Yohann Diniz pour tirer sa révérence avec une médaille ?

Pour son quatrième et dernier 50 km marche aux Jeux, le Français va tenter d'accrocher la médaille qui manque à son formidable palmarès. Une quête olympique qui lui tient à cœur, tant le Français a connu des destins cruels lors des dernières éditions.

Photo de Photo de Alexander Hassenstein/Getty Images for IAAF

Pour lui, ce sera la der des der. Son dernier grand défi sportif.

À 43 ans, Yohann Diniz va se lancer, vendredi 6 août, dans une dernière danse à Tokyo 2020 pour accrocher une médaille olympique dans l'épreuve du 50 km marche, qui viendrait couronner sa formidable carrière. Surtout que l’épreuve va disparaître du programme olympique après Tokyo.

« Je suis content et triste de participer à cette dernière course de l'histoire. Chaque athlète aura envie de la marquer de son empreinte », affirme-t-il à l’AFP.

Et cette quête olympique tient particulièrement à cœur du Français, tant il a connu des destins cruels lors des dernières éditions.

Pour ses premiers Jeux, à Beijing 2008, il abandonne avant la fin du parcours, épuisé par l’humidité du climat chinois.

À Londres 2012, il connait une défaillance et se retrouve disqualifié après l’arrivée pour ravitaillement hors zone.

Puis à Rio 2016, alors qu’il est seul en tête, il est victime de problèmes gastriques à la mi-course. Au prix d’un immense courage, il parvient à rallier la ligne d’arrivée en 8e position. Une abnégation énorme qui suscite l’admiration à travers le monde du sport.

Mettre toutes les chances de son côté

Un an après, le Français exorcise sa mésaventure olympique en remportant les championnats du monde à Londres, devenant au passage le champion du monde le plus âgé de l’histoire de l’athlétisme (39 ans, 224 jours).

Également triple champion d’Europe (trois titres consécutifs : 2006, 2010, 2014), mais aussi détenteur du record du monde du 50 km marche (3 h 32 min 33 s), il lui reste donc la médaille olympique à conquérir, dernier joyau manquant à son palmarès.

Pour ce dernier grand défi, Yohann Diniz a souhaité mettre toutes les chances de son côté. Depuis son abandon lors des championnats du monde de Doha en 2019, l’athlète n'a pas voulu enchaîner les compétitions. Un choix parfaitement assumé.

« C'est vrai que je n'ai pas terminé de 50 km depuis la Coupe d'Europe 2019, où j'ai réalisé les minima, et qu'avant cela, le dernier datait de mon titre mondial de 2017, a-t-il confié à L’Équipe.

« Mais ça ne me fait pas peur. Je n'ai pas besoin de repères, j'ai même toujours été meilleur sans repère. J'ai suffisamment d'expérience pour arriver directement sur la ligne de départ à Sapporo. Cette distance, je la connais par cœur. »

Le climat, facteur X

Forcément, l’athlète se prépare en faisant attention au moindre détail. Et notamment au facteur météo, crucial. Il a notamment effectué plus de 70 séances dans une chambre thermique à l’occasion de plusieurs stages à l'université de Coimbra au Portugal. Mais quel temps fera-t-il le jour J à Sapporo, ville du nord du Japon, choisie pour accueillir les épreuves de marathons et de marche ? La réponse pourrait grandement faire évoluer la manière de courir des participants.

En savoir plus sur le Sapporo Odori Park

« Puisque la marche n'aura pas lieu à Tokyo mais à Sapporo, on n'est pas sûr d'y subir les mêmes conditions météo. Si ça se trouve, il pourrait faire frais pendant la course. Il faudra alors être prêt à marcher très vite. Je fais donc les deux préparations : celle qui me sert à marcher très vite, mais qui n'est pas la plus dure pour moi, et celle de l'adaptation, sur laquelle je suis le plus concentré. »

Se préparer, s'adapter, tout donner... pour réussir la plus belle des figures lors de sa dernière danse olympique.

Le 50 km marche est à suivre le 6 août. Voir le calendrier complet des épreuves d’athlétisme