5 choses à savoir sur Wilhem Belocian

Wilhem Belocian s'apprête à participer à ses deuxièmes Jeux Olympiques à Tokyo 2020 après la désillusion de son faux départ à Rio 2016. Retour sur le parcours de la pépite française du 110 m haies.

Photo de Photo de Jonathan Ferrey/Getty Images

Lorsque Wilhem Belocian a été sacré champion du monde juniors de 110 m haies en 2014, s'emparant au passage du record du monde juniors, il a très vite été considéré comme la relève des haies françaises, emboitant le pas d'athlètes comme Ladji Doucouré (champion du monde 2005) et Dimitri Bascou (médaillé de bronze à Rio 2016).

Aujourd’hui, à 26 ans et après une première participation aux Jeux Olympiques en 2016, il est pleinement entré dans la cour des grands et sera à Tokyo 2020 avec de grands espoirs : être au moins finaliste du 110 m haies.

Mais connaissez-vous bien Wilhem Belocian ? Voici 5 choses à savoir sur le Guadeloupéen, en grande forme avant les JO de Tokyo 2020.

1. Record du monde et champion du monde junior

Wilhem Belocian est arrivé dans le monde de l’athlétisme comme un boulet de canon. À 16 ans seulement, en 2011, il remporte la médaille de bronze des Championnats du monde cadets en 110 m haies.

L’année suivante, alors qu’il n’est encore que cadet, il se rend aux Championnats du monde juniors, où il remporte la médaille de bronze de 110 m haies (haies de 99 cm), derrière des sportifs de deux ans son ainés. Il bat au passage le record de France juniors en 13 s 29.

Puis en 2013, il marque une nouvelle fois les esprits en devenant champion d’Europe juniors et battant le record d’Europe en 13 s 18.

Enfin en 2014, il s'impose comme la nouvelle étoile montante des haies en devenant champion du monde juniors avec un nouveau record du monde de sa catégorie, en 12 s 99.

En 2015, Belocian passe dans la catégorie séniors. Pendant deux années, il montre qu’il était prêt à titiller les meilleurs hurdleurs de France, d’Europe et du monde.

En 2015 et 2016, il est sacré vice-champion de France du 60 m haies en salle et du 110 m haies en extérieur. Il est aussi médaillé de bronze des Championnats d’Europes en salle et en extérieur.

Avec une telle progression durant ses jeunes années, Wilhem Belocian abordait ses premiers Jeux Olympiques à Rio 2016 avec un enthousiasme débordant, peut-être même un peu trop.

2. Faux départ à Rio 2016

Les performances de Belocian lui ont permis de se qualifier pour les Jeux Olympiques de Rio 2016.

Et ces Jeux seront une énorme leçon de vie pour le Guadeloupéen.

Après des années d’entraînement pour préparer cette course olympique, Wilhem Belocian a été l'auteur d'un faux départ lors de sa série de qualification. Comme le règlement le stipule depuis 2010, un athlète est automatiquement disqualifié dès le premier faux départ.

Un énorme coup dur pour Belocian qui n’a donc pas pu défendre ses chances lors de ses premiers Jeux Olympiques.

« C’est sûr que faire un faux départ aux Jeux Olympiques est une expérience qui est difficile à vivre », racontait Belocian à Interviewsport avant d’ajouter : « J’ai passé deux bonnes années de galère après. Le traumatisme était toujours présent. Cela m’a même un peu pénalisé sur mes départs. J’ai dû faire un gros travail par rapport à ça. »

3. Deux années de blessures

Les saisons 2017 et 2018 ont été très compliquées pour le hurdleur. Suite à la désillusion de Rio, les départs deviennent une vraie source d’angoisse pour Belocian, qui se concentrait plus sur l’envie de ne pas faire un faux départ plutôt que de prendre un bon départ.

Et comme souvent lorsqu’un sportif se retient, la blessure arrive.

Wilhem Belocian s’est blessé au pied et aux ischio-jambiers.

En 2017, après une année presque sans compétition, Belocian se fait même opéré pour sa douleur au pied.

« C’est une blessure différente d’une blessure musculaire. Une contusion osseuse, c’est difficile à soigner, c’est plus compliqué à guérir », expliquait son entraineur Ketty Cham à Track and Life.

De nouveau sur pied, Belocian a reprend timidement les compétitions mais dès juillet 2018, il décide de mettre de nouveau un terme à sa saison, victime de douleurs aux ischio-jambiers.

Des années frustrantes pour l'athlète qui était resté sur une progression fulgurante durant ces jeunes années avant de se voir freiné par son corps et sa tête.

4. Une année 2021 qui commence bien

Cette année supplémentaire en raison du report des Jeux de Tokyo 2020 a une allure salvatrice pour Belocian, qui a pris le temps d’effacer ses pépins physiques, de travailler avec un préparateur mental et de faire beaucoup de renforcement musculaire lors des confinements.

Et dès ce début d’année 2021, il a fait parlé sa vitesse et montré au monde qu’il était bien de retour au meilleur niveau.

Sa saison en salle a été plus que prolifique puisqu’il a participé à sept compétitions en 60 m haies. Il en remportait d’ailleurs trois et se classait deuxième sur trois autres. Il n’y a que lors de la finale du meeting de Metz que le hurdleur n’a pas performé, après avoir tapé une haie et laissé la victoire à l'Américain Jarret Eaton.

Mais hormis ce petit grain de sable, Belocian a non seulement remporté son premier titre majeur en sénior lors des Championnats d’Europe en salle à Torún mais il a aussi amélioré son record personnel à plusieurs reprise, portant sa meilleure marque à 7 s 42, soit un petit centième du record de France détenu par son ami Dimitri Bascou depuis février 2016 (7 s 41). Il s’est aussi emparé du titre de champion de France indoor en 7 s 46, un titre qu’il n’avait pas encore à sa collection qui s’étoffe de mois en mois.

Il ne restait qu’à confirmer cet état de forme sur la piste en extérieur et donc sur la distance olympique de 110 m haies. Et là encore Belocian n’a pas déçu, bien que ses ambitions ne soient plus élevées.

Lors du meeting de Rome le 10 juin, il a réalisé un chrono de 13 s 31 sur 110 m haies, le classant 3e de la rencontre. Mais il a surtout validé les minima olympiques pour Tokyo 2020.

Il était aussi engagé sur deux autres meeting au Pays-Bas où il a réalisé un chrono de 13 s 34 et en Pologne en 13 s 35.

Lors des Championnats de France d'athlétisme à Angers (25-27 juin), Belocian a battu son record personnel, portant sa nouvelle meilleure marque à 13 s 15.

Des performances encourageantes à l'approche de son objectif principal : les Jeux Olympiques de Tokyo.

5. Sa relation avec Ketty Cham et la Guadeloupe

Bien que Wilhem Belocian s’entraine à l’INSEP, le cœur névralgique du sport de haut niveau français, lorsqu’il est dans l’hexagone, il passe la majeure partie de son temps sur son île natale, la Guadeloupe.

Un cadre qu’il ne changerait pour rien au monde.

« Je suis très attaché à mon île. J’ai tout pour faire de bonnes performances ici », avouait-il lors du interview avec le CREPS Antilles Guyane.

Et s’il ne quitte pas son petit coin de paradis, c’est aussi parce que son entraîneur depuis 2014, Ketty Cham, se trouve également en Guadeloupe.

« On a plusieurs relations, entraîneur/entraîné, mère/fils et confidents », confiait Belocian à Stadion. « Ketty m’a beaucoup apporté depuis nos débuts, au delà de toute sa compétence de coach. On a créé une vraie complicité et une vraie alchimie. »

Le binôme est à Tokyo pour les deuxième Jeux Olympiques de Wilhem Belocian, qui devra surmonter les angoisses du faux départ, s'il veut déployer toute sa puissance et son talent sur la plus grande scène de l'athlétisme international.

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