Après l'argent de Chloé Trespeuch, retour en vidéo sur les médailles françaises en snowboard cross des précédents JO

Avant l'argent de Chloé Trespeuch à Beijing 2022, la France avait déjà été présente sur sept des huit podiums de snowboard cross. Retour en vidéo sur les courses qui ont permis à la délégation tricolore d'être la plus médaillée de l'histoire olympique de cette discipline.

Par Nicolas Kohlhuber
Photo de Clive Rose/Getty Images

La tradition du snowboard cross, c'est sacré pour la France.

Avec la médaille d'argent de Chloé Trespeuch aux Jeux Olympiques d'hiver de Beijing 2022, la délégation tricolore a été représentée sur huit des neuf podiums depuis l'entrée de cette discipline au programme olympique en 2006. En snowboard cross, personne n'a fait mieux.

Un favori ou une outsider, un tenant du titre ou une débutante aux Jeux Olympiques, en réalisant une performance historique ou en battant un record : un membre de l'équipe de France a presque toujours décroché une médaille olympique dans cette discipline.

De Turin 2006 à PyeongChang 2018, replongez-vous dans les plus grands exploits réalisés aux JO d'hiver par les snowboardeurs tricolores. Les hommes auront la possibilité de perpétuer cette tradition le 10 février à Pékin.

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Turin 2006 : Paul-Henri de Le Rue sur le podium inaugural

Avec l'entrée du snowboard cross au programme olympique, les frères de Le Rue ont été mis en lumière et la France s'est mise à rêver de médaille. À juste titre. Si Xavier, triple vainqueur de la Coupe du monde, avait été le meilleur Français lors des qualifications, c'est Paul-Henri qui est monté sur le podium.

Après avoir obtenu plusieurs top 3 en Coupe du monde, il a confirmé en décrochant la médaille de bronze aux Jeux Olympiques d'hiver de Turin. Le champion du monde juniors n'a été devancé que par Seth Wescott et Radoslav Zidek lors de la première finale olympique de cette discipline.

« Polo » pouvait viser le titre, mais il a été impliqué dans une chute avec Jordi Font en finale. Reparti plus vite que l'Espagnol, le Tricolore a brillé là où son frère était attendu. Il a eu un mot pour lui après son incroyable exploit. « Quand il n'est pas là, il faut le représenter », disait le troisième de ce podium inédit à France 3.

Il n'y a pas eu de médaille pour la délégation tricolore chez les femmes. À ce jour, c'est toujours la seule année aux JO où une Française n'est pas montée sur le podium en snowboard cross. Même si elles n'étaient pas qualifiées en finale A, deux Françaises ont terminé dans le top 10 : Marie Laissus (8eme) et Déborah Anthonioz (10eme).

Vancouver 2010 : La surprise Tony Ramoin, Déborah Anthonioz a progressé

Après la médaille de Paul-Henri de Le Rue et avant les titres de Pierre Vaultier, c'est Tony Ramoin qui est monté sur le podium olympique de snowboard cross en 2010. Mais il n'aurait même pas dû être à Vancouver. Le Français n'avait que deux top 15 en Coupe du monde à son compteur avant sa médaille de bronze olympique.

Qualifié de dernière minute, il a surpris tout le monde. Quatorzième des qualifications, le natif de Cannes a progressé jusqu'à atteindre la finale. Il s'y est offert le meilleur résultat de sa carrière avec une troisième place. « Être outsider aux JO, c’est toujours plus facile. Alors, quand j’ai vu les autres Français dehors, je me suis dit : c’est à toi de faire le taf », avait-il confié à la Fédération française de ski.

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Dès le lendemain, une Française a suivi son exemple : Déborah Anthonioz. La snowboardeuse des Gets est aussi montée sur la boîte lors de ces Jeux de Vancouver. Malgré plusieurs podiums en Coupe du monde et une dixième place à Turin quatre ans plus tôt, elle n'était pas attendue aussi haut dans le classement.

La native de Thonon-les-Bains a remporté la médaille d'argent grâce à une journée convaincante. C'est Maëlle Ricker qui a été sacrée à domicile. La Canadienne a survolé les débats pour priver la Française du titre olympique.

Sotchi 2014 : Enfin un titre pour les Bleus, Chloé Trespeuch perpétue la tradition

Triple vainqueur de la Coupe du monde, Pierre Vaultier a décroché l'or olympique l'année où il était le moins attendu. Il est monté sur la plus haute marche du podium aux Jeux Olympiques d'hiver de Sotchi seulement quelques semaines après une rupture des ligaments croisés du genou droit.

Le natif de Briançon a eu besoin de s'employer pour remporter le titre qui lui manquait. En faisant abstraction de la douleur, mais aussi en venant à bout de Nikolay Olyunin en finale. Après une lutte intense, il n'y a que la photo-finish qui a pu départager les deux hommes.

« C'est une consécration incroyable au vu des moments passés ces deux derniers mois. C'est juste un miracle, j'ai du mal à réaliser. Je pense que j'ai décollé sur la dernière table et que je n'ai toujours pas atterri », a réagi le Français dans des propos rapportés par Le Parisien. La délégation tricolore avait un deuxième engagé dans cette finale. Le doublé n'a pas été loin mais Paul-Henri de Le Rue a terminé à la quatrième place.

La France a quand même ramené deux médailles de Sotchi en snowboard cross. Chloé Trespeuch s'est parée de bronze chez les femmes. Encore junior mais déjà habituée aux épreuves de Coupe du monde, elle a fait mieux que Charlotte Bankes, sa compatriote à l'époque, dont elle a eu besoin d'éviter la chute en quarts de finale.

Dans une finale remportée par Eva Samkova devant Dominique Maltais, Chloé Trespeuch a fait mieux que la quatrième place qu'elle a longtemps occupée. Sur le bas de la piste de Rosa Khutor, la Tricolore a profité d'une chute pour prendre le meilleur sur Faye Gulini et s'offrir son meilleur résultat au niveau planétaire. « Je ne réalise pas encore mais c'est le plus beau jour de ma vie, c'est sûr », a réagi celle qui avait alors 19 ans au micro de France 3.

PyeongChang 2018 : Pierre Vaultier réalise le doublé, Julia Pereira de Sousa Mabileau fait sensation

Tenant du titre, Pierre Vaultier n'a pas tremblé pour réaliser le doublé. Pas en finale en tout cas. Favori à sa propre succession, il a survolé les débats malgré une chute qui a failli lui coûter cher en demi-finales.

« Jarryd Hughes prend une mauvaise ligne dans le virage et nous met tous par terre. C’est un coup de malchance et un coup de chance que je puisse repartir et finir troisième. J’ai déchaussé ma fixation, poussé. C’était totalement inattendu et un sacré bazar. Je n’étais pas sûr que j’étais trois. J’ai essayé de compter le nombre de mecs qui étaient devant la caméra », avait-il confié à Ski Chrono.

Malgré cette frayeur, le sextuple vainqueur de la Coupe du monde a été autoritaire en finale. Tout simplement meilleur, il a occupé la tête de la course de bout en bout. Le Français a surtout évité d'être impliqué dans une nouvelle chute collective pour conserver son titre.

La France n'a pas été loin de réaliser le doublé. Mais pas grâce à Chloé Trespeuch qui était très attendue après sa médaille de bronze à Sotchi. C'est Julia Pereira de Sousa Mabileau qui a représenté l'Hexagone sur le podium femmes à PyeongChang.

Alors qu'elle découvrait le niveau Coupe du monde, l'athlète de 16 ans est montée sur la deuxième marche du podium olympique. Au passage, elle est devenue la plus jeune médaillée française de l'histoire des Jeux d'hiver. Seule Michela Moioli a été plus rapide qu'elle sur la piste du Phoenix Snow Park en finale

La snowboardeuse d'Isola 2000 a parfaitement terminé une journée durant laquelle un passage par les repêchages avait été nécessaire. La Tricolore présente à Beijing 2022 n'avait réalisé que le 15e temps des qualifications pour ses grands débuts olympiques. Malgré ce contre-temps, elle est allée au bout de son rêve olympique. « La médaille d'argent, pour le coup, je ne m'y attendais vraiment pas. Surtout vu la tête de ma finale, avec les filles qu'il y avait. C'est incroyable. », confiait-elle, incrédule, à L'Équipe.

Chloé Trespeuch remet ça à Beijing 2022

Quatre ans plus tard, Julia et Chloé sont les deux Françaises à passer les tours qualificatifs avant que Pereira de Sousa Mabileau n’échoue en demi-finale pendant que Trespeuch s’ouvre les portes de la grande finale.

Si la médaillée de PyeongChang n’a pas pu perpétuer la tradition française, la médaillée de Sotchi ne s’en est pas privée. Elle a été au coude à coude avec l'Américaine Lindsey Jacobellis et l'Australienne Belle Brockhoff tout au long de la course et a réussi à converser la deuxième place, une de mieux qu’à Sotchi.

« L’objectif, c’était l’or », a réagi Trespeuch au micro de France TV. « J’ai tout donné pour aller le chercher, mais Lindsey a mieux ridé que moi en finale. Je suis quand même très contente de ce que j’ai produit. »

« C’est un tourbillon d’émotion. Je suis tellement heureuse, c’est la récompense de beaucoup de travail. De toute une équipe. Même si le travail est fait, ça ne sourit pas toujours. Et quand ça sourit, c’est une récompense pour tout le monde. Que c’est bon ! »

Reste désormais à savoir si ses compatriotes Loan Bozzolo, Léo Le Blé Jaques et Merlin Surget continueront sur cette belle lancée, jeudi 10 février, dans l’épreuve hommes.

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