Kevin Mayer : « J'ai envie d'écrire l'histoire pour mon pays et pour mon sport »

Kevin Mayer s'est confié à la presse avant son entrée en lice aux Championnats d'Europe Munich 2022. Le Français a parlé de son état de forme et de sa quête d'un doublé historique, lui qui vise un titre continental moins d'un mois après une médaille d'or en décathlon aux Championnats du monde d'athlétisme. 

Par Nicolas Kohlhuber avec Ash Tulloch
Photo de 2022 Getty Images

Kevin Mayer est à la quête d'un exploit historique !

22 jours après une médaille d'or en décathlon aux Championnats du monde d'athlétisme à Eugene, le Français est à l'Olympiastadion de Munich pour tenter de décrocher le titre européen. Il s'est lancé dans un énorme défi, celui de gagner le décathlon dans deux grands championnats au cours du même été.

« Je pense que le plus dur, c'est mentalement. J'ai l'habitude de tout donner en championnat et j'ai tout donné aux Championnats du monde. Il y a une lutte entre mon corps et mon cerveau. Une partie de moi veut deux médailles d'or, représenter la France... Mais mon corps et mon mental sont abîmés là. C’est dur, mais je savais que ça allait être un challenge très relevé d'être champion du monde de décathlon et commencer un autre décathlon en championnat en ayant l'or en tête deux semaines après. C’est quelque chose que je n'ai jamais fait », a confié à la presse le double-vice champion olympique du décathlon à deux jours de son entrée en lice.

Si le natif d'Argenteuil prend le risque de participer à un deuxième décathlon en si peu de temps, c'est parce qu'il ambitionne un doublé inédit. Jamais personne n'a remporté cette épreuve dans deux grands championnats pendant la même année. Le double champion du monde vise cet exploit historique et pas seulement le titre européen parce qu'il ne l'a encore jamais décroché.

Il n'avait pas pu aller au bout de sa quête à cause de trois essais mordus en saut en longueur en 2018. Kevin Mayer n'a pas fait de la couronne européenne une histoire personnelle malgré cette mésaventure. Pour lui, « rafler toutes les médailles pour dire qu'on les a faites » est une question d’ego et ce n'est pas son style d'objectifs.

Ces Championnats d'Europe ont une portée beaucoup plus importante et aussi des airs de bonus dans une saison déjà réussie avec un titre de champion du monde. Et le décathlonien de 30 ans le sait.

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Kevin Mayer veut écrire l'histoire aux Championnats d'Europe d'athlétisme

« J'ai envie d'écrire l'histoire pour mon pays et pour mon sport. Personne n'a fait ça avant alors j'ai envie de le faire. Des fois, il faut être prudent parce que je veux écrire l'histoire mais il y a les Jeux Olympiques de Paris 2024 dans deux ans et des Championnats du monde l'an prochain. Je ne veux pas finir la saison avec une blessure. S'il n'y a pas de blessure du tout, je vais aller au bout mais si je ressens une douleur et que ça représente un risque pour le futur, ça ne vaudra pas le coup », a expliqué celui qui détient aussi le record du monde de la discipline.

Kevin Mayer sait que sa capacité à remporter le décathlon des Championnats d'Europe Munich 2022 dépend beaucoup de son état physique. Il s'est montré rassurant sur certains points en évoquant notamment l'absence de douleur aux tendons d'Achille. Le Français a quand même signalé un souci à une épaule depuis les Championnats du monde et surtout des tensions de fatigue aux ischios et au dos.

Plus globalement, il a expliqué que sa situation est compliquée après un rendez-vous mondial particulièrement éprouvant. L'athlète du Montpellier Athletic Méditerranée a eu besoin de s'employer pour réaliser une remontée suffisante et décrocher un deuxième titre planétaire avec 8 816 points. Aujourd'hui, il a avoué qu'il est « dans le mal ».

Pour Kevin Mayer, le titre européen du décathlon se jouera à « 8 500, 8 600 points »

L'euphorie de son triomphe planétaire a peu à peu laissé la place aux douleurs ressenties par un corps meurtri après un concours particulièrement exigeant dans l'Oregon.

« Les Championnats du monde ont été un grand moment qui m'a laissé sur mon petit nuage pendant plus d'une semaine. Mais ensuite, j'ai senti que mon corps avait pris cher. Là, je vais dans l'inconnu. Deux championnats en trois semaines, c'est pratiquement du jamais vu. Déjà un décathlon, c'est pas loin de ne pas être humain, donc en enchaîner deux.... Et avec ce que je donne, moi je suis à 120 %. Quand je vois les autres décathlonien, on dirait qu'ils sont résignés dans leur décathlon. Moi, je suis plus à fleur de peau et je vis le truc à fond. Et c'est peut être ça aussi qui me permet de faire des perfs quand il faut. »

Kevin Mayer a donc mis l'accent sur la récupération et a fait moins d'athlétisme avant de prendre la direction de la Bavière. C'était nécessaire pour s'attaquer à un défi à peine imaginable. Même lui se veut prudent à 48 heures de l'échéance. « Je me donne une chance d'y arriver en sachant très bien que j'ai beaucoup de chance de ne pas y arriver. »

Le Français a quand même fait les calculs pour savoir ce dont il a besoin pour quitter l'Olympiastadion de Munich avec une médaille d'or autour du cou. Pour lui, le titre se jouera autour de « 8 500, 8 600 points ».

« C'est 200 points de marge par rapport à mon décathlon des Mondiaux qui n'était pas non plus exceptionnel. Donc ça me laisse espérer, s'il n’y a aucune tension, de pouvoir faire champion d’Europe. »

Kevin Mayer est partagé entre crainte et espoir, deux sentiments qui résument à eux seuls l'ampleur du défi qui l'attend aux Championnats d'Europe Munich 2022.

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