B-Boy Dany Dann : « J'ai fait 8 000 km, ce n'est pas pour perdre au premier tour ! »

B-Boy français figurant dans la série originale Breaking Life, produite par Olympic Channel et disponible gratuitement sur Olympics.com, Dany Dann est sur la route de Paris 2024 avec comme prochain objectif les Jeux Mondiaux, du 7 au 17 juillet aux USA. Guyanais d’origine, le champion de France 2022 est un compétiteur né doté d’un sens du rythme qui fait sa marque de fabrique.

Par Guillaume Depasse
Photo de Little Shao

Avant de s’envoler aux États-Unis pour disputer les Jeux Mondiaux, B-Boy Dany Dann s’est mis dans les meilleures conditions, avec un titre de champion de France, un an après sa deuxième place.

En juin dernier, il a remporté la finale des Championnats nationaux contre B-Boy Marlone, issu de la nouvelle génération de breakeurs français. En demi-finales, le nouveau champion de France a éliminé le tenant du titre B-Boy Khalil, celui contre qui il avait perdu la finale en 2021.

« J’ai repensé à l’année dernière. Je me suis dit “une fois, pas deux”. Je veux être premier. J’étais serein, sûr de moi et de ma danse. J’ai déroulé. »

Dans quelques jours, Dany disputera la première compétition de breaking aux Jeux Mondiaux de Birmingham (7-17 juillet, diffusés sur Olympic Channel) à Birmingham, aux États-Unis. Quatorze ans après son grand départ de Guyane vers la France métropolitaine, il tentera d’accrocher un nouveau titre à son palmarès, avec les Jeux de Paris 2024 dans le viseur, où le breaking fera également sa première apparition.

À cette occasion, Olympic Channel a produit une série originale entièrement dédiée à la culture break Breaking Life, disponible le 7 juillet.

Dany Dann occupe une place spéciale dans l’épisode sur le breaking français. Il raconte son histoire et ses ambitions, au micro d’Olympics.com.

Envol en métropole, premiers groupes, premiers battles

Quand Dany Civil, son vrai nom, débute le breaking en 2003, il ne s’imagine pas devenir l’un des meilleurs au monde. Toujours en Guyane, sa terre natale, il découvre cette danse urbaine qu’il affectionne instantanément. Avec son cousin, ils regardent des dizaines de vidéos Youtube pour maîtriser les mouvements. Mais quelques années plus tard, l’envie de se confronter à leurs idoles qu’ils observent à travers un écran devient trop forte.

« On se disait qu’on pouvait les affronter », se souvient-il. « On a pris nos billets, et on est partis. »

Avant d'emménager à Perpignan, c'est à Reims que Dany Dann pose ses valises. La transition est brusque et avant d'être opposé aux B-Boys métropolitains, il faut faire face au climat. « Huit degrés, la neige…Quand tu es habitué à 33/34 °C, que tu te lèves le matin et il fait déjà chaud… C’est la première chose qu’il fallait gérer. »

Vient ensuite les premiers battles, et le B-Boy de 20 ans à l’époque progresse très vite. Il monte un groupe de B-Boys nommé 97X, en référence au premiers numéros des départements d’outre-mer, composé uniquement d’Antillais. Il rencontre et affronte les plus grands spécialistes nationaux, dont certains deviennent ses amis, comme B-Boy Lagaet et Tonio, tragiquement décédé en 2020, à qui Dany dédie toutes ses victoires.

Rapidement, il devient une référence avec une volonté inébranlable de gagner.

« J'ai fait 8 000 km, ce n'est pas pour perdre au premier tour ! », explique-t-il.

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Dany Dann : « Paris 2024 ? Ça met des étoiles dans les yeux »

En 2018, maillot de l'équipe de France sur le dos floqué Paul Pogba, Dany remporte le Battle of the Year en solo. Cette compétition référence qui a vu le jour en 1990, faisait office de Championnats du monde avant qu’ils ne soient officiellement créés par la Fédération mondiale de danse sportive (WDSF).

C’est à ce moment que sa préparation entre dans une nouvelle phase, afin de lui permettre de satisfaire ses ambitions.

Avant les Mondiaux 2021, qui ont lieu au Théâtre du Châtelet à Paris, la Fédération française fournit des moyens supplémentaires à disposition des B-Boys et B-Girls, avec notamment des stages dans des structures spécialisées comme le CREPS ou l’INSEP. Les progrès sont rapidement observables.

« Je voyais qu'il y avait une progression dans mes résultats », raconte Dany Dann. « Les personnes avec qui je m'entraînais étaient surprises de ce que je faisais. »

Aux Mondiaux, il termine dans le top 8, après un quart de final de folie perdu contre le Kazakh B-Boy Amir.

Une expérience supplémentaire dans sa détermination d’aller encore plus loin, notamment dans deux ans, sur la Place de la Concorde où aura lieu l’épreuve olympique de breaking des Jeux de Paris 2024.

« Quand j'étais petit, je regardais les Jeux Olympiques et j'ai toujours été fan de Stéphane Diagana. Je me disais "est ce que c'est possible ?". Avec le break, je peux ramener une médaille. Si je peux me placer à côté d'eux, être reconnu mondialement parce que je suis médaillé olympique, c'est grandiose. En plus, chez moi à Paris… Ça met des étoiles dans les yeux, en tous cas. »

« Ce que j'ai vécu à Châtelet en terme de sensations, de ressenti, il n'y a que moi qui l'ait ressenti », explique le membre du Vagabonds Crew. « Le fait d'être à Châtelet, devant mon public français, de réussir à lever la foule... Je me dis "qu'est ce que ça va être en 2024 ?” »

Retrouvez la série en cinq épisodes Breaking Life dédiée à la découverte de la culture break autour du monde

Un sens du rythme inégalé

Aux Jeux Mondiaux, c’est ce qu’il essaiera de faire une nouvelle fois : gagner. Il sera dans un tableau de 16 B-Boys, où figurent notamment Amir, ainsi que Phil Wizard, médaillé d’argent aux Mondiaux 2021.

« Tout est possible. Chaque B-Boy a sa particularité, ils sont tous dangereux, mais je pense que j’ai mes chances car je me sens en forme. »

Il comptera notamment sur ses mouvements signatures dont il est le créateur, et ses capacités athlétiques, mais surtout sur son sens du rythme, sa particularité.

« Tous mes mouvements sont travaillés pour être en rapport avec la musique. On peut commencer à faire des Top rocks, mais une fois qu'on arrive au sol, qu'on commence à faire les coupoles et couronne, les phases artistiques de la danse, beaucoup de danseurs oublient la musique parce qu'ils sont dans l'exécution du mouvement. De mon côté, j'ai travaillé pour que mon exécution soit toujours en [phase] avec la musique. »

Vous pourrez le remarquer dans Breaking Life, avec un mouvement qui a fait vibrer tout le public lors des Mondiaux 2021.

Son sens du rythme, il le travaille en pratiquant d’autres styles de danses, comme le zouk, le reggae, le ragga et le dance hall. Des styles aux origines multi-culturelles, tout comme les siennes, étant né en Guyane de deux parents haïtiens.

« La force d’Haïti et la finesse de la Guyane », souligne-t-il en rigolant, en montrant ses deux tatouages représentant ces régions caribéennes.

Désormais, de retour sur le continent qui l’a vu naître, il a parcouru 8 000 km dans le sens contraire avec toujours le même objectif : gagner.

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