Adepte des records, Mathilde Gremaud vise l’immortalité olympique à Beijing

À une année des Jeux Olympiques d’hiver de 2022 à Beijing, la skieuse acrobatique suisse Mathilde Gremaud évoque sa volonté de repousser les limites de son sport et la manière dont son expérience aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de 2016 à Lillehammer l’a aidée à se métamorphoser en athlète.

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Lorsque Mathilde Gremaud est devenue la plus jeune médaillée de l’histoire olympique du freestyle (elle avait 18 ans et 9 jours) en remportant l’argent du slopestyle à PyeongChang en 2018, elle a fait sien le destin qui lui était promis pratiquement depuis sa naissance.

Pour Mathilde Gremaud, skier était aussi naturel que marcher. Son père, skieur alpin de compétition, n’a en effet pas tardé à initier sa fille au sport. C’est ainsi que la petite Gremaud monta sur les lattes à tout juste deux ans et qu’elle s’enthousiasma très tôt pour les acrobaties. Dans ses entretiens, elle mentionne les heures innombrables passées dans le jardin familial à répéter les éléments et autres sauts qu’elle effectuera plus tard sur les pentes montagneuses.

Elle ne tarda pas à se faire un nom au niveau international. Ses aptitudes ayant été détectées précocement par les sélectionneurs de l’équipe nationale suisse, elle monta pour la première fois sur le podium d’une coupe du monde à l’âge de 16 ans alors qu’elle étudiait dans le système sport-études. Mais ce sont les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) qui avaient eu lieu plus tôt dans l’année à Lillehammer et où elle a terminé sixième de l’épreuve de slopestyle qu’elle mentionne aujourd’hui comme ayant joué un rôle décisif dans son ambition de devenir la meilleure athlète qui soit.

“Il s’agissait de ma première expérience olympique”, se rappelle-t-elle. “Je pense que je voulais trop bien faire et que je ne tenais pas compte de mes capacités réelles. Je savais que j’aurais pu faire mieux si j’avais opté pour une course plus simple mais avec une réception réussie. En fait, j’ai appris qu’il est important pour une athlète de skier avec son cerveau et un peu de stratégie. L’expérience des JOJ m’a ouvert les yeux en quelque sorte”.

Mathilde Gremaud
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Mathilde Gremaud a réalisé que pour pouvoir atteindre le top niveau dans son sport, il lui faudrait améliorer sa condition physique et se montrer plus intelligente. Deux ans plus tard, à l’approche des Jeux de PyeongChang, elle était prête à se mesurer aux meilleures du monde. “Je suis montée pour rejoindre le départ, j’ai regardé le snowpark et c’est à ce moment, j’en suis sûre, que j’ai pensé aux Jeux Olympiques de la Jeunesse”, explique-t-elle. “Et je me suis dit, c’est énorme, c’est parfait. Lorsque j’ai su que j’avais gagné une médaille, peu importe laquelle, je me suis mise à pleurer. C’était un moment très intense”.

Elle n’a pas regardé en arrière. Elle a décroché quatre coupes du monde en 2019, trois en big air et une en slopestyle. Mais non contente d’empiler les médailles, elle a tout fait pour repousser les limites de son sport. En septembre dernier, elle a élevé le ski acrobatique féminin à un nouveau niveau en devenant la première femme à réaliser un switch double cork 1440 – élément à couper le souffle contenant quatre rotations autour de l’axe horizontal et deux tours au-dessus de la tête. Le mois dernier, elle l’a effectué pour la première fois en compétition, lors des X Games où elle a remporté l’or. “Une fois que je l’avais appris, mon objectif fut de le réaliser en compétition”, explique-t-elle. “Je suis vraiment heureuse d’être la première et d’écrire l’histoire mais en même temps je n’y pense pas vraiment”.

Mathilde Gremaud
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Mathilde Gremaud figurera certainement parmi les favorites pour la médaille d’or à Beijing 2022, mais elle-même ne s’avance pas trop. Âgée de 20 ans désormais, le fait qu’elle ait connu le succès de manière si précoce lui rappelle qu’il y a toujours de nouveaux talents qui éclosent et qui veulent eux aussi tracer leur propre voie.

Mathilde Gremaud
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“Comme on peut devenir vraiment bons très jeunes dans ce sport, je suis pratiquement certaine que quelqu’un me battra. Je pense à Beijing, je suis tellement impatiente de retrouver un snowpark olympique car c’est énorme. Je vais me contenter d’aller là-bas et de penser à ce que je veux faire, les éléments que je veux réaliser et juste prendre du plaisir. Avec cet état d’esprit, vous ne pouvez pas vraiment faire faux”.