d'hiver de Sotchi 2014, Fabian Riessle n'avait que 23 ans, il était encore méconnu au sein d'une équipe allemande masculine en plein essor. Mais après s'être classé neuvième au saut à ski sur le grand tremplin, il a stupéfait ses adversaires et le monde entier en filant avec adresse lors de la course de ski de fond de 10 km pour décrocher la médaille de bronze.

Le fait qu'il ait été impliqué dans une chute dans le dernier virage avec deux de ses coéquipiers n'a fait que pimenter le spectacle.

"C'était assez ahurissant comme moment. On aurait peut-être pu tous monter sur le podium, mais nous n'avons récolté que le bronze", raconte Fabian Riessle à propos de sa collision avec ses compatriotes Bjoern Kircheisen et Johannes Rydzek qui ont terminé en quatrième et huitième position. L'or et l'argent ont été remportés par les deux Norvégiens Joergen Graabak et Magnus Hovdal Moan.

"C'était triste comme moment, ajoute l'Allemand. Mais je pense que ça a été bénéfique pour l'esprit d'équipe. C'était triste, mais ça nous a permis d'avancer dans la bonne direction."

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L'équipe allemande n'éprouve probablement aucun regret. Son coéquipier Eric Frenzel avait déjà remporté l'or aux Jeux de Sotchi 2014 sur le petit tremplin avant de s'associer à Fabian Riessle, Bjoern Kircheisen et Johannes Rydzek pour gagner l'argent lors de l'épreuve par équipes. Quatre ans plus tard, à PyeongChang, Vinzenz Geiger venait remplacer Bjoern Kircheisen et l'Allemagne raflait les trois médailles d'or de la discipline. Eric Frenzel remportait une seconde médaille d'or au petit tremplin, puis Johannes Rydzek, Fabian Riessle et Eric Frenzel montaient tous les trois sur le podium du grand tremplin, avant de dominer tous les quatre leurs adversaires lors de l'épreuve par équipes.

Bref, l'Allemagne a remporté quatre des six dernières médailles d'or olympiques du combiné nordique, et quatre autres médailles au passage.

"C'est un immense honneur de concourir aux côtés des autres Allemands. Nous formons une équipe assez forte", déclare Fabian Riessle avec modestie. Il détient à lui tout seul une médaille d'or, deux d'argent et une de bronze de ses deux participations aux Jeux Olympiques.

Lorsque le triple champion du monde décrit le dernier tour de l'épreuve individuelle grand tremplin de PyeongChang, il révèle ce qui est indispensable pour réussir de la sorte.

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"C'est un mélange de tout. On a très mal aux jambes, notre cerveau est en ébullition, on réfléchit à la dernière montée, la dernière descente et au chemin jusqu'à la ligne d'arrivée, explique-t-il. Il faut savoir où sont les autres. On doit tout faire en même temps."

Mais, comme l'Allemand est heureux de le confirmer, toute cette douleur "disparaît instantanément" lorsque vous raflez, avec vos coéquipiers, le trio gagnant or, argent, bronze.

"C'était génial. Après le saut, nous savions que nous avions les moyens de le faire, c'est-à-dire de nous emparer des trois places sur le podium. Puis, au départ de la course, notre stratégie était de nous mélanger. Chacun devait mener à un moment, pour nous diviser la tâche. Cela a plutôt bien fonctionné", raconte Fabian Riessle, incapable de dissimuler le sourire dans sa voix.

"Notre plan était d'être aussi rapides que possible au départ, ensemble, de nous partager la première place, puis de nous concentrer chacun sur notre propre performance et faire au mieux lors du dernier tour. Donc, nous étions libres de faire ce que l'on voulait pour le final.

Ce fut un grand moment. Je pense que ça nous a encore plus rapproché tous les trois."

Comme dans beaucoup d'équipes à succès, les trois possèdent des atouts et caractéristiques uniques. Eric Frenzel est un homme assez détendu et porté sur la famille qui, selon Fabian Riessle, détient cette étrange capacité à savoir exactement ce dont son corps et son esprit ont besoin. Par opposition, Johannes Rydzek ne s'arrête jamais. Le jeune homme de 29 ans "peut courir indéfiniment sans ressentir une quelconque douleur", ce qui fait de lui un allié hors pair.

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Quant à Fabian Riessle, il est bien trop modeste pour s'attarder sur ses propres talents, mais sa fougue extraordinaire et son désir inébranlable d'être le meilleur ne font pas l'ombre d'un doute. Marié à une skieuse de fond, il espère devenir guide dans sa Forêt-Noire natale à la fin de sa carrière d'athlète. Le skieur cherche depuis toujours à se dépasser.

"J'allais tous les jours à l'école en vélo, c'est peut-être ça le secret, plaisante-t-il. De mes six à dix ans, je faisais 6 km aller-retour pour aller à l'école, puis ça s'est transformé en 10 km."

Son prochain objectif ? Les Jeux Olympiques d'hiver de Beijing 2022 et une première médaille d'or en individuel, une apothéose digne de cet athlète aussi chic qu'apprécié.

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